L'Agence tous risques : critiques
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Les autres avis de la presse
(9) 3- Télé 7 jours (Julien Barcilon) 3Bardé d'action et sans prétention, son blockbuster joue avec zéro complexe la carte de la grosse artillerie. De quoi séduire petits et grands enfants.
- Chronic'art (Guillaume Loison) 3En fait, le film n'est que cela : une enfilade de missions briefées et exécutées dans le même mouvement, sans respiration, avec une exigence de spectaculaire sans cesse renouvelée. Ce qui fait sa force (obsession du rythme et du rendement) mais le pousse aussi immanquablement au surrégime - d'autant que Carnahan n'arrive évidemment pas au genou d'un De Palma ou d'un McTiernan. Sa mise en scène répète les mêmes figures en boucle et renonce la plupart du temps à démêler les effets de manche du scénario. Visuellement, L'Agence tous risques le paie forcément, compensant par une surenchère artificière. Pas dramatique, mais quand même : si l'honnêteté de l'entreprise n'est pas en cause, le film, lui, pèse quand même un peu sur l'estomac.
- L'Express (Julien Welter) 3La surenchère est parfois fatigante, mais le divertissement potache reste amusant grâce à l'alchimie du casting et aux cigares de Liam Neeson. La camionnette, elle, n'a pas un grand rôle.
- Les Inrocks (Jacky Goldberg) 3Avoir “deux coups d’avance”, c’est, par exemple, situer son récit non pas avant ou pendant la guerre en Irak, comme Green Zone de Paul Greengrass ou Fair Game de Doug Liman, mais juste après, lors du (futur) désengagement des troupes américaines. Et ne pas tomber dans le panneau des dénonciations faciles au sujet des armes de destruction massive, pour préférer une bête chasse aux billets verts (seules ADM cachées par les généraux de Saddam) qui, contrairement aux manichéennes fictions de gauche précitées, n’épargne pas la CIA, elle.
- 20 Minutes (Caroline Vié) 2Conteneurs valseurs et tanks volants sont les ingrédients d'un festival de cascades.
Au-delà de ces scènes spectaculaires, c'est l'alchimie entre les personnages qui emporte l'adhésion. La complicité unissant Hannibal, Futé, Looping et Barracuda donne envie de leur voir confier une nouvelle mission. Si l'humour de la série et son côté système D ont été gommés, ce n'est pas au détriment de protagonistes charismatiques. Le quatuor transforme ce qui n'aurait pu être qu'une énième grosse machine en vraie partie de plaisir. - Le Monde (Jean-François Rauger) 2Ce qui à l'origine (le feuilleton télévisé) constituait déjà une approche décontractée de l'aventure devient ici une parodie aux accents burlesques, aux péripéties parfois démentielles relevant du dessin animé le plus débridé. L'usage d'effets numériques accentue par ailleurs cette dimension de cartoon tout comme le cabotinage des comédiens. On se demande dès lors pourquoi une telle démesure, qui pourrait avoir une portée authentiquement subversive, est tempérée par de fréquents appels au patriotisme et à la solidarité guerrière (les héros sont tous d'anciens Rangers fiers de l'être). L'ensemble est parfois amusant, subissant toutefois des baisses de rythme et sombrant, dans sa dernière partie, dans une confusion assourdissante.
- A voir à lire (Frédéric Mignard) 2Au final, avec autant de cascades imposantes, d’action costaude et d’effets spéciaux démesurés, L’agence tous risques est un plan d’avenir pour la Fox et les exploitants. La garantie d’un vrai bon gros succès populaire dans les salles. A moins que la coupe du monde joue les gros bras sur le terrain.
- Télérama (Jérémie Couston) 2Le patriotisme paramilitaire de la série des années Reagan est avantageusement adouci par un scénario truffé d'humour et une mise en scène très énergique. Le réalisateur enchaîne les cascades - en particulier aériennes - d'autant plus jouissives que parfaitement invraisemblables. On voit un char d'assaut voler, des hélicoptères faire des loopings et des containers déplacés à la grue comme des gobelets de bonneteau... L'abracadabrantesque farce d'espionnage, avec le côté paranoïaque à la Jason Bourne, semble avoir des effets boostants sur les acteurs eux-mêmes. Liam Neeson, épatant Hannibal Smith, a rajeuni de dix ans.
