Le Chant Des Mariées : critiques
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- Elle 3
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La critique de Premiere
(1) 3-
Isabelle
Danel
3
Après un premier film très remarqué, La Petite Jérusalem, Karin Albou observe à nouveau la religion et la sexualité vues à travers les femmes. Elle explore ici une amitié adolescente dans un contexte historique rarement montré au cinéma (la présence nazie en Tunisie pendant la seconde guerre mondiale). Malgré des qualités certaines et une découverte – la réalisatrice, qui joue la mère de Myriam, est une excellente actrice –, la construction binaire visible et prévisible et le jeu inégal des très jeunes interprètes empêchent l’adhésion complète. Dommage.
Les autres avis de la presse
(4) 3-
Elle (Françoise Delbecq) 3Un très beau film sur l'adolescence, l'éveil à la sensualité, la peur de l'amour et la difficulté à cultiver l'amitié quand des obstacles liés à l'Histoire surgissent.
-
Paris Match (Christine Haas) 1A partir d'un moment historique dont les répercussions intimes offraient matière à un récit passionnant, Karin Albou déçoit.
-
Fluctuat () 4Dans la même veine intimiste que La petite Jérusalem, Karin Albou impressionne avec Le chant des mariées, drame situé à Tunis, pendant l'occupation nazie. Très maîtrisé, son film brasse les thèmes de la sexualité, de la condition féminine, de la religion et du racisme autour d'une amitié entre une musulmane et une juive. Cérébral et sensuel à la fois.Le deuxième film de Karin Albou prend pour toile de fond une période méconnue de l'histoire : l'occupation allemande de Tunis, pendant six mois, en 1942. Les communautés juives et musulmanes, qui cohabitaient jusque-là en paix, vont brutalement se retrancher dans leurs identités respectives, sous l'impulsion des nazis. Ce contexte historique oppressant reste souvent hors champ. La réalisatrice l'utilise surtout comme un ingrédient dramatisant pour son sujet à elle : la condition féminine. Confinées dans leur quartier de Tunis, Nour la musulmane et Myriam la juive, deux ados « amies pour la vie », vont chacune se confronter aux hommes, à l'amour, à la sexualité. L'une avec un jeune et beau musulman - un prince moins charmant qu'il n'en a l'air. L'autre avec un médecin dont la richesse doit sauver sa famille ruinée. Le chant des mariées raconte en parallèle ces deux récits initiatiques intimement liés. Filmées au ras des visages et des corps, les deux filles s'observent, se jalousent et se découvrent à travers des scènes sensuelles : au dépucelage de Nour surpris par Myriam répond la douloureuse séance d'épilation du pubis de Myriam, soutenue par son amie. Sans céder à un voyeurisme déplacé, mais sans pudeur non plus, la réalisatrice ausculte frontalement ces expériences, sous l'angle de la crainte et de la douleur : à l'écran, les sexes souffrent et saignent.Très charnel, le cinéma de Karin Albou reste pourtant cérébral, voire abstrait dans la forme (plans très rapprochés, effets floutés, décadrages), comme glacé par sa photographie grise et bleutée. Chaque personnage est construit sur une ambivalence (un gentil prétendant mais au naturel lâche et autoritaire, un mari imposé mais tendre et courageux, un père musulman très tradi mais ouvert d'esprit, etc.), chaque rite dans une religion a son pendant dans l'autre, chaque plan s'inscrit précisément dans une étoffe narrative et formelle ciselée au millimètre près. D'où un objet final cohérent mais distancié, assez fascinant de maîtrise mais plutôt pauvre en émotion. Cela dit, ce brillant huis-clos féminin, superbement interprété (mention spéciale à l'étonnante Lizzie Brocheré), figure parmi les meilleurs films français de l'année.Le chant des mariéesDe Karin AlbouAvec Lizzie Brocheré, Olympe Borval, Najib OudghiriSortie en salles le 17 décembre 2008[mediabox id_media="11021" align="null" width="500" height="333"][/mediabox]Illus. © Pyramide Distribution Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma
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