La Forêt De Mogari : critiques
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La critique de Premiere
(1) 3-
Isabelle
Danel
3
Le rire naît chez les personnages et le spectateur face à ce jeu de cache-cache enfantin, à cette folie inatttendue qui ne dit pas son nom. Désormais reconnectés à quelque chose qui ressemble à la vie et liés par un fil invisible, ces deux êtres, éperdus de douleur partent en voiture et s'enfoncent dans une forêt dense où ils trouvenront leurs fantômes pour mieux leur dire au revoir.
Les autres avis de la presse
(7) 2-
Pariscope (Virginie Gaucher) 2C’est avec un profond respect, du lyrisme, beaucoup de pudeur et une forte empathie que la réalisatrice Naomi Kawase traite du deuil. Dans cette forêt primitive, confronté à la terre, aux éléments, à la solitude, le couple qui se perd pour mieux se retrouver, suit un parcours qui va de la douleur profonde à l’acceptation. La place des personnes âgées dans la société tout comme celle des morts hante ce film sensible et humaniste, une voix à part dans le cinéma japonais.
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Elle (Florence Ben Sadoun) 4Ce film contemplatif et pictural, qui joue sur une gamme de verts spectaculaire, juste accompagné de notes au piano, peut agir violemment sur le spectateur, longtemps après la fin de la séance.
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Elle (Michel Palmiéri)Vous qui entrez dans La forêt de Mogari, abandonnez tout espoir. Si, séduit par le précédent film de Kawase, Shara, vous vous risquez à suivre les aventures de Machiko et Shigeki, vous connaîtrez l'ennui absolu.
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Télérama (Cécile Mury) 4Les héros de La Forêt de Mogari sont d'inconsolables survivants : elle, jeune mère orpheline de son enfant, et lui, vieillard veuf depuis trente-trois ans. Deux héros fragiles, que la réalisatrice filme avec cette empathie délicate qui éclairait déjà ses oeuvres précédentes. Mais quand le récit s'ouvre sur l'extérieur, et que Shigeki s'enfonce dans les profondeurs de la forêt, à la recherche de la tombe de sa femme, talonné par Machiko, l'image palpite, semble se dilater. Le regard de la cinéaste est comme aspiré vers les cimes, exalté par la majesté des arbres. Toujours en mouvement, crapahutant sous les feuilles attentives, les deux solitaires se tendent un étrange miroir de douleur et de compassion.
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Télérama (Pierre Murat)Tout y fait sens, au point que cet intellectualisme forcené tue tout lyrisme, toute spontanéité. Et pour montrer quoi, au fait ? Sur le fond, que la vie s'oppose à la mort, à moins que la mort ne soit que le début de la vie. Génial... Et côté forme, que les grands espaces, parce qu'ils sont grands, doivent être filmés à l'horizontale, alors que les forêts, parce qu'elles sont hautes, doivent l'être à la verticale. Bravo... De cliché en cliché, on en arrive au coeur du film : un pâle plagiat forestier de La Ballade de Narayama, où l'errance du vieux cinglé et de la nurse déboussolée devrait, en toute logique, nous bouleverser.
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Le Monde (Jacques Mandelbaum) 4De l'un à l'autre de ces genres, les mêmes motifs voyagent, repris et transformés par une œuvre d'un humanisme à la fois discret, vibrant, parfois bouleversant au-delà de tout. C'est la souffrance de la filiation, c'est le rappel de la mort, c'est le sacre lyrique de la nature, c'est le lien profond et ténu qui relie ces choses entre elles comme le souffle du vent dans les branches, c'est le Japon tel que le cinéma de Kawase se l'approprie, le magnifie et nous le rend à la fois sensible et proche. (...) Tous deux partiront un jour dans la forêt pour à la fois s'y perdre et s'y retrouver, en compagnie de leurs fantômes. Si les morts souvent nous accaparent, ce film, modeste mais précieux, suggère qu'ils peuvent aussi nous aider.
