La Mer à boire : critiques
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La critique de Premiere
(1)2- Stéphanie Lamôme2Après Jean-Pierre Darroussin, cadre broyé par l’entreprise qui commettait l’irréparable dans De Bon Matin de Jean-Marc Moutout, c’est au tour de Daniel Auteuil (qu’on n’avait pas vu aussi impliqué depuis longtemps) d’incarner le martyr de la crise économique en plein pétage de plombs. Comme à son habitude, Jacques Maillot (Les liens du sang) filme sans trémolos ce patron de chantier naval incapable de se résoudre à regarder son bateau sombrer. Alors pourquoi ajouter au drame social la tragédie intime d’un héros veuf dont le fantôme de la femme hante le film à travers des flash backs maladroits ? Dommage, aussi, que le scénario (ou le montage ?) abandonne en cours de route des personnages prometteurs avec des sous-intrigues significatives (l’histoire d’amour devenue impossible entre un employé viré et une collègue épargnée par le plan de restructuration). Heureusement, pas de quoi couler le navire.
Les autres avis de la presse
(14)2- StudioCiné Live
(Sophie Benamon)2Un point de vue original est une première partie de film très réussie (...) Il y avait sûrement de quoi faire un très bon film de plus de deux heures. L'ensemble se termine un peu en cavalcade.
- Journal du dimanche
(Jean-Pierre Lacomme)1(...) entre personnages archétypaux, une virée inutile en Russie et une fin ratée, c'est tout le film qui prend l'eau malgré ses bonnes intentions.
- A voir à lire
(Frédéric Mignard)0Au final, Maillot rate sa Mer à boire et même Daniel Auteuil paraît un peu exsangue dans un rôle qui ne rend pas service à une carrière
- Fluctuat.net
(Jérôme Dittmar)2D'ordinaire, le patron a le mauvais rôle, au cinéma comme ailleurs. Avec La Mer à boire, Jacques Maillot tente de renverser la vapeur pour suivre un capitaine de PME face à la crise. Pas de quoi changer la donne, mais donner le ton de l'époque.
- Nouvel Obs
(Lucie Calet)1Jacques Maillot, est plutôt à l’aise dans la peinture d’un drame social en phase avec le vent mauvais qui souffle actuellement. Le bât blesse davantage quand il s’efforce de prendre du champ avec son histoire (une romance russe sur les vestiges du communisme, oui, les vieux rêves ont vécu) ou la clôt brutalement au mépris de tout aménagement scénaristique. Daniel Auteuil, lui, trouve là un de ses meilleurs rôles depuis longtemps.
- Télérama
(Frédéric Strauss)1L'air du temps, Jacques Maillot le capte d'abord habilement, avec le portrait original d'un patron ni bon ni mauvais, qui semble poursuivre un rêve impossible. Volonté, impuissance, douleur, tout est dit. Mais quand on filme la crise, il faut, apparemment, mettre le paquet. Le cinéaste enferme donc chaque personnage dans le malheur et abat une chape de plomb sur toutes ces vies broyées. Le catastrophisme tenant lieu de discours, le scénario devient impossible. Et le film perd tout son crédit.
- Les Inrocks
(Jean-Marc Lalanne)1Georges Pierret fabrique des bateaux de tourisme réputés, son entreprise marche bien, jusqu’au jour où les banques le prennent à la gorge et le contraignent peu à peu à entrer dans un engrenage où, de plans sociaux en acrobaties financières foirées, il se met à redescendre l’échelle sociale. La Mer à boire, c’est un peu Les Neiges du Kilimandjaro (Guédiguian, 2011) mais du point de vue du patronat, lui-même noyé dans la grande dilution initiée par le capitalisme financier. La description des stratégies propres à couler ce patron à l’ancienne est précise et captivante. Mais trop de maladresses (...) et une mise en scène un peu terne empêchent le film de convaincre tout à fait.
- Le Parisien
(Hubert Lizé)1Avec un solide Auteuil à la barre, ce mélodrame social exhale même un attachant parfum seventies à la Sautet. Pourquoi a-t-il fallu que le réalisateur (...) envoie tout couler par le fond avec cette ultime séquence parfaitement grotesque? Mystère. En marine, on appelle ça un sabordage.
- Le Point
(Olivier de Bruyn.)3Sobre et glaçant, le film, à hauteur d'homme, donne à voir une horreur économique ordinaire (...). Une prestation intense, à la hauteur de l'un des meilleurs films français de ces derniers mois.
- Le Monde
(Noémie Luciani)2En dehors d'une parenthèse amoureuse russe qui constitue pour le spectateur le point culminant de l'embarras, le film se construit selon une mécanique lassante de temps morts verbeux et de colères.
- L'Express
(Eric Libiot)1(...) cette "Mer à boire" vire à la panne sèche.
- Le Figaro
(Le Figaro)2Quelque chose de Sautet dans ce drame social à la mise en scène trop lourde mais au héros attachant, auquel Daniel Auteuil donne une réelle épaisseur humaine.
- A nous Paris
(Fabien Menguy)3La Mer à Boire fit parti de ces films qui vous empoignent dès le début et ne vous lâchent plus. Touchant le fond ou reprenant espoir au même rythme que ce personnage passionné, le spectateur partage toutes ses émotions. Dommage que la fin soit totalement ratée, ce qui ne remet toutefois pas en cause la force du film.
- Fluctuat
(Daniel De Almeida)1D'ordinaire, le patron a le mauvais rôle, au cinéma comme ailleurs. Avec La Mer à boire, Jacques Maillot tente de renverser la vapeur pour suivre un capitaine de PME face à la crise. Pas de quoi changer la donne, mais donner le ton de l'époque. Renversant le schéma habituel du prolétaire victime du grand capital, Jacques Maillot tente la chronique du chef d'entreprise face à l'incompressible système bancaire. La différence est minime, puisqu'au final, le bilan revient au même. Mais en changeant les rôles, on change aussi, a priori, de politique. Alors, La mer à boire, film sponsorisé par le Medef ? Pas complètement. L'inversion est nécessaire, par souci d'équilibre et pour défaire quelques préjugés. Le film suit ainsi Daniel Auteuil, patron de PME fabricant des bateaux de luxe mais victime de la crise. Face à la banqueroute, il fait tout pour tenir et doit résister devant la tempête économique et sociale dont sa boîte (toute sa vie) est victime. Le but du film n'est pas d'apporter des solutions ni de s'imposer en idéologue, mais de livrer un constat brut, jusqu'à marcher sur des oeufs lorsqu'il faut livrer un panel de situations pour mieux montrer les différents acteurs. On pourra alors lui reprocher d'épouser un rationalisme dans l'ère du temps et de présenter le syndicaliste sous un jour pas toujours recommandable. Il ne faut pas voir ici plus qu'une vision parfois individualiste des choses, que le film rattrape par quelques vertus humanisantes et un comédien qui fait tout basculer. C'est encore une fois Auteuil, précis et intuitif, qui permet à cette Mer à boire d'aborder un coté sombre et mouvant. Avec lui, Maillot glisse vers la folie et l'horreur. La pulsion comme résolution, et impasse dépressive, résume un peu plus l'absence de perspective du film, mais donne un ton d'une noirceur à faire froid dans le dos.Jérôme Dittmar La Mer à boireDe Jacques MaillotAvec Daniel Auteuil, Maud Wyler, Yann TregouëtSortie en salles le 22 juin 2012
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