Le Livre d'Eli : critiques
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- Les Inrocks 1
- L'Express 0
- Le Parisien 1
- Le Monde 1
- Télérama 2
- Fluctuat 2
Les autres avis de la presse
(6) 1-
Les Inrocks (Jacky Goldberg) 1Plusieurs films postapocalyptiques ont déjà exprimé, par le passé, cette idéologie messianique ; c’est même une des clés du genre. Mais jamais celle-ci ne s’était faite aussi littérale, aussi conquérante, aussi peu soucieuse de se fondre dans de moelleuses métaphores (à l’instar des Fils de l’homme ou de 2012, par exemple), même si, par souci œcuménique, le Coran et la Torah sont ramenés à égalité à la toute fin. Bush parti, les bigots rôdent toujours…
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L'Express (Julien Welter) 0Mad Max a eu un bébé avec La Passion du Christ, il n'est pas beau à voir.
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Le Parisien (Marie Sauvion) 1Sérieux comme un pape, Denzel Washington répand tantôt la bonne parole, tantôt des bourrepifs dans ce film d'action apocalyptique bourré de ralentis et de clichés.
On s'ennuie pas mal et le fond religieux de l'affaire laisse perplexe. -
Le Monde (Jean-François Rauger) 1Les acteurs en font des tonnes, certains (Gary Oldman ou Malcolm McDowell, déjà pas vraiment des modèles de sobriété), jusqu'à la clownerie.
Le souvenir de fictions apocalyptiques dignes de la saga des Mad Max, de séries B d'arts martiaux chinois, de westerns spaghettis, de films de sabre japonais vient sans cesse, mais agréablement, parasiter une trame particulièrement squelettique.
La fin du récit révèlera quelques surprises. La morale philosophique y est indiscernable du gag. L'ensemble n'est néanmoins pas dénué de charme. -
Télérama (Jérémie Couston) 2Du ghetto de L.A. au Golgotha, Albert et Allen Hughes n'ont rien perdu de leur virtuosité. C'est d'ailleurs l'énergie de la mise en scène, plus que le scénario, un peu sentencieux, qui relève cette nouvelle et énième vision de la fin du monde.
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Fluctuat () 2Après 2012 et La Route, Le Livre d'Eli, ou troisième épisode récent d'un certain renouveau du cinéma apocalyptique. Une occasion pour retrouver les frères Hugues, aux commandes d'un Mad Max évangélique à prendre ou à laisser.Acteurs d'un nouveau cinéma afro-américain au début des années 90 avec Menace II Society et Dead Presidents, les frères Hugues avaient disparu de la circulation depuis From Hell il y a presque 10 ans. Visiblement, cette longue absence tient presque de la retraite monacale. D'un refuge sinon d'un repli radical dans la religion. En cause et pour preuve, Le Livre d'Eli, plaidoyer hallucinant et aveugle pour un retour à la spiritualité dans un monde en plein chaos. L'affaire commence par un simili décalque de La Route : l'Amérique, l'apocalypse, des paysages désertiques recouverts de cendres, des hordes barbares potentiellement cannibales, la ressemblance entre les films est si troublante qu'on pourrait prendre des plans de l'un pour les intégrer dans l'autre. La différence intervient dans l'attribution des rôles et le récit : là où Viggo Mortensen traversait un monde en ruines accompagné de son fils, ici Denzel Washington marche aussi vers l'Ouest, mais seul, et lourdement armé. Seul, pas complètement, puisqu'il transporte et protège un mystérieux livre, très vite dévoilé comme étant la Bible. La dernière de l'humanité, dont elle aurait aussi causé la perte, et qu'un chef de gang régnant sur une ville façon Deadwood (Gary Oldman) veut absolument récupérer pour régner sans partage.Partant sans broncher sur ce pitch invraisemblable galvanisé de symboles aux semelles de plomb, les Hugues ne cessent d'en rajouter sur le destin quasi messianique de leur personnage. Là où La Route faisait dans la parabole et vantait une perte d'humanisme, Le Livre d'Eli surligne au marqueur sa volonté de remettre la foi sur les rails, les seuls qui comptent. Les Hugues croient et le montrent sans détour. Devant autant de prosélytisme tentant d'être lucide (la religion peut nous perdre et nous sauver à la fois), on ne peut que prendre ses distances ou accuser du principe. C'est un choix que les cinéastes mènent à terme, sans diverger, dans ce qui prend vite l'allure d'un Mad Max évangélique. Presque un genre en soi, croisé avec l'inévitable dimension western propre au récit post apocalyptique. Et si le message passe ou pas, on a en revanche plutôt envie de suivre les Hugues lorsqu'il s'agit de mettre de l'action dans leur ragoût mystique. Ainsi lorsque Denzel Washington découpe et dégomme avec style ceux se mettant en travers de sa route, le film déploie un savoir faire rappelant que les frangins savent tenir une caméra. Composition graphique hyper tenue des plans, chorégraphie ciselée des combats, sens de l'espace, tout tient, avec une certaine allure. Entre profession de foi et cinéma d'action décomplexé vaguement dégénéré, les Hugues ont trouvé leur voie. Pas sûr qu'elle soit très suivie ici, mais elle existe.Le Livre d'Eli D'albert hugues et Allen HughesAvec : Denzel Washington, Gary Oldman, Mila KunisSortie en salles le 20 janvier 2010[mediabox id_media="120095" align="null" width="500" height="285"][/mediabox] Ills © Metropolitan FilmExport Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma - En images : l'apocalypse au cinéma
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