Affiche L'Age de raison

L'Age de raison : critiques

Les autres avis de la presse

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    Revenu d'Amérique après son bidesque remake de My Sassy Girl, Yann Samuell se croit encore à Hollywood avec L'âge de raison, tambouille mimi-neuneu sur l'enfance comme trésor d'existentialisme.Le problème de la nostalgie, c'est qu'elle arrive toujours trop tard. Mais ça, Yann Samuell s'en fout. Pour lui, l'enfance est l'espace sacré où gît le sens de la vie. Rien de moins. Morale de l'histoire ? N'oublions pas le passé et qui nous étions, sinon quoi nous dériverons vers les eaux aveuglantes d'un présent qui aura oublié de quoi sont faits les rêves. Non, ce n'est pas la face B d'Inception, mais en résumé l'objectif de L'âge de raison. L'ennui avec l'enfance, c'est qu'elle est toujours vue depuis un ailleurs, adulte, rarement dans son instant. Elle est soumise au risque du repli nostalgique, fantasme d'un moment aux réponses magiques. Un refuge idéal pour y planter, avec la naïveté de rigueur, les pires scénarios du monde, les plus neuneus, niais, démagos, fuyants : l'enfance comme promesse perpétuelle d'un devenir, donc sans réalité. L'âge de raison en fait un usage immodéré, imaginant Sophie Marceau (toujours dans les mauvais coups) en executive woman aux dents longues, obsédée par son job, jusqu'au jour où un notaire de province lui remet un paquet de lettres qu'elle s'était écrites à elle-même à sept ans. Commencent alors le retour en arrière, les souvenirs enfouis, une vie passée aux moments difficiles qu'elle a voulu enterrer, jusqu'à changer son prénom - prétexte à un running gag pesant, comme à peu près toutes les tentatives de comédie du film.Gravitant autour de ce pitch concept aux airs de thérapie pour working girl blasée, Samuell se fait la totale : flashbacks colorés, ambiance Formica seventies, vignettes oniriques en papier mâché, scénettes animées avec figurines, mini clips, lettres façon scratch book kawaii, tout le film est parsemé du pire emprunté à Jeunet ou Gondry. Pas peu fier de son esthétique bricolo vintage pour fillettes ridées, Samuell se croit aussi à Hollywood, faisant virevolter sa caméra en David Fincher du dimanche (jusqu'à le citer). Las devant tant de gesticulations, de gadgets visuels publicitaires et puérils (de formules aussi), on tente de s'accrocher au récit. Peine perdue, Samuell s'enfonce dans sa célébration ébahie des vertus de l'enfance. Qui contamine Sophie Marceau, déréglant son corps, ses attitudes, au fil d'une plongée dans un passé au présent qui la remet en question. La quadra joue la gamine, c'est supposé être drôle, on redoute la dépression. Peu importent alors son histoire, ses rêves brisés, le père qui l'a abandonnée, un frère à retrouver, tout s'anéantit devant la nullité des procédés, un déterminisme identitaire, une vision dichotomique utilisant le carriérisme du monde des affaires contre la pureté de l'enfance. Samuell n'en fait pas une règle mais l'induit toutefois en totem, concluant sur un atroce morceau de bravoure humanitaire. L'âge de raisonDe Yann SamuellAvec : Sophie Marceau, Marton Csokas, Michel Duchaussoy Sortie en salles le 28 juillet 2010 [mediabox  id_media="130541" align="null" width="550" height="365"][/mediabox] © Mars Distribution Jérôme Dittmar - Exprimez-vous sur le forum cinéma- L'actu ciné sur le blog cinéma
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