Les autres avis de la presse
(8)0
- Entertainment Weekly
(
Lisa
Schwarzbaum
)0Quoiqu'il en soit, Jack et Julie n'est pas drôle. C'est seulement douteux, drôle par hasard quand ce n'est pas odieusement sentimentale ou simplement détestable. Et pour ceux qui ne sont pas entièrement des fans de Sandler - pour quelqu'un comme moi - l'approche bâclée de ce méli-mélo est épuisante.
- StudioCiné Live
(
Iris
Mazzacurati
)0Visuellement et narrativement, Hollywood n'avait pas fait pire depuis La Famille Foldingue et Norbit. - Fluctuat.net
(
Jérôme
Dittmar
)1Il n'y a rien à sauver dans Jack et Julie, dernier Adam Sandler movie scandaleusement lourd et suffisant. Rien, sauf la présence d'Al Pacino qui, au milieu de cette comédie catastrophe, en dit long sur lui même et offre l'occasion d'une petite étude de cas. - Télérama
(
Cécile
Mury
)0(...) cette turlupinade atteint l’irréparable en nous bousillant Al Pacino. Vieilli, fatigué, le grand acteur bouffonne et cachetonne tristement. Un crève-coeur. - Le Monde
(
Isabelle
Regnier
)1Cette caricature misogyne de vieille fille a surtout le mauvais goût de rappeler à Jack d'où il vient, c'est-à-dire d'une famille juive modeste du Bronx où il fut heureux étant enfant, et dont il a tout fait depuis pour gommer les traces. - A voir à lire
(
Frédéric
Mignard
)0Si on y trouve de temps à autre sa dose d’amusement honteux, Sandler peut et sait vraiment être drôle, on s’interroge sur la légitimité du casting secondaire.(...) on notera la présence de Katie Holmes, devenue complètement inconséquente à l’écran, et d’Al Pacino dans son propre rôle qui s’applique à l’auto-dérision forcée. On n’y croit pas.(...) Sa sortie française tient du miracle. - Nouvel Obs
(
Nicolas
Schaller
)0Adam Sandler (...) acteur-producteur-scénariste e vautre paresseusement dans un humour gras du bide et "familialement correct" du plus mauvais effet. - Fluctuat
(
Daniel
De Almeida
)1Il n'y a rien à sauver dans Jack et Julie, dernier Adam Sandler movie scandaleusement lourd et suffisant. Rien, sauf la présence d'Al Pacino qui, au milieu de cette comédie catastrophe, en dit long sur lui même et offre l'occasion d'une petite étude de cas. S'il fallait juger Hollywood ou le cinéma en général à ce que deviennent ses stars après leur période de gloire, on renierait sans cesse le passé. Que sont devenus les Dustin Hoffman, Robert Redford, Robert De Niro ou Al Pacino qui ont donné leur image au Nouvel Hollywood des années 70 dont on nous rabat les oreilles ? A l'exception du premier, qui s'en sort pas si mal aujourd'hui en jouant pour la télévision chez Michael Mann et David Milch (Luck pour HBO), les autres, et en particulier les anciens Corleone de Francis Ford Coppola, semblent perdus depuis longtemps. Leur réunion, dans l'affreux La Loi et l'ordre, avait déjà été une occasion de se pencher sur leur cas. Le nouvel Adam Sandler, Jack et Julie, comédie affligeante de nullité où l'acteur joue un frère et sa soeur jumelle, permet de revenir sur celui de Pacino, ici dans son propre rôle. Inutile de s'attarder sur le film, nouvelle association à son plus bas niveau entre Sandler et son complice Dennis Dugan, dont le chef d'oeuvre restera le très crétin aussi mais beaucoup plus drôle Rien que pour vos cheveux. La chose intrigue, si on peut dire, seulement pour la présence de Pacino, ici en plein rôle auto parodique et transi d'amour pour un Sandler à peine travesti qui ne fait rire personne, mais vraiment personne, en homme comme en femme. L'acteur de Scarface cabotine depuis longtemps et la plupart de ses projets (depuis L'Associé du diable à 88 Minutes en passant par Two for the Money ou même Ocean's 13) sont devenus des prétextes à venir faire son numéro en dépossédant le réalisateur de la mise en scène. Il n'incarne plus aucun personnage et tout les efforts