Je suis heureux que ma mère soit vivante : critiques
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La critique de Premiere
(1) 2-
Alex
Masson
2
Je suis heureux... interroge alors autant le statut d’enfant que celui de parent et donne un touchant droit de parole à chacun. (...)On pourra reprocher une structure alambiquée en flash-back, cela n’entame pas la profonde humanité avec laquelle est raconté ce fait divers pas si ordinaire.
Les autres avis de la presse
(12) 3-
Pariscope (Arno Gaillard) 2Des regards et des non dits, de la violence contenue et la recherche d’un amour : Claude et Nathan Miller réalisent un film grave sur une quête, celle d’une mère et de sa trop longue absence. (...) ce jeune homme en souffrance commet le pire pour enfin prononcer quelques mots devant l’assistance d’un tribunal et de ses juges: « Je suis heureux que ma mère soit vivante ». Une phrase qui résonne comme la dernière phrase prononcée dans le « Pickpocket » de Robert Bresson : « Pour aller jusqu’à toi, quel drôle de chemin il m’a fallu prendre. » Ici les mains des deux cinéastes ne volent pas, non, mais cherchent une unique chose : reprendre l’amour d’une mère.
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StudioCiné Live (Laurent Djian) 3De ces retrouvailles, les cinéastes Miller père et fils, tirent une oeuvre puissante, dérangeante, où la psychologie de bas étage se substitue à une exploration des âmes et de leurs tourments.
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L'Express (Christophe Carrière) 3Claude [Miller]raconte les écorchures, Nathan [Miller] filme les blessures. Et le vieux routier de l'enfance chamboulée (L'Effrontée, La Classe de neige) de bénéficier de l'audace visuelle du novice. Le regard neuf ne verse jamais dans l'esbroufe : chez les Miller, on reste au service de l'histoire et de ceux qui la jouent. Au premier rang desquels Vincent Rottiers, déjà formidable frangin énervé dans Les Diables (Christophe Ruggia, 2002), et Sophie Cattani, qui, dans la peau de la mère indigne, devient une des révélations les plus intéressantes de l'année.
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Les Inrocks (Vincent Ostria) 1Bref, l’hystérie à tous les étages et à tout bout de champ masque mal la profonde vacuité de ce film incolore et inodore sur les soubresauts d’un jeune homme taraudé par le fait d’avoir été abandonné par sa mère, qui renoue avec elle dans des conditions troubles. Relation qui dérape dramatiquement… Le problème n’est pas le sujet, ni même le style hybride et indécis de la réalisation, mais l’assommante linéarité du processus. Malgré (ou à cause de) l’adjonction factice de flash-backs pour décrire les ratés d’une enfance perturbée par une mère irresponsable, le film ne semble se justifier que comme écrin de son acting out final.
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A voir à lire (Frédéric Mignard) 3En faisant preuve de perspicacité sociale et psychologique envers tous les protagonistes de leur fait divers, les deux réalisateurs mettent en place une machine à broyer l’humain qui fait froid dans le dos. Le réalisme naturaliste (la vie des classes populaires, les dérives de la jeunesse égarée, les fêlures irréparables) percute dès les premières scènes et interpelle crument dans la dernière partie.
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Le Parisien (Pierre Vavasseur) 3Co-écrit et réalisé par Miller père et fils, ce film a la meilleure des qualités. Il nous prend d'entrée dans ses filets. (...), ce «Je suis heureux...» est impeccable. Non seulement il révèle le charisme total du jeune Vincent Rottiers et impose Christine Citti et Sophie Cattani, dans le rôle de la «vraie» mère», comme deux très grandes actrices.
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Le Monde (Jean-Luc Douin) 3Nathan Miller ne nous en voudra pas de souligner combien ce film qui évite les tentations du romanesque se situe dans une veine dont son père est friand. (...) Je suis heureux que ma mère soit vivante est hanté par le même secret que dans (...) Garde à vue (1981), (...), Betty Fisher (2001) : la violation de l'intime, l'enfance indélébile, la quête d'une connivence interrompue, la gestion des déviances parentales par les enfants (ou l'inverse), le réflexe de se projeter dans la vie d'un proche. Regardant le monde à travers une main brandie en viseur de caméra, Thomas, ici, se fabrique un impossible flash-back.
