Le Havre

Le Havre

Internautes
3

Moyenne : 3 (1 vote)

Première
3.75

(2 critiques)
Presse
3.854165

(12 critiques)
Votre avis

Les critiques de Premiere (2)
3.75

Christophe Narbonne
3.75

Symbole de ce cinéma qui n’obéit à aucun canon, Marcel Marx (Wilms, génial) est, pour paraphraser un slogan de Mai 68, « marxiste tendance Groucho » : à côté de la plaque sur bien des points mais raccord sur l’essentiel. Les acteurs disent leur texte avec un air absent (normal, ils ont la tête dans les nuages), Jean-Pierre Léaud lance des regards noirs (il joue un indic), les couleurs pètent (le cinéma, c’est mieux que la vie). Comme Gustave Kervern et Benoît Delépine, ses amis et émules, Kaurismäki filme des hurluberlus magnifiques dont la marginalité est aussi politique que cinématographique.Le cinéma d’Aki Kaurismäki est unique. Il mêle humanisme et alcoolisme, surréalisme et quotidien, soit des choses a priori peu compatibles. Dans Le Havre, le réalisateur finlandais brosse ainsi le portrait de petites gens qui, confrontées au cynisme du monde moderne, trouvent leur salut dans la picole et la solidarité.

Damien Leblanc
3.75

L'histoire de Marcel Marx, cireur de chaussures qui vient en aide à un enfant immigré originaire d'Afrique noire, ne se départit donc pas d'une invraisemblable et démesurée mystique - la maladie mystérieuse d'Arletty, la femme de Marcel, donnant par exemple l'impression d'atténuer le libre-arbitre de Marcel, qui se trouve poussé vers l'altruisme par une force invisible. Mais, conscient du relatif manque de lien logique entre les différentes saynètes de son récit, Kaurismaki travaille une matière en particulier, celle du langage. Entre la diction très théâtrale d'André Wilms, l'accent à couper au couteau de Kati Outinen ou le parler droit et enfantin de Blondin Miguel (dans le rôle d'Idrissa), la langue française comme un objet sonorement malléable, vivant et multidimensionnel mais qui se doit de toujours respecter une justesse et une précision grammaticale. Cette ligne imperturbable, qui donne lieu à quelques séquences quasi-surréalistes permet à Aki Kaurismaki d'affirmer avec vigueur une sorte de foi absolue en plusieurs valeurs ancestrales. La langue française est un avatar de l'humanisme, semble nous dire le cinéaste : subissant des assauts de toutes parts, il lui reste toujours la possibilité de rester debout, tant que des citoyens exercent leur droit à la vigilance.

Les autres avis de la presse (12)
3.854165

Les Inrocks
(Amélie Dubois)
3.75

Un peu de Hergé semble s'être glissé ironiquement dans cet univers entre Chaplin et Bresson, univers plus complexe qu'il n'en a l'air, où la simplification des traits est parfois trompeuse et où il faut savoir lire entre les lignes : et si ce commissaire aux allures d'agent de la gestapo (Darroussin) était un ennemi bien intentionné ? Au contact d'Idrissa, un pas de côté semble possible dans cette société bien vissée, présentée comme un cirque dangereux : s'ouvre une infime et surréaliste zone de circulation, particulièrement audacieuse, qui marque l'accès de Kaurismäki, pourtant déjà habitué à évoluer dans les replis, à une marge et une liberté nouvelles - il n'y a pas d'acquis Kaurismäki. On y entre tels les explorateurs tâtonnant d'un monde nouveau sans doute un peu fragile, mais parfaitement exaltant, traversé par les fulgurances d'un humour génial. Au refugié clandestin qui lui demande pourquoi il devrait lui révéler le nom du grand-père d'Idrissa, Marcel (André Wilms, sublime) répond tout simplement de sa voix à la fois sèche et douce, avec un aplomb merveilleux : « pour mes beaux yeux ». Le cinéma est fait pour les miracles : rares sont les cinéastes qui, comme Kaurismäki, savent le prouver. De Cannes, il est reparti pourtant les poches vides, mais sûrement la tête haute, comme ses personnages.

Les Inrocks
(J.B. Morain)
5

Le Havre donne au spectateur, au moins momentanément, la foi dans l’humanité et ses ressorts d’énergie, de renaissance, de générosité. Sans niaiserie, sans illusions, sans sentimentalisme mou.

Mais tant qu’un personnage d’épicier pourra affirmer “J’aime la société”, il restera toujours un peu d’espoir.

Après quelques films un peu moins inspirés (L’Homme sans passé, Les Lumières du faubourg), Kaurismäki a retrouvé une vitalité certaine. Le Havre est un film qui redonne du courage, un conte de Noël parfait, que l’on recommande vivement aux grands comme aux petits spectateurs.

Nous aimons Le Havre, parce que nous pensons qu’il permet au spectateur de ressentir le meilleur de lui-même.

