Affiche Le Dernier Ete De La Boyita

Le Dernier Ete De La Boyita : critiques

La critique de Premiere

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    Avec Julie Bertucelli (L’Arbre), Julia Solomonoff ne partage pas qu’un prénom. Leurs films, naturalistes, bucoliques, sensibles, parlent du monde de l’enfance, de ses angoisses et de ses émerveillements capables de transcender le quotidien. Car ici, comme dans L’Arbre, le contexte familial est dramatique : les parents de Jorgelina sont en train de divorcer, ceux de Mario feignent d’ignorer les problèmes physiologiques de ce dernier. La nature inconnue de son mal nourrit d’ailleurs un vague suspense qui a pour effet de brouiller la portée initiatique de l’histoire et de marginaliser le personnage de Jorgelina, au final moins intéressant. Ce changement progressif de point de vue et d’enjeu marque les limites du film, dont les qualités (sens de l’atmosphère, bonne direction d’acteurs) sont néanmoins pleines de promesses.

Les autres avis de la presse

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  • Transfuge () 2
    La chronique douce-amère de l'été à la campagne d'une gamine argentine au seuil de la puberté devient un rite de passage vers l'âge adulte, un avant-goût de la douleur et de la mort qui l'attendent. Inéluctablement.
  • Les Cahiers du cinéma () 3
    Sans surprise, et en dépit de quelques trouvailles de mise en scène qui élèvent le film au-dessus de la production moyenne, la réussite du travail de Julia Solomonoff tient d'abord au choix et à la direction des acteurs.
  • Positif () 4
    Le film est ainsi une réussite totale. Après XXY, le cinéma argentin prouve son goût pour les sujets tabous filmés avec pudeur.
  • Fluctuat.net () 3
    Pudique, attentif aux subtiles variations des paysages, Le dernier été de la Boyita excelle à faire affleurer doucement à l'image ce mélange de cruauté et de douceur qu'engendre l'adolescence. Isolés dans les grands espace argentins, face à eux-mêmes, les personnages se cherchent une identité, un rapport au corps harmonieux dans une nature brutalisée par l'homme : cheval jeté à terre, poules aux pattes coupées, vaches égorgées. Pour Mario, explique le père de Jorgelina, la course de chevaux auquel il doit participer est d'abord un moyen « de s'essayer en tant qu'homme ». Oui, mais que se passera-t-il « s'il n'aime pas ? » (être un homme), demande sa fille. Simple sans être simpliste ou naïve, cette chronique intimiste sans prétention, reposant avant tout sur le naturel déconcertant de ses acteurs, emporte facilement l'adhésion.
  • 20 Minutes () 3
    La cinéaste argentine Julia Solomonoff ne se contente pas de livrer une énième chronique sur les épreuves inhérentes à l'adolescence. Avec ce film tout en délicatesse, elle brosse un tableau d'un monde rural dont la rudesse est mal adaptée à accepter la différence sous quelque forme qu'elle se manifeste. La pudeur est l'ingrédient principal d'une œuvre abordant des sujets sensibles sans racolage.
    La cinéaste se révèle douée pour donner vie à des personnages hors du commun suffisamment bien dessinés pour éviter la caricature. Il y a à la fois de la tendresse et du cinéma dans L'Eté de la Boyita. C'est ce qui rend ce petit bijou lar­gement recommandable.
  • Le Monde () 3
    Ces personnages pour lesquels on ressent très vite une vive affection (y compris pour les "méchants", comme Elba, la mère de Mario, à qui l'actrice uruguayenne Mirella Pascual prête son visage triste) vivent cet été sous des cieux immenses, dans une lumière tantôt radieuse, tantôt plombée.
    Chaque étape du dévoilement du secret de Mario est mise en scène avec une délicatesse qui n'interdit pas la hardiesse. Aux changements des corps des humains répondent les moments de la vie de la campagne, on voit ainsi le petit garçon découper la carcasse d'un boeuf, et c'est comme si ce geste sacrificiel venait en expiation de sa singularité. Julia Solomonoff égrène aussi d'autres correspondances plus délicates, en filmant le grouillement des insectes, le soleil à la surface de l'eau.
    Le naturalisme va souvent de pair avec l'outrance. Julia Solomonoff préfère la minutie, le respect des êtres et de tout ce qui les entoure. C'est ce qui fait du Dernier Eté de la boyita un moment rare.
  • A voir à lire () 3