de Lee Strasberg dont il a été l'un des grands poulains, avec De Niro, dans les années 70, sont réduits à néant. Pacino a toutefois conservé quelques trucs : le regard dans le vide ou perçant son partenaire, souvent accompagné d'un silence profond ; la maîtrise de l'espace par le corps et la parole qu'il hérite du théâtre ; une absence d'étonnement quasi constant malgré toutes les situations ; une tension élastique plus que nerveuse avec laquelle il entretient ses compositions de héros borderline. Mais tout ça n'est plus qu'une panoplie endossable à loisir, sans efforts, le sourire narquois aux lèvres.Personne n'est dupe du jeu qu'entretient aujourd'hui Pacino. Malin et décomplexé, l'acteur s'amuse et après avoir trouvé au cinéma ses plus grands rôles (Le Parrain, Serpico, Un après-midi de chien, Cruising, L'Impasse, Heat), il le traite comme une broutille, puisque rien ne compte plus que le théâtre. Mais même cette facette, que Sandler casse explicitement avec la complicité de l'intéressé, n'est plus à prendre si au sérieux. Les films, les pièces, tout est prétexte à venir jouer sans efforts, au mépris de la grande oeuvre (à moins que ça ne soit par politesse et humilité envers elle), ou parce que l'acteur n'a plus rien à prouver, puisque après tout il est une légende - et à quoi bon essayer de se succéder à soi-même lorsqu'on a brillé aussi haut chez Coppola ou Brian De Palma ? La question se pose encore quand en acceptant de jouer dans Jack et Julie, il bascule librement dans l'auto-dérision. Doublement lorsqu'à la fin du film, s'achevant sur une pub musicale où il se lance dans un rap bouffon pour Dunkin' Donuts, l'acteur demande à Sandler (réalisateur du spot) de la brûler. L'ordre est bien sûr ironique, ni plus ni moins qu'un nouveau clin d'oeil adressé au public pour dire que le mythe est intact, alors qu'il semble s'être effondré sous notre regard dans la plus parfaite connivence. Quoiqu'il arrive, Pacino garde le contrôle, il s'en sort toujours.La différence entre Pacino et De Niro tient à ceci que le premier n'est jamais ridicule, même en gigotant dans une fausse pub pour du café. Pourquoi ? Sans doute une question d'intelligence et de lucidité, peut-être aussi de technique qu'il a toujours maîtrisée et donc de tenue, mais aussi de distance et d'humour. Une manière de ne rien prendre trop au sérieux, se situer et s'engager mais en conservant une certaine liberté, une absence d'attaches pour ne pas se laisser happer comme l'ont été ses plus grands personnages (il n'a jamais été marié sans doute pas pour rien). Il y a désormais un rire et un oeil pétillant chez Pacino qui est celui d'une malice à l'égard des choses et du monde. On n'a pas exploré [peopleWilliam Shakespeare]Shakespeare[/people] sous toutes ses coutures sans retenir quelques leçons sur la nature humaine. L'âge n'est probablement pas en reste dans un certain cynisme taiseux et une attitude décontractée piratant si bien les oeuvres où il joue, que sa position à Hollywood devient moins évidente. Quoique toujours actif, on ose moins se frotter à lui, il est difficile de lui trouver une place, certains films sortent à peine ou en vidéo (le dernier Dito Montiel, The Son of No One). Mais comme De Niro, suivant une voie similaire en pire, Pacino continue et a trouvé un nouvel ami chez Barry Levinson (que la France boude au point de ne plus distribuer ses films depuis dix ans). Ensemble ils multiplient les projets, dont un biopic de Phil Spector où Pacino jouerait le rôle du célèbre producteur muscical. Tout se permettre sans sombrer et en s'assumant, même dans les pires endroits, est un luxe de dandy. Et si Pacino en était un ?Jérôme Dittmar © Sony Pictures Releasing France Jack et JulieDe Dennis DuganAvec : Adam Sandler, Al Pacino, Katie HolmesSortie en salles le 25 janvier 2011