- Fluctuat () 4Alors qu'on ne misait pas un dollar dessus, L'Agence Tous Risques se hisse avec une aisance déconcertante sur le podium du meilleur cinéma d'action vu depuis longtemps. Synthétisant des 80's au 00's, Joe Carnahan réussit un exploit inattendu.- En vidéos : Chiens de guerre, la guerre à l'américaine L'Agence Tous Risques, c'est un peu la quintessence de la série télé américaine des 80's. L'âge d'or de Stephen J. Cannell aussi, qui concluait chacune de ses productions d'une page s'envolant depuis sa mythique machine à écrire. Pour tout dire, c'est pas tant qu'on l'avait oubliée, cette fameuse A-Team, plutôt qu'on imaginait mal la voir ressuscitée, certainement pas en film, encore moins qu'il serait parmi ce qu'on a vu de mieux dans le genre depuis belle lurette. Il faut remonter au McTiernan époque Die Hard ou au Cameron façon True Lies pour retrouver intact, ou presque, l'esprit de ce qui a fait le meilleur du cinéma d'action américain. A tel point que le film de joe carnahan, revenu du maniérisme roublard et pénible de Mi$e à prix (à qui il doit pourtant quelque chose), agit tel un réveil sur buzzer qui ouvrirait les yeux sur dix voire vingt ans de blockbuster. Plus qu'une bonne nouvelle, c'est une épiphanie. A quoi tient l'engin, qui n'a pourtant pas peur d'en faire des caisses ? Si bien sûr tout est là, à commencer par son quatuor de mercenaires (Hannibal, Futé, Barracuda, Looping, désolé pour les noms VF un peu craignos), si chacun a gardé ses compétences (l'agence tous risques c'est un peu McGyver version commando), si la musique de Mike Post remasterisée par Alan Silvestri (hommage) répond présent, c'est d'abord parce que Carnahan a tout pigé au genre et qu'il le recale avec insolence dans son époque que le film est une réussite.Pas de chichi, L'Agence Tous Risques va droit au but et ne cesse d'en marquer. Dès l'ouverture, le film occupe le terrain, garde le ballon et ne le lâche jamais. Excusez la métaphore, mais il y a une dimension sportive dans le rythme fou qu'impose Carnahan - comme dans son agencement. Sans s'arrêter, sauf pour marquer des micro-pauses (élaboration des stratégies à l'organisation militaire ; brefs échanges existentiels entre les personnages), le film ne cesse de maintenir le cap. Que ce soit dans l'action ou par les punchlines, larguées par rafales, au coeur de la bataille ou en marge, il ne lâche rien. En découle non une saturation, mais une ivresse, des dialogues minutés, du timing et du découpage formalisant les plans sans accrocs chers à Hannibal. Se joue ici la formule qui fit le bonheur du cinéma d'action des 80's, un côté direct, premier degré, très attaché à la comédie. Sauf que Carnahan va plus loin que jouer la carte d'un actionner vintage et virtuose que laisse présager l'intro. Il se met à cheval aussi sur les 90's, avec ses jeux de narration, son côté frime assumée, à deux doigts de Guy Ritchie, mais sans sombrer dans la signature, le petit malin verbeux ni le postmodernisme clinquant. Et comme si ça ne suffisait pas, il ajoute une couche de blockbuster dernière génération, truffant le film d'effets digitaux qui ne jurent pas avec l'ensemble. Bien au contraire, Carnahan synthétise trente ans de cinéma, tout en glissant un joyeux bras d'honneur à la 3D. A cette limpidité jouissive avec laquelle l'action se déploie en se calquant sur ses personnages surdoués, s'ajoute un casting qui, sans tutoyer Iron Man, fait crépiter un scénario qui balance. Liam Neeson et Bradley Cooper ne sont peut-être pas Robert Downey Jr, mais leur plaisir à se glisser dans ces héros taillés dans le roc du classicisme est total. Classique encore, cette mini intrigue romantique qui revient par vague pour rappeler le souvenir de la "comédie du remariage". Classique toujours mais parce que américaine, cette volonté d'inscrire le film dans son temps et de faire passer la A-Team par l'Irak. Car entre deux séquences invraisemblables qui tiennent alors qu'on n'aurait pas misé un dollar dessus (piloter un tank tombant en chute libre : génial), L'Agence Tous Risques braconne sur les terres du Green Zone de Greengrass, notamment, pour tailler son costard à un gouvernement américain corrompu. Sauf que, changement de ton oblige, Carnahan fonce dans le tas, tire droit sur la CIA, pour conclure dans une belle apothéose anar, un peu barbouze, mais à la fois foncièrement morale. Pas étonnant de retrouver l'ami Tony Scott au générique comme producteur, tant l'idéologie dominante du film tutoie la sienne, les tendances réactionnaires en moins. On pourra après regretter que la mise en scène n'évite pas, parfois, un aspect brouillon, mais rien de grave tant cette Agence Tous Risques est une bouffée d'air frais à la musicalité implacable.L'agence tous risques De Joe CarnahanAvec : Liam Neeson, Bradley Cooper, Jessica BielSortie en salles le 16 juin 2010[mediabox id_media="128655" align="null" width="550" height="366"][/mediabox] Illus © Twentieth Century Fox France Jérôme Dittmar- Exprimez-vour sur le forum cinéma- Suivez les fils blockbuster, adaptation sur le blog cinéma - En vidéos : Chiens de guerre, la guerre à l'américaine
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