Jusqu'en enfer : critiques
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La critique de Premiere
(1) 4- Mathieu Carratier4Le nouveau film de Sam Raimi bouillonne de cette énergie juvénile, celle d’un enfant resté trop longtemps assis sagement à table et qui se lève en emportant la nappe avec lui. Ça tache (forcément), ça ricane (beaucoup), et ça se permet à peu près tout sans jamais faire n’importe quoi. Car derrière cette histoire de jeune banquière tourmentée par un démon revanchard, c’est la cupidité de toute l’Amérique et ses conséquences désastreuses qui en prennent plein la tête. Au premier degré, Jusqu’en enfer se voit comme une fable horrifique virtuose dont chaque scène vous cloue dans le wagon d’un train fantôme qui semble ne jamais vouloir ralentir. En s’appuyant sur des effets antédiluviens (portes qui grincent, jeux d’ombres tétanisants), Raimi a l’élégance de terroriser son prochain en rendant hommage à un siècle entier de cinéma fantastique. Avis à tous les petits malins (au hasard, Saw 1 à 12) qui avaient profité de son absence pour saccager la maison : papa est de retour.
Les autres avis de la presse
(4) 3- Le Monde (Jean-François Rauger) 3Jusqu'en enfer paraît hésiter entre le sérieux et la caricature, la frayeur et le burlesque, l'attraction de fête foraine et la fable morale. Le film est en fait tout cela à la fois, dissimulant derrière la fausse modestie d'un projet qui se présente comme un simple retour au film de genre une forme d'art hybride, sérieuse et dérisoire à la fois, une quête au bout du compte assez ambitieuse.
- Télé 7 jours (Philippe Ross) 3Sam Raimi reviens à ses premières amours : l'horreur pure et dure, mâtinée d'un humour noir ultra décapant. Résultat : un petit bijou de terreur doté de moments de bravoure aussi dantesques d'irrésistible. Bienvenue en enfer !
- Fluctuat () 2Vendu vaguement comme un retour aux sources pour Sam Raimi, Jusqu'en enfer s'avère plutôt une comédie horrifico-satirique hâtive.Jusqu'en enfer tient du petit plaisir coupable. Après trois grosses machines où il réalisait ses rêves de gosse (Spider-Man), Sam Raimi revient à ses premières amours, l'horreur old school. Tout régressif qu'il est, le pari avait de quoi réjouir : un petit comeback à ces bons vieux Evil Dead sur lesquels il avait bâti sa réputation, doublé d'une satire sociale acide aux multiples envolées comiques façon Three Stooges, la série TV culte dont Raimi ne s'est jamais remis. Mais problèmes. L'humour horrifique qui fonctionnait autrefois à plein régime tourne désormais plutôt à vide. Sa greffe avec un folklore ésotérique de série Z tendance Contes de la crypte ne prend pas, ou plus. Raimi recycle ses tours pour train fantôme avec un manque d'inspiration que même la modestie et l'enthousiasme du projet ont du mal à faire oublier. Il y a bien une certaine jubilation à suivre le calvaire sadique de cette Justine des temps modernes (une employée de banque victime d'un sort gitan parce qu'elle a refusé un prêt). Mais ce jeu de quille volontairement grotesque pour apprentis yuppies, quoique non dénué d'espiègles et cyniques dilemmes moraux, ni d'un habile recentrage critique des origines sociales du personnage (dont elle cherche à s'échapper), relève plus d'une fable un peu prétexte sur l'égoïsme, l'avidité et l'argent, pour servir une soupe pas toujours digeste. Non que le film ne soit pas convaincu par ses velléités discursives, juste qu'elles s'étiolent derrière une réalisation souvent épaisse, bruyante, facile. Si demeurent quelques moments forts, entre le couple ou les multiples humiliations horrifiques, l'esthétique hybride, mélange d'effets à l'ancienne et d'affreux pis allers numériques, flingue sérieusement la dimension fantastique, pourtant centrale et finalement limite balourde. Raimi s'est engouffré aveuglément, croyant lâcher la bride, prendre un bol d'air, il a un peu confondu liberté et manque d'exigence.Jusqu'en enferDe Sam RaimiAvec : Alison Lohman, Justin Long, Dileep RaoSortie en salles le 27 mai 2009Illus© Metropolitan FilmExportJérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils horreur, festival de cannes sur le blog cinéma- Portrait et filmo de Sam Raimi
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