Le Dernier Gang : critiques
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La critique de Premiere
(1) 2- Gael Golhen2On sent le cinéaste habité par son sujet, fasciné par ces brigands bien-aimés et leur parcours atypique. Pourtant, l'intérêt du film est ailleurs. Car Zeitoun ne se veut pas historien: il brosse plutôt le portrait d'une bande de potes et raconte l'amitié et les haines qui unissent ces casse-cou de Belleville des années 80. C'est dans son souci d'être un juke-box de l'époque et de capter la vie de bohème des postiches que Le dernier gang est une réussite.
Les autres avis de la presse
(7) 2- Journal du dimanche (Carlos Gomez) 3Comme son ami le réalisateur Olivier Marchal, Ariel Zeitoun voue une admiration au cinéma noir de Michael Mann. Or, comme Marchal, le cinéaste a su s'en affranchir pour trouver un ton propre. Avec conviction et frénésie, son Dernier gang nous conduit sur les chemins tortueux de la perdition, mais laisse la porte ouverte à une rédemption possible de ses personnages.
- Télé 7 jours (Julien Barcilon) 2Librement (un peu trop) inspiré de la réalité, ce polar sentimental, porté par un Vincent Elbaz charismatique, sacrifie souvent son sujet au profit de séquences intimes superflues sans pour autant peaufiner le psychologique de ses personnages. Dommage, vu le calibre XXL d'une telle histoire.
- Pariscope (Virginie Gaucher) 2Ce polar réaliste et rythmé est avant tout une histoire de potes et d’amitié. La mise en scène nerveuse et énergique d’Ariel Zeitoun met en valeur la fureur de vivre de ces voyous, leur romantisme et leur fascination pour la mort. Très belle équipe de comédiens, emmenée par un Vincent Elbaz très convaincant.
- Télérama (Juliette Bénabent) 1Ni documentaire, ni pure fiction, son film devient un face-à-face poussif entre un malfrat et un flic - incluant le déguisement grotesque du second en clochard infiltré ! Et il n'échappe pas au cliché maintes fois mis en scène du gangster bon gars, joué par un Vincent Elbaz dont l'énergie débordante engloutit toute finesse.
- Le Monde (Jean-Luc Douin) 1Les intentions sont évidentes : exalter la tchatche d'un séducteur sorti de la misère et affamé de vivre ; suivre l'itinéraire d'un clan issu d'un milieu difficile, décidé à se battre pour en sortir. Ariel Zeitoun et ses comédiens croient dur comme fer à leur projet, mais la caméra du premier se croit obligée de s'agiter en tous sens, survoltée pour rien sinon pour le fun, et le jeu des seconds est loin de convaincre (sauf Clémence Poesy, mais qui croira qu'elle puisse être, dans le film, la fille de Michel Boujenah ?). L'épopée de ces prétendus princes du banditisme est retracée en voix off par la fille du caïd, ce qui nous vaut au final une déclaration d'affection filiale tartignole : "Quoiqu'il ait fait, c'est mon père, et je l'aime !".
- Fluctuat () 3Presque trente ans de production et huit réalisations de long-métrages passables n'auront pas été de trop à Ariel Zeitoun pour concocter un film policier aux petits oignons. Suivant la recette des polars, il adapte l'affaire du Gang des postiches qui défraya la chronique dans les années 1980 et offre un renouveau certain à un film de genre auquel il appose son propre style.
- Exprimez-vous sur le forum cinémaAmis d'enfance, Simon, Bonner, Maxime et Merle enchaînent les petits larcins jusqu'à monter des coups plus audacieux en formant le Gang des postiches. Complété par le Landais et Casa, le groupe dévalise les coffres des banques des beaux quartiers parisiens et réussit à déjouer les pièges de la police via une ruse qui fera leur renommée : le déguisement. Steward, rabbin, prêtre, les costumes varient mais les vols se ressemblent. La vie facile et chic devient leur quotidien jusqu'à ce que la traque poussée et obsessionnelle du flic Milan porte ses fruits.Elbaz, pastiche de BellaïcheSorti presque simultanément avec le livre témoignage d'André Bellaïche, présumé cerveau du Gang des postiches, Le Dernier gang se veut une adaptation libre des affres de la bande organisée. Le passage à la fiction permet à Ariel Zeitoun de "grandir" son chef de groupe de quelques centimètres et de l'humaniser sous les traits de Vincent Elbaz. En se dégageant volontairement du principe documentaire, le réalisateur facilite à Elbaz l'appropriation de son rôle. Il en fait un personnage charismatique, "de cinéma" qui réussit, par son ancrage social fort, à susciter une empathie et une envie de le suivre de la part du spectateur. Le casting de Zeitoun est réussi parce qu'il semble utiliser chaque acteur au maximum : Sami Bouajila offre un pendant posé à Elbaz le sanguin, Patrick dell'Isola l'énervé donnera une des clés de la balance, Pascal Elbé complètement effacé resurgira ensuite. Quant au duel flic-voyou de Gilles Lellouche et Vincent Elbaz, il fonctionne par les traits communs aux deux personnages, obsédés l'un par l'autre, créant une vraie tension dans le suivi de l'intrigue.La petite histoire devant la grande5 ans, 27 braquages, 1300 coffres-forts, les vols du vrai gang ont été connus de tous, répertoriés dans les journaux de 1981 à 1985. Pourtant Zeitoun choisit un angle humain pour adapter ce fait divers. Loin des films de gangsters souvent machistes, il pose les bases de relations de séduction et suit leur évolution en histoire d'amour avec les casses en toile de fond. Du coup, le couple formé par Clémence Poésy et Vincent Elbaz n'est pas la touche "sentiment" du film mais sert le propos en mettant l'accent sur la fuite en avant continuelle du gang. Mais là où Zeitoun donne de l'ampleur à son histoire, c'est en projetant le contexte historique derrière l'avènement du groupe. Grandissant dans la liberté post-soixante-huitarde, forts de l'idéalisme des années 1970, suivant l'élection de "francois mitterrand" rec="0" et l'abolition de la peine de mort, les hommes du gang forgent leur identité au fil des évènements qui marquent la France des 30 dernières années et fondent leur désir de réussir en s'extirpant de leur milieu social. La mise en images de ce parcours dans le temps via les décors, costumes, coiffures mais surtout par un traitement de l'image et des couleurs adéquate donnent à l'histoire fictionnelle un côté réaliste. Délaissant la simple adaptation, épargnant détails et explications grandiloquentes, Zeitoun affirme un style visuel qu'il associe à une intrigue riche et très rythmée. Le Dernier gang
De Ariel Zeitoun
Avec Vincent Elbaz, Gilles Lellouche, Sami Bouajila
Sortie en salles le 31 octobre 2007
Illus. © EuropaCorp Distribution
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