Date de sortie 21 décembre 2011
Durée 98 mn
Réalisé par Aki Kaurismäki
Avec André Wilms , Kati Outinen , Jean-Pierre Darroussin
Scénariste(s) Aki Kaurismäki
Distributeur Pyramide Distribution
Année de production 2011
Pays de production France, Allemagne, Finlande
Genre Comédie dramatique
Couleur Couleur

Synopsis

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire.Quand au même moment Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon refugié.Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.Le film est présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2011.

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Le Havre

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Critiques

  1. Première
    par Christophe Narbonne

    Symbole de ce cinéma qui n’obéit à aucun canon, Marcel Marx (Wilms, génial) est, pour paraphraser un slogan de Mai 68, « marxiste tendance Groucho » : à côté de la plaque sur bien des points mais raccord sur l’essentiel. Les acteurs disent leur texte avec un air absent (normal, ils ont la tête dans les nuages), Jean-Pierre Léaud lance des regards noirs (il joue un indic), les couleurs pètent (le cinéma, c’est mieux que la vie). Comme Gustave Kervern et Benoît Delépine, ses amis et émules, Kaurismäki filme des hurluberlus magnifiques dont la marginalité est aussi politique que cinématographique.Le cinéma d’Aki Kaurismäki est unique. Il mêle humanisme et alcoolisme, surréalisme et quotidien, soit des choses a priori peu compatibles. Dans Le Havre, le réalisateur finlandais brosse ainsi le portrait de petites gens qui, confrontées au cynisme du monde moderne, trouvent leur salut dans la picole et la solidarité.

  2. Première
    par Damien Leblanc

    L'histoire de Marcel Marx, cireur de chaussures qui vient en aide à un enfant immigré originaire d'Afrique noire, ne se départit donc pas d'une invraisemblable et démesurée mystique - la maladie mystérieuse d'Arletty, la femme de Marcel, donnant par exemple l'impression d'atténuer le libre-arbitre de Marcel, qui se trouve poussé vers l'altruisme par une force invisible. Mais, conscient du relatif manque de lien logique entre les différentes saynètes de son récit, Kaurismaki travaille une matière en particulier, celle du langage. Entre la diction très théâtrale d'André Wilms, l'accent à couper au couteau de Kati Outinen ou le parler droit et enfantin de Blondin Miguel (dans le rôle d'Idrissa), la langue française comme un objet sonorement malléable, vivant et multidimensionnel mais qui se doit de toujours respecter une justesse et une précision grammaticale. Cette ligne imperturbable, qui donne lieu à quelques séquences quasi-surréalistes permet à Aki Kaurismaki d'affirmer avec vigueur une sorte de foi absolue en plusieurs valeurs ancestrales. La langue française est un avatar de l'humanisme, semble nous dire le cinéaste : subissant des assauts de toutes parts, il lui reste toujours la possibilité de rester debout, tant que des citoyens exercent leur droit à la vigilance.