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Nouvel Obs (Lucie Calet) 3Claude Miller et son fils Nathan s’inspirent d’un texte d’Emmanuel Carrère, et signent un film d’une tristesse sourde sur la figure maternelle, les blessures liées aux liens du sang, les démons qu’on porte en soi.
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Télérama (Pierre Murat) 3Ce film, Claude Miller l'a signé avec son fils, Nathan, son complice. Mais il lui appartient, c'est évident. (...) A l'origine, il y a un fait divers qui avait inspiré, en 1996, un article du romancier Emmanuel Carrère. Les Miller en ont fait un suspense épuré, un film ambigu et troublant : souffrance dans tous les coins et ellipses dans chaque plan. (...) D'où on émerge sonné, en peine. Mais ça a toujours été le talent de Claude Miller : nous rendre à vif devant les monstres qu'il filme et les blessures qu'ils s'infligent.
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Le Figaro (La Rédaction du Figaro) 3Une histoire authentique, magistralement racontée et interprétée, avec un naturel, une intensité, une force vitale captivante.
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Fluctuat () 3Avec Je suis heureux que ma mère soit vivante, claude miller et Nathan Miller composent une oeuvre tragique qui malgré quelques inégalités se révèle d'une réelle puissance formelle et émotionnelle.En s'engageant sur un sujet aussi casse gueule que celui de Je suis heureux que ma mère soit vivante, claude miller et Nathan Miller n'ont pas choisi la facilité. Adapté d'un fait-divers réécrit dans un article par Emmanuel Carrère, le film relate la quête de Thomas (Vincent Rottiers), obsédé par l'idée de retrouver sa mère biologique. S'étalant sur près de quinze ans, l'intrigue part de l'enfance pour passer par l'adolescence et les débuts de l'âge adulte. Histoire d'une absence et de retrouvailles tragiques, le récit prétend ainsi raconter et surtout montrer comment des blessures enfouies débouchent sur un acte monstrueux. Choses que Miller et Carrère avaient déjà filmées dans La classe de neige. L'intime est donc la question taraudant un scénario aussi à vif que son personnage. Le cinéaste et son fils y plongent avec un sens de la distance et une pudeur qu'une première partie, assez brillante, capte au fur et à mesure d'un récit non linéaire et entrelacé qui n'a rien du procédé. Tout en ellipses, le film passe d'un âge à l'autre en jouant d'une tension permanente et à fleur de peau. Plus dans un art de l'ébauche que de l'explicatif ou du démonstratif, les Miller saisissent un kaléidoscope de sensations qui, à défaut d'opter pour le rationnel, transmettent une gamme d'émotions ténues et limpides au diapason des personnages. S'en dégage une force parfois étourdissante où regards, gestes et rapports aux lieux évoqueraient presque une recherche impressionniste.Après ce chevauchement narratif d'une grande délicatesse dans sa capacité à ne jamais s'appesantir sur les situations, les Miller délaissent leur dispositif pour se concentrer sur les retrouvailles du fils et sa mère. Sans s'engager toutefois complètement sur la pente glissante du pourquoi, le scénario reprend alors un peu trop l'ascendant sur la mise en scène pour développer la question identitaire et psychanalytique. Cette piste oedipienne, clairement stimulée au fil d'une tension érotique latente, couvre toute la seconde partie en répondant par points à la première. Si ce déploiement théorique livrant les enjeux probables du film n'est pas le plus passionnant en soi, Miller garde malgré tout la main en se focalisant sur le lien sourd, indicible et presque primitif liant ce fils paumé à cette mère indigne, maladroite et surtout sans le moindre instinct maternel. Jouant des zones d'ombres, des frontières indiscernables, des connexions troublées et interrompues, le cinéaste compose ainsi un double portrait allusif que son casting et Vincent Rottiers en tête fait vivre avec une intensité translucide et à la fois énigmatique. Quelque chose d'une innocence perdue, meurtrie, entêtante, se dégage dans les marges et sur les visages. Un sentiment de manque que rien ne vient combler mais qui dans un acte a priori irréparable trouve son étrange consolation.Je suis heureux que ma mère soit vivante De claude miller et Nathan MillerAvec : Vincent Rottiers, Sophie Cattani, Christine CittiSortie en salles le 30 septembre 2009[mediabox id_media="107979" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © Metropolitan FilmExport Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil réalisateur sur le blog cinéma
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