Date de sortie 1 avril 2015
Réalisé par Benoît Jacquot
Avec Léa Seydoux , Vincent Lindon , Clotilde Mollet
Scénariste(s) Benoît Jacquot, Hélène Zimmer
Distributeur Mars Distribution
Année de production 2015
Pays de production FR
Producteurs Jean-Pierre Guérin Luc Dardenne Jean-Pierre Dardenne
Genre Drame
D’après l’œuvre de Octave Mirbeau

Synopsis

Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.Adaptation du roman de Octave Mirbeau

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Journal d'une Femme de Chambre

Critiques

  1. Première
    par Christophe Narbonne

    Jeune femme de chambre belle et au caractère trempé, Célestine accepte un poste en province chez les Lanlaire. Elle doit faire face à l’animosité de Madame, à la lubricité de Monsieur, au mutisme de Joseph, le mystérieux homme à tout faire de la propriété, et à l’émotivité de Marianne, la gironde cuisinière. Comme il observait la chute de l’Ancien Régime à travers les yeux d’une dame de compagnie de Marie-Antoinette dans "Les Adieux à la reine", Benoît Jacquot autopsie les maux de la société française au tournant du XXe siècle en suivant au plus près une soubrette rebelle. Personnage romanesque en diable, que trois flash-back nuancent formidablement, elle symbolise à la fois la cristallisation des rapports de classe, la soumission à l’ordre patriarcal et le désir d’émancipation grandissant des femmes. Les deux films sont intimement liés, jusque dans le choix de l’étonnante Léa Seydoux pour incarner des héroïnes jumelles dont les parcours sont parfaitement croisés; Sidonie prend de plein fouet la fin d’un monde et de ses illusions quand Célestine semble avoir son destin en main – le dénouement montre en fait le contraire et la fatalité du déterminisme social. Source inépuisable d’interprétations, le roman d’Octave Mirbeau avait inspiré un marivaudage charmant à Jean Renoir et un drame bourgeois aux accents surréalistes à Luis Buñuel. Benoît Jacquot en tire de son côté une adaptation réaliste assez scrupuleuse qui met paradoxalement en relief la modernité du texte dont la résonance actuelle ne manque pas de troubler : antisémitisme véhément (l’action se passe en pleine affaire Dreyfus), pression sur les salariés, discrimination sexuelle… Le constat est implacablement dressé par Jacquot, grand cinéaste classique, renoirien pour ainsi dire, qui s’appuie, en dehors de Léa Seydoux et de Vincent Lindon, sur des seconds rôles bluffants pour asseoir la cohérence du projet. Clotilde Mollet, qui joue la patronne psychorigide, Hervé Pierre, son mari libidineux, Patrick d’Assumçao, le voisin anarchiste, Dominique Reymond, l’impitoyable placeuse, ne sont pas les plus connus de nos comédiens, pourtant, ils tiennent la baraque face aux stars.