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Fluctuat ()Naomi Kawase nous revient avec une méditation où la fantaisie et la légèreté s'invitent dans une maison de retraite. Transmission des valeurs d'une génération à l'autre ou bien recherche commune, La Forêt de Mogari est une ode magnifique aux forces de la nature, toujours portée par la douceur qui caractérise les films de la Japonaise. Une merveille.
- Exprimez-vous sur le forum cinémaAu coeur d'une nature somptueuse, une jeune femme, Machiko, prend ses fonctions dans une maison de retraite isolée. Elle est habitée par un drame, la perte de son fils. Shigeki est un vieil homme un peu fou, enfermé dans la douleur depuis la mort de sa femme, 33 ans plus tôt, mais par instants aussi espiègle et intenable qu'un enfant de 5 ans. Tous les deux vont se rencontrer, se tester, puis faire une longue ballade dans la forêt environnante de Mogari, où ils vont progressivement redonner un sens au mot « vivre ». Avec deux personnages et un décors aussi somptueux que sauvage, Naomi Kawase signe une fable d'une intelligence et d'une splendeur bouleversantes. Si le « retour à la nature » a donné lieu à des films allant de l'horreur de Délivrance au calme - façon ballade folk - de Old Joy, ce schéma désormais classique s'ouvre ici sur une profondeur, une dimension où l'onirisme et le rêve jouent à égalité avec le réel.Parce qu'ils sont voués à se comprendre sans avoir à l'exprimer par des mots, liés par le deuil d'un être cher, Machiko et Shigeki forment un tandem fascinant. Avec son style souvent proche du documentaire (le film est tourné dans une véritable maison de retraite, avec juste quelques acteurs professionnels), Naomi Kawase instaure un cadre fragile et léger dans lequel ce couple insolite se forme dans, et semble-t-il par, la nature qui les entoure. Tels des enfants dans un parc géant, Shigeki passe son temps à s'enfuir, et Machiko doit sans cesse lui courir après, dans des jardins paysagés totalement édéniques. Toute cette dépense physique, ce souffle court, semblent dans la vision de la cinéaste se mêler intimement aux arbres, à cette couleur verte chaleureuse, et à ce vent qui lui insuffle le mouvement et la vie, comme dans les très beaux premiers plans du film où la nature apparaît comme une matière mystérieuse et pleine d'une vie cachée.Telle la pluie qui s'abat sur le défilé dans Shara, la tempête vient littéralement mettre à nu ces personnages et dévoile la raison de leur présence dans la forêt du deuil. Ainsi révélés à eux-mêmes, Machiko et Shigeki apparaissent plus que jamais égaux, aussi petits dans cette nature immense qu'ils sont à cet instant tout l'un pour l'autre. Naomi Kawase est une des rares jeunes cinéastes à filmer les personnes âgées avec une telle empathie. Depuis ses documentaires consacrés à sa grand-mère, qui l'a élevée, jusqu'à cette Forêt de Mogari, il n'y a qu'un pas. Le deuil, la disparition (Shara), la vieillesse sont ainsi des sujets qui habitent le cinéma de Kawase, qui parvient miraculeusement à transcender leur gravité par une poésie des images et une tendresse bouleversante. Comme tous ses films, La Forêt de Mogari laisse le spectateur face à ses angoisses les plus profondes, mais lui fait un don précieux : la grâce. La Forêt de Mogari
De Naomi Kawase
Avec Shigeki Uda, Machiko Ono, Makiko Watanabe
Sortie en salles le 31 octobre 2007Illus. © Haut et Court
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- Lire le fils asie, japon sur le blog cinéma
- Lire le dossier histoire du cinéma japonais sur le mag -
Journal du dimanche (Barbara Théate) 3C'est un voyage spiriruel, une fable poétique et métaphorique que nous offre la réalisatrice japonaise Naomi Kawase. Il faut se laisser happer par cette fable humaniste qui chante l'espoir, où l'on parle peu, mais où les yeux en disent plus longs que les mots.
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