La Source des femmes : critiques

Les critiques de Premiere

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    Après trois films abordant les thèmes de l’identité juive et du déracinement, Radu Mihaileanu opère un virage à 180° en s’intéressant à des musulmans englués dans leurs traditions. La nostalgie d’un monde perdu fait donc place à la monotonie du quotidien. (...) En définitive, La Source des femmes illustre l’esprit du printemps arabe (même s’il lui est antérieur), qui a vu une jeunesse unie contester pacifiquement un pouvoir inique. Malgré son happy end (c’est une fable), le film de Mihaileanu n’ignore pas le principe de réalité et, ce faisant, rejoint encore l’actualité. L’un des derniers plans, qui montre le personnage d’Hafsia Herzi prenant son destin en main, est ainsi à la fois rempli d’espoir et d’incertitudes.
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    Filmé par Radu Mihaileanu, le désir d'émancipation des femmes arabes prend une forme à la fois folklorique et mollassonne. Malgré une Leïla Bekhti très impliquée, La Source des femmes marque une nouvelle sortie de route pour le réalisateur du Concert.

Les autres avis de la presse

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    Les cyniques crieront à la caricature, les autres répondront espoir et légèreté, mais tous sortiront surpris de ne pas avoir vu le temps passer.
  • Nouvel Obs ()1
    Dans un village du Maghreb jamais nommé, les femmes décident de faire la grève de l’amour tant que les hommes les condamneront à la corvée d’eau sous un soleil de plomb. Plutôt que de coller au réel (cette histoire est vraiment survenue en Turquie voilà dix ans), Mihaileanu, auteur du « Concert », le tire vers un conte métaphorique, décoratif et laborieux où le symbole de l’eau s’oppose à la sécheresse supposée des hommes. Dossier pédagogique sur l’oppression des femmes, parlé en arabe dialectal et dominé par Leïla Bekhti, laquelle s’en sort un peu mieux que ses camarades (Hiam Abbass, Biyouna, Hafsia Herzi), « la Source des femmes », qui s’inscrit dans la temporalité du printemps arabe, se noie dans ses conventions pesantes, ses chorégraphies soignées et une langue érotique imagée qui flirte avec le ridicule.
  • Metro ()3
    Le scénario manque de souffle mais les comédiennes délivrent le message d’émancipation du cinéaste avec une énergie contagieuse.
  • Le Figaro ()3
    Cette révolution gentiment féministe, Radu Mihaileanu la confie à une troupe exubérante conduite par deux actrices qui ont du tempérament : Leïla Bekhti et la chanteuse Byouna, surnommée « le vieux fusil » (...) Pas de mort pourtant dans cette comédie chantante, mais une joie de vivre communicative.
  • Le Figaro ()3
    Dans La Source des femmes, Radu Mihaileanu raconte avec humour comment celles-ci font la grève de l'amour pour échapper à la corvée de l'eau.
  • Télé 7 jours ()3
    Ce film de Mihaileanu a la beauté ineffable des contes orientaux et délivre une ode aux femmes (...) . Inoubliable.
  • Télérama ()2
    Malgré ses bonnes intentions et ses messages mis en chansons, cette Source des Femmes a du mal a nous enchanter.
  • Les Inrocks ()2
    Dommage que la comédie satirique ne soit pas plus sèche dans sa cocasserie.
  • Le Parisien ()2
    D’une tonalité à la fois grave et joyeuse, le long-métrage offre à une pléiade d’actrices d’origine maghrébine une partition chorale tonique et attachante.
  • A voir à lire ()2
    Amour, souffrance et combat par le réalisateur du Concert. Un joli film, un brin didactique, qui sait distiller ses charmes.
  • Fluctuat ()1
    Filmé par Radu Mihaileanu, le désir d'émancipation des femmes arabes prend une forme à la fois folklorique et mollassonne. Malgré une Leïla Bekhti très impliquée, La Source des femmes marque une nouvelle sortie de route pour le réalisateur du Concert.D'entrée de jeu, le cinquième long-métrage de Radu Mihaileanu se présente par le biais d'un carton explicatif comme un conte situé dans une zone indéterminée, entre l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Le réalisateur de l'épais Concert est donc persuadé que la fable métaphorique constitue le meilleur moyen de traiter le sujet de l'émancipation des femmes dans les sociétés arabes, et il cite à ce titre les Contes des Mille et Une nuits à plusieurs reprises. Mais, avec cette histoire de villageoises qui font la grève de l'amour pour revendiquer un assouplissement de leur condition, Radu Mihaileanu use de ficelles bien grossières. Si la force d'un conte tient justement dans la précision de son trait et dans l'acuité du regard porté sur ses personnages, La Source des femmes a trop recours au folklore et au flou scénaristique pour tenir un discours pertinent. Comme dans tout récit de révolution mou du genou, le film livre dès les premières minutes l'intégralité des revendications de la révolutionnaire en chef (interprétée par Leïla Bekhti) au moyen de dialogues clairs comme de l'eau de roche. Toutes les motivations politiques étant dévoilées clé en main, Radu Mihaileanu se retrouve vite prisonnier de son propre dispositif, ne parvenant pas à relever un potentiel dramatique ainsi tué dans l'oeuf. Le cinéaste tente bien de recentrer sa thématique autour de la question de l'amour - les villageoises ne demandant finalement rien d'autre que d'être regardées par les hommes avec plus de tendresse et de considération - mais les différentes intrigues se ramifient mal entre elles.Radu Mihaileanu bénéficie pourtant d'un superbe casting au sein duquel brillent les très volontaires Biyouna et Hiam Abbass, femmes d'expérience qui portent chacune à leur façon les stigmates d'une vie de servilité. Mais à trop filmer les visages de façon univoque et à trop se reposer sur les deux grands numéros musicaux du film (un au début, un à la fin), le réalisateur n'exploite qu'une infime partie des ressources de ses actrices. Seule Leïla Bekhti se voit donc proposer un rôle d'envergure = très intéressante dans ses moments de doute, de repli et d'isolement, l'actrice parvient à énergiser sporadiquement un cinéma qui manque décidément trop de finesse et de ligne directrice pour marquer les esprits. Coincé entre une esthétique excessive (la surexposition permanente de la lumière pour marquer la sécheresse du village) et la prévisibilité de ses effets narratifs, La Source des femmes incarne l'échec d'une démarche que l'on aimerait vivante, généreuse et en prise sur le monde mais qui ne s'avère qu'engoncée, laborieuse et mollassonne.Damien LeblancLa Source des femmesDe Radu MilhaileanuAvec Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, BiyounaSortie en salles le 2 novembre 2011 - Suivez les fils actrice, festival de cannes sur le blog cinéma- Voir la critique du Concert