Affiche J. Edgar

J. Edgar : critiques

La critique de Premiere

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  • 2
    L’approche d’Eastwood est tout entière contenue dans le titre du film – J. Edgar et non « Hoover ». Débusquer l’homme derrière le mythe du type qui aimait se travestir en femme. Charmeur mais mal à l’aise avec ces dames, écrasé par une mère ogresse, le patron du FBI était, au fond, « un petit bonhomme crevant de peur ». Peur d’aimer, peur d’être aimé de Clyde Tolson, son fidèle collègue. Eastwood, qui s’appuie sur un scénario de Dustin Lance Black, le jeune prodige auteur du script d’Harvey Milk, a fait de cette love story impossible le centre de gravité du film. Mais J. Edgar peine à se déployer dans sa dimension tragique. Sans doute parce qu’il brasse un peu trop d’éléments pour ne pas rester à la surface des choses. Et aussi parce que le récit est parasité par d’incessants allers-retours entre le passé et le début des années 70 (époque où il rédige ses Mémoires), ce qui permet à DiCaprio de livrer une performance transformiste dont on entendra parler aux Oscars. Dans le rôle ingrat mais décisif de la fidèle assistante d’Hoover, Naomi Watts ne démérite pas. À défaut d’être un Brokeback Mountain de la politique, J. Edgar, sous le couvert du film d’époque, dessine un captivant portrait de l’Amérique post-11 Septembre.

Les autres avis de la presse

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  • Rolling Stone ()4
    Malgré les couches de maquillage - les prothèses sont parfois un peu trop voyantes -, Leonardo DiCaprio impressionne par la nuance de son jeu, au même titre qu'Armie Hammer, déjà vu dans The Social Network. Même si le film trébuche sur ses (trop) hautes ambitions, la qualité de leur performance emporte le morceau.
  • Entertainment Weekly ()3
    Leonardo DiCaprio a donné beaucoup de belles performances, mais il a souvent été pris au piège dans une prédisposition à jouer les idoles des jeunes. Que ce soit dans le sombre Gangs of New York ou le film pop Inception, il réussi inévitablement à être fin, agile et passionné, avec ce visage de star de cinéma tel un lionceau. Je pense que cette qualité la quelque peu entravé dans Aviator, où il lui manque quelques marques de la gravité robuste dont faisait preuve Howard Hughes ; il était un garçon essayant de jouer un homme. Par conséquent, j'étais sceptique à l'idée de ce qu'il donnerait dans le rôle de l'impitoyable bulldog, trapu, qu'était le plus célèbre directeur - et dans bien des sens, le créateur - du FBI, J. Edgar Hoover. Mais dans ce portrait émotionnellement discret mais passionnant signé Clint Eastwood, DiCaprio fait plus que de disparaître derrière des lunettes et un maquillage le vieillissant. Il se transforme lui-même, à travers une prouesse d'acteur, de l'intérieur.
  • StudioCiné Live ()3
    Un biopic classique, de bonne facture, et un DiCaprio magistral.
  • Les Cahiers du cinéma ()4
    (...) La grande surprise est qu'au sein de cette histoire déjà bien compliquée, Eastwood parvient à filmer les plus belle des histoires d'amour. (...) ici il parvient rendre criant cet amour tout en respectant un système d'apparences mortifères. (...) Eastwood explore ce qu'il connaît dans cet homme ambitieux, fonctionnant à l'intuition, entouré de quelques fidèles et voyant plus grand que lui pour construire à lui seul une institution et perdurer.
  • Positif ()4
    A 81 ans, Eastwood surprend une nouvelle fois en livrant un anti-film d'action, autoportrait fantasmé d'un homme et d'un pays, et en chantant une grande histoire d'amour.
  • Fluctuat.net ()3
    Le Hoover de Eastwood est habité par la volonté inconsciente de superposer la patrie et la mère. Il veut sauver son pays moins pour répondre à sa seule ambition personnelle ou une quelconque croyance politique, que combiner plusieurs tenants de la mythologie américaine projetés dans la sainte figure maternelle.

