Titre original L'ordine delle cose
Date de sortie 7 mars 2018
Réalisé par Andrea Segre
Avec Paolo Pierobon , Giuseppe Battiston , Fabrizio Ferracane
Scénariste(s) Marco Pettenello, Andrea Segre
Distributeur Sophie Dulac Distribution
Année de production 2017
Pays de production Italie, France
Genre Drame
Couleur Couleur

Synopsis

Rinaldi, policier italien de grande expérience, est envoyé par son gouvernement en Libye afin de négocier le maintien des migrants sur le sol africain. Sur place, il se heurte à la complexité des rapports tribaux libyens et à la puissance des trafiquants exploitant la détresse des réfugiés. Au cours de son enquête, il rencontre dans un centre de rétention, Swada, une jeune somalienne qui le supplie de l’aider. Habituellement froid et méthodique, Rinaldi va devoir faire un choix douloureux entre sa conscience et la raison d’Etat : est-il possible de renverser l’ordre des choses ?

Critiques

  1. Première
    par Thierry Chèze

    On reconnait un auteur à sa capacité de creuser le même sillon sans bégayer ni rester aveugle aux évolutions du monde qui l’entoure. Cette définition sied parfaitement à l’italien Andrea Segre découvert en 2010 avec La petite Venise, une délicate histoire d’amitié, entre un pêcheur slave et une immigrée illégale chinoise au cœur de la Cité des Doges. La question des migrants n’a dès lors jamais cessé de l’inspirer à travers des documentaires et des fictions comme cet Ordre des choses où l’on suit un policier italien envoyé en Lybie négocier le maintien des migrants sur le sol africain. Un représentant de ce fameux ordre que rien ne peut a priori faire dévier de sa tâche jusqu’à ce qu’il se prenne d’empathie pour une jeune Somalienne et réalise que ces hommes et ces femmes fuyant leur pays forment non un tout mais une multitude d’histoires individuelles forcément poignantes. Il n’est jamais simple pour le cinéma de s’emparer d’un sujet à ce point brûlant. Les délais de fabrication d’un film sont telles qu’il existera toujours un décalage et qu’à vouloir à tout prix le rétrécir, on se retrouve vite à enfoncer des portes ouvertes. L’ordre des choses échappe à cet écueil. Segre prend certes parti contre les méthodes de son pays. Mais en les racontant par le prisme de ce flic qu’il n’érige ni en méchant de service ni en héros soudain virginal, il embrasse la complexité des choses. Ce dilemme entre conscience et devoir à l’issue incertaine. Une remarquable réflexion sur la notion de résistance et ses limites. Humaines, terriblement humaines.