A voir à lire
(Gérard Crespo)
5

Comme L’homme sans passé (Grand Prix du Jury en 2002) et Les lumières du faubourg, Le Havre est composé de ces petits riens qui nous mettent en extase durant toute la projection, depuis ces références à tout un cinéma adoré par l’auteur (les présences de Pierre Etaix et Jean-Pierre Léaud), jusqu’à ces plans lumineux (le regard de Darroussin vers la cale d’une péniche) qui suscitent un frisson réel et magique. En fait, Kaurismäki joue sur deux tableaux qu’il maîtrise à merveille. D’un côté, il ancre son œuvre dans une poésie à la Tati (on songe à Mon oncle ), nourrie de l’observation des petits gestes quotidiens ; de l’autre, il s’intronise grand cinéaste social, prônant le métissage culturel et la défense des opprimés : il est d’ailleurs significatif que Le Havre soit, avec Welcome, l’un des rares films français de ces dernières années à aborder le thème de l’immigration clandestine et de son rapport aux autochtones. « Je n’ai pas de réponse à ce problème, mais il m’a paru important d’aborder ce sujet dans un film qui, à tous égards, est irréaliste ». Le résultat à est la hauteur des ambitions de Kaurismäki qui réalise peut-être son chef-d’œuvre.

Nouvel Obs
(Lucie Calet)
3.75

Cinéaste humaniste traquant la moindre lumière des faubourgs, Kaurismäki traite le problème des demandeurs d’asile sur un ton burlesque et nostalgique. Les apôtres de la fraternité habitent entre le quai des brumes et un quartier à poésie fanée. Serviteur duplice?? de l’administration française, le commissaire Darroussin s’oppose au délateur FN auquel Léaud donne des traits à la Le Vigan. On croise une bonne fille prénommée Arletty. La présence de Pierre Etaix souligne que le cinéaste finlandais dénonce la barbarie des temps modernes sur un ton proche de Chaplin, Tati et Prévert.

Télérama
(Jacques Morice)
5

La France, l'Angleterre, mais aussi l'Afrique noire, l'Amé­rique du Sud, le Vietnam... Le Havre, ouvert sur la mer, l'est aussi sur les musiques du mon­­de, choisies avec le bon goût qui caractérise Kauris­mä­ki. El­les ne sont pas plaquées, elles font partie intégrante de l'action, elles s'échappent des transistors ou des tourne-dis­ques. Chan­sons d'avant-guerre, musique gitane, blues, tango : un métissage créatif qui rend dérisoire la notion même de nationalité. L'ami vietnamien de Marcel le dit autrement en confessant que Chang n'est pas son nom : ce sont ses papiers français qui l'ont privé de son nom...

Alors, autant pousser l'absurde jusqu'au bout. C'est ce que fait Marcel : « Je suis l'al­binos de la famille », balance-t-il un moment au directeur du centre de rétention de Calais pour justifier d'être soi-disant le frère du grand-père d'Idrissa. Etre frère, tout est là. Ce n'est pas la bonté, encore moins la compassion qui anime Marcel. Plutôt une fraternité naturelle de citoyen du monde, qui se passe d'explication. On parle d'ailleurs peu mais bien dans Le Havre. Avec une politesse ex­quise. Avec une dignité qui mène à une morale simple com­me bonjour : c'est en aidant les autres qu'il peut nous arriver des choses formidables.

Positif
(Pascal Binetruy)
3.75

Il s'en dégage une poésie proche des atmosphères de Carné mais teintée de mélancolie, dans la mesure où elle ressuscite un imaginaire pour mieux en souligner la disparition.

Le Figaro
(Marie-Noëlle Tranchant)
3.75

Kaurismäki joue avec une dextérité pleine d'humour du côté polar de son conte. Il excelle à orchestrer de petits suspense qui sont résolus… par des miracles.

Le Parisien
(Alain Grasset)
3.75

Lumineux, généreux, « Le Havre » est l’œuvre d’un cinéaste sensible et engagé, qui a trouvé dans ce port industriel saturé de couleurs un décor très cinématographique.

Elle
(Françoise Delbecq)
3.75

(...) Le Havre harponne le spectateur par ses dialogues concis, la naïveté des sentiments, un sens évident de l'absurde porté par des sémillants interprètes

Le JDD
(Danielle Attali)
3.75

Cette comédie humaine au style très prononcée est à la fois décalée, drôle, tragique, humaniste.

Nouvel Obs
(Xavier Leherpeur)
3.75

(...) Chaque cadre déborde de détails cocasses, de subtilité d'écriture et de splendeur cinématographique.

Les Cahiers du cinéma
(Jean-Philippe Tessé)
1.25

Parions donc que bien peu s'offusqueront par exemple de cette scène immonde : au début du film, on ouvre un container abandonné sur le port depuis trois semaines, où s'entassent des clandestins venus d'Afrique (...). Le cinéaste finlandais dispose ici de deux armes fatales : des idées politiques super sympas (vive les gentils et merde aux méchants !) et le recours lâche à la fantaisie onirique, qui dédouane de tout. .

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