    Ce destin, Eastwood le dépeint avec un flegme à la fois ample, tendu et discret. A l'aise dans le film en costume, l'auteur n'a jamais besoin d'appuyer sur les détails, l'ambiance ou un décor, tout est limpide, concret et assuré, sans décidément plus rien à prouver. En se focalisant sur une enquête, décisive dans les avancées des techniques et procédures du FBI dont il explore aussi le développement, il fluidifie l'intrigue, semant suspense et enjeux au fur et à mesure de son évolution. Le film évite ainsi certains mauvais pièges du biopic (retrouvés ailleurs), gagne en rythme, et donne plus de grain à son sujet. Mais ce plaisir du genre qu'Eastwood a raison de suivre pour mieux le lier aussi au cinéma (inévitable rappel de James Cagney et ses G Men), ne tient pas la longue distance. A force d'aller et venir entre les temporalités, il faiblit, emportant avec lui ses plus belles promesses. Eastwood manque de vue, il s'arrête trop tôt. Le rêve d'une Amérique sécurisée dans lequel croyait Hoover et dont le film ausculte l'effroyable impossibilité, n'atteint pas sa pleine puissance narrative, freiné en plein vol par la chronique de mœurs. Le prénom a le dernier mot. On aurait préféré passer définitivement de l'individu au monde. Eastwood a fait son choix.
  • Télé 7 jours ()3
    Après Mandela dans Invictus, Eastwood s'attache à une autre figure du XXè siècle, ancrée cette fois du côté obscur de "la Force". Mais c'est davantage à l'homme, plutôt qu'à sa légende (noire), qu'il s'attache avec la complicité d'un Leonardo DiCaprio qui l'incarne admirablement de 20 à 77ans. Le portrait est passionnant, mais incomplet : la position dominante et controversée de Hoover dans l'Histoire américaine n'est, hélas, qu'effleurée.
  • Nouvel Obs ()1
    Plus ça va, et plus le cinéma de Clint Eastwood semble dévitalisé. Témoin, ce morne et laborieux portrait de J. Edgar Hoover. Paranoïaque au dernier degré, obsédé par le péril rouge, prêt à tout pour protéger son pays – et se maintenir au pouvoir –, le tout-puissant patron du FBI servira sous quelque huit présidents. Ce Big Brother droit dans ses bottes de superflic, Eastwood en fait non pas vraiment un homo refoulé mais un type asexué. Un petit garçon à sa maman qui trouvera dans l’admiration du public un expédient à son absence de vie personnelle. Hoover ne connut jamais qu’une seule maîtresse: l’Amérique. Las !