    Sans jamais avoir recours au pathos, au mélodrame ou même au film à thèse sur un sujet pourtant très délicat, la réalisatrice garde la parfaite distance vis-à-vis de ses jeunes comédiens. Son attention de chaque instant aux petits détails de la vie quotidienne et la peinture qui est faite du monde rural, frustre, mais également porteur de bien-être, font de ce Dernier été de la Boyita une oeuvre à la modestie touchante. Sans forcer le trait et sans aucun recours à la caricature, Solomonoff décrit un milieu peu enclin à supporter la différence, où le silence est toujours préférable au scandale. Dans ce festival de sentiments retenus et de non-dits, les deux jeunes acteurs sont absolument fabuleux et mêlent avec talent fraîcheur et gravité contenue. Doucement, comme par mégarde, ce très joli film sur la naissance du désir et la connaissance de son propre corps s’insinue au plus profond de nous et nous renvoie à une période de notre vie marquée par un trouble intérieur qui équivaut à une tempête. Laissez-vous donc charmer par cette petite musique pudique et originale par son sujet (que nous ne pouvons encore une fois pas révéler).
  • Télérama () 3
    Tu seras une femme, ma fille, tu seras un homme, mon fils ? Pas si simple... La réalisatrice traite de la puberté et des troubles de l'identité sexuelle avec une délicatesse lumineuse. Indices subtils (la mue d'un serpent, une tache de sang), confidences murmurées entre les deux enfants, silences pesants des adultes : même la révélation surprise, au milieu du film, échappe au pathos. En restant à hauteur d'enfant, cette chronique pastorale prône la liberté vis-à-vis de la norme. Une liberté pudique mais fière. Quand Jorgelina rentre chez elle à la fin de l'été, sa soeur aînée la presse de lui confier son secret. Trop tard. La petite fille a compris ce qu'était l'intimité.
  • Paris Match () 3
    Ce film argentin n'est pas une énième évocation bucolique de l'éveil de sens d'adolescents. Cette oeuvre délicate et dépaysante, magnifiquement filmée et interprétée, tourne autour d'un étonnant mystère intime. Étrange et crue, cette histoire pleine d'ombres et de lumière vous laissera sur le coeur, le dernier coup de soleil de l'été.
  • Fluctuat ()
    Qu'est-ce que l'intimité ? Avec subtilité, le deuxième film de Julia Solomonoff explore cette question simple, à travers la rencontre entre une fillette et un garçon qui se découvre femme, à l'âge de la puberté. Un été en Argentine, au début des années 1980. La petite Jorgelina ne comprend plus sa soeur aînée. Devenue adolescente, cette dernière réclame un espace privé, pour faire sa toilette ou bien se maquiller. Dans ces conditions, la petite roulotte dans laquelle Jorgelina et sa grande soeur jouaient auparavant, cette « Boyita » derrière la maison maternelle, devient un lieu étranger, ennuyeux, que la gamine quitte avec joie pour aller voir son père, à la campagne. Là, elle retrouve Mario, le fils des paysans voisins, avec lequel elle s'entend bien. Mais ce jeune garçon sauvage, au regard bleu et aux cheveux de paille, révèle bientôt les symptômes étranges d'une puberté féminine. Comme Pablo Aguero avec son récent Salamandra, joli film-voyage dans la tête d'un petit garçon argentin, Julia Solomonoff épouse le regard innocent, sans jugement moral, d'une enfant. Pour Jorgelina, dix ans, la découverte de l'amour précède celle de l'identité sexuelle : son rapport à l'autre est à peu près aussi mystérieux et effrayant que les premières menstruations. Un garçon avec des règles, et alors ? « Ma grand mère à bien des moustaches », avance sans sourciller la petite fille. Et quand son père, rationnel, veut lui expliquer ce qui arrive à Mario en des termes médicaux (une hyperplasie surrénale congénitale), Jorgelina préfère se boucher les oreilles : à ses yeux, Mario n'est pas réductible à une maladie.Pudique, attentif aux subtiles variations des paysages, Le dernier été de la Boyita excelle à faire affleurer doucement à l'image ce mélange de cruauté et de douceur qu'engendre l'adolescence. Isolés dans les grands espace argentins, face à eux-mêmes, les personnages se cherchent une identité, un rapport au corps harmonieux dans une nature brutalisée par l'homme : cheval jeté à terre, poules aux pattes coupées, vaches égorgées. Pour Mario, explique le père de Jorgelina, la course de chevaux auquel il doit participer est d'abord un moyen « de s'essayer en tant qu'homme ». Oui, mais que se passera-t-il « s'il n'aime pas ? » (être un homme), demande sa fille. Simple sans être simpliste ou naïve, cette chronique intimiste sans prétention, reposant avant tout sur le naturel déconcertant de ses acteurs, emporte facilement l'adhésion. Le dernier été de la BoyitaDe Julia SolomonoffAvec Guadalupe Alonso, Nicolas Treise, Mirella PascualSortie en salles le 8 septembre 2010 Illus © Epicentre Films Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma
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