    Desservi par un scénario confus signé Dustin Lance Black ("Harvey Milk"), qui multiplie inutilement les allers-retours temporels, le film se tient trop à distance du personnage pour rendre pleinement sa dimension tragique, et ce malgré un DiCaprio habité par le rôle.
  • Nouvel Obs ()1
    Le film se tient trop à distance du personnage pour rendre pleinement sa dimension tragique, et ce malgré un DiCaprio habité par le rôle.
  • Journal du dimanche ()2
    A l'arrivée, ce film, à la fois sombre et éclairé par une photographie très léchée, ne convainc pas totalement.
  • A voir à lire ()1
    A trop hésiter entre biopic, mélo et film politique, l’épopée de Clint Eastwood sur le légendaire et controversé fondateur du FBI emprunte des voies multiples... et finit par nous égarer, aussi bien que s’égarer elle-même.
  • Public ()3
    Ce film passionnant, qui couvre un demi-siècle de l'histoire des Etats-Unis, en dit long sur la paranoïa des dirigeants de ce pays et sur leur complexe de supériorité, toujours d'actualité.
  • Libération ()3
    Avec J. Edgar, il réalise sans doute un de ses films les plus ambitieux, bien aidé par un Leonardo Dicaprio magistral dans un registre mêlant l’antipathique au vulnérable qu’il maîtrise sur le bout des doigts.
  • 20 Minutes ()2
    La peine sourde d'un personnage pris dans l'engrenage qu'il a lui-même créé trouve sans doute un écho chez Eastwood, chevalier du 7e art au crépuscule de sa carrière.
  • Le Figaro ()3
    Dans son 32ème long-métrage Clint Eastwood fait le portrait intime du patron du FBI magistralement interprété par Leonardo DiCaprio.
  • Le Monde ()4
    (...) J.Edgar est une réussite, un film tourmenté et fascinant surgi des replis les plus ténébreux de l'histoire et de la psyché américaine.
  • Les Inrocks ()3
    Le pari de J. Edgar est de faire cohabiter le régime de la fresque historique et celui du film de chambre intimiste. D’un côté cinquante ans d’histoire américaine qui défilent à toute allure (au rythme des défilés d’investiture des successifs présidents qui passent tous sous la fenêtre d’Hoover), de l’autre une histoire aussi statique qu’une névrose, qui ne bouge pas d’un iota de 1924 à 1972 et se déroule presque exclusivement dans l’exiguïté de deux petits bureaux.
  • Les Inrocks ()4
    Alors que l'espoir nous avait presque quittés, emporté par les grandes eaux d'Au-delà, le grand Eastwood est de retour. Tout en s'inscrivant dans la lignée de l'histoire américaine racontée par papa Clint, J. Edgar, consacré au fondateur du FBI, se démarque du lot : le film de chambre prend presque le pas sur la fresque historique, les enjeux intimes supplantent quasiment les enjeux politiques, pourtant énormes, pour mieux les rejoindre souterrainement.
  • Télérama ()4
    Pour :
    Officiellement, c'est le por­trait du patron historique du FBI, à la longévité exceptionnel­le, en poste de 1924 à 1972. Secrètement, c'est le retour inespéré du Clint East­wood sentimental de Sur la route de Madison et du cinéaste crépusculaire de Million Dollar Baby. Comment ce mélange des gen­res est-il possible ? Contre toute attente, East­wood, étiqueté de droite, est impitoyable face à l'« oeuvre » du superflic John Edgar Hoover. (...) Etrangement, J. Edgar restera comme l'un de ses rares films d'amour. Et l'une de ses oeuvres les plus ténébreuses sur le thème du déclin.
  • Télérama ()1
    Après Scorsese qui s'égare dans un projet fait pour Spielberg (Hugo Cabret), c'est au tour d'Eastwood d'accepter un scénario qui aurait davanta­ge convenu à... Scorsese ! On y retrouve, d'ailleurs, son petit chouchou, Di Caprio. Mais aussi ses obsessions : l'ambition dévorante et la parano galopante. Sauf qu'avec ça dans les mains Clint perd tous ses moyens. (...) On s'ennuie ferme devant ce thé­âtre de chambre vieillot et funèbre, terriblement empesé, avec lourde clé psychanalytique
  • L'Express ()2
    (...) J.Edgar est-il le grand film annoncé ? Non. Et je m'en désole. Cela dit, je suis heureux, c'est un litote, de voir Clint Eastwood revenir des limbes après le trop moelleux Invictus et le comateux A Delà. Le cinéaste a retrouvé sa patte : classicisme discret, évidence du plan, atmosphère faussement alanguie qui joue l’accélération inattendue, impeccable direction d'acteurs - au premier rand desquels Leonardo DiCaprio, comédien décidément extraordinaire.
  • Paris Match ()2
    Instructif, mais peu captivant, ce biopic offre à DiCaprio l'occasion d'une belle métamorphose, mais pas d'un grand rôle. Aufond on regarde passer ce long film comme un train déjà pris. (...) Eastwood n'arrive pas à nous toucher.
  • CinémaTeaser ()3
    Clint Eastwood (...) signe un biopic atypique et émouvant réussi.
  • Fluctuat ()
    Figure charnière de la sécurité intérieure américaine et icône de son temps inspirant le cinéma, Hoover ne pouvait que passionner Clint Eastwood. L'homme de l'Ouest et le flic que le cinéaste a incarnés voient en lui le double tenant d'un mythe aux implications morales fascinantes, mais sur lesquelles il finit par s'égarer à force de ne résister au biopic.  Une lettre, un prénom, et tout est dit. J. Edgar pour Hoover, figure emblématique de l'Amérique et de notre modernité judiciaire, ex-patron du FBI qui le premier centralisera la police du pays et l'initiera aux nouvelles techniques scientifiques dont tous les CSI font désormais leur beurre. Plus qu'une personnalité, un pionnier, un visionnaire, un révolutionnaire discret sans qui, peut-être, les polices du monde n'auraient pas les mêmes méthodes aujourd'hui. Avant Hoover, il y avait le monde dont John Dillinger fut le dernier héros. Un espace de liberté quasi sans limites que Michael Mann a filmé dans Public Enemies, avec le basculement d'une époque à l'autre, du western et son idéal libertaire absolu à une nouvelle réalité policière qui s'inventera le film noir. Ce passage vers l'ère industrielle, cette mutation technologique, la rupture entre deux mondes, Hoover l'incarne mieux que personne et pour ce vieux cow-boy du vingtième siècle que demeure Clint Eastwood, il ne pouvait être qu'un sujet passionnant. Un héros concept incarnant les deux icônes sur lesquels l'acteur et réalisateur a bâti l'essentiel de sa légende, entre le flic et l'homme de l'Ouest.Pour en arriver là, il faut d'abord défaire ce nouvel Eastwood de ses faiblesses. Il n'y a pas plus de finesse dans ce J. Edgar que dans la plupart de ses autres films, mais on peut comme toujours en tirer quelque chose. En partant de ce prénom, l'auteur n'évite pas le biopic qui lui tendait les bras. Bien au contraire, il embrasse cette passion américaine pour l'intime, l'identité, pire, la sexualité, sujet rarement abordé par le cinéaste. Le Hoover d'Eastwood est donc un homosexuel refoulé, un vieux garçon écoutant consciencieusement une mère auprès de qui il reste jusqu'à ses derniers jours. De cette relation qui est aussi fêlure, Eastwood tire un premier constat, rapide et dérisoire, qui croquerait à gros traits la psychologie de Hoover. Ce portrait, qu'il dessine lentement pour lui donner un coup d'accélérateur sur la dernière partie du film (la moins bonne), Leonardo DiCaprio lui apporte son adipeuse tension nerveuse apprise chez Martin Scorsese. Le mauvais spectre emphatique de l'Actor's Studio n'est pas loin, mais la réserve d'Eastwood évite le pire et l'acteur retrouve dans ses meilleurs moments la saisissante rigidité de ses héros imposant leur vision au monde. Il redevient ce corps projectile et rapace, lancé dans l'action pour bâtir un rêve qui est aussi une fuite.A travers ce rapport à la mère, Eastwood tire un second constat, plus passionnant, sur lequel les questions d'identité et de sexualité s'évanouissent ou paraissent secondaires. Confidente, elle est plus que l'oreille mais la cause de Hoover. Celle vers qui il se retourne toujours pour prendre conseil et définir sa ligne de conduite. De la justice à la figure maternelle, se dessine une même trajectoire à la fois folle et rassurante. La quête obstinée d'un monde policé qui répondrait à la couche protectrice de la mère. Peu importe alors la longue et officieuse liaison amoureuse jamais consommée entre Hoover et son bras droit. Le film lui accorde une place trop importante probablement pour répondre encore aux contraintes du biopic ou plaire à l'intellectuellement obèse et suant James Lipton. Le Hoover de Eastwood est habité par la volonté inconsciente de superposer la patrie et la mère. Il veut sauver son pays moins pour répondre à sa seule ambition personnelle ou une quelconque croyance politique, que combiner plusieurs tenants de la mythologie américaine projetés dans la sainte figure maternelle.Ce destin, Eastwood le dépeint avec un flegme à la fois ample, tendu et discret. A l'aise dans le film en costume, l'auteur n'a jamais besoin d'appuyer sur les détails, l'ambiance ou un décor, tout est limpide, concret et assuré, sans décidément plus rien à prouver. En se focalisant sur une enquête, décisive dans les avancées des techniques et procédures du FBI dont il explore aussi le développement, il fluidifie l'intrigue, semant suspense et enjeux au fur et à mesure de son évolution. Le film évite ainsi certains mauvais pièges du biopic (retrouvés ailleurs), gagne en rythme, et donne plus de grain à son sujet. Mais ce plaisir du genre qu'Eastwood a raison de suivre pour mieux le lier aussi au cinéma (inévitable rappel de James Cagney et ses G Men), ne tient pas la longue distance. A force d'aller et venir entre les temporalités, il faiblit, emportant avec lui ses plus belles promesses. Eastwood manque de vue, il s'arrête trop tôt. Le rêve d'une Amérique sécurisée dans lequel croyait Hoover et dont le film ausculte l'effroyable impossibilité, n'atteint pas sa pleine puissance narrative, freiné en plein vol par la chronique de moeurs. Le prénom a le dernier mot. On aurait préféré passer définitivement de l'individu au monde. Eastwood a fait son choix.  Jérôme Dittmar   © Warner Bros. France   J. EdgarDe Clint EastwoodAvec Leonardo DiCaprio, Josh Hamilton, Naomi WattsSortie en salles le 11 janvier 2012
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