Indignados : critiques

La critique de Premiere

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    Peut-on voir Indignados comme le manifeste officiel du mouvement des Indignés ? A moins de se muer en spectateur ultra-libéral dédaigneux, difficile de lui décerner pareille médaille. Pour une raison simple : jusqu’à l’hispanisation du titre du livre de Stéphane Hessel, Tony Gatlif préfère surfer sur l’esthétique traditionnelle de la révolte alter mondialiste plutôt que de creuser en profondeur son sujet. Lequel se réduit en une suite de clichés : ici une canette vide qui roule sur le bitume (l’errance cabossée des migrants), là une cargaison d’oranges qui dévale les pentes d’un village en Méditerranée (le printemps arabe). Tout cela est bien joli mais vraiment trop court. Gatlif mélange tout (combattants de la liberté en Afrique du Nord, victimes de la crise en Europe), occulte quelques points cruciaux – pas une image sur l’exploitation au travail des sans papiers. Pas indigne, ce tract prêche les convaincus. Sa naïveté pourrait en irriter certains.

Les autres avis de la presse

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    Inspiré par Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, Tony Gatlif dresse un portrait de notre époque en crise. Hélas plus préoccupé par l'énergie contestataire qu'interroger les mouvements du monde, ne ressort de cet Indignados qu'un essai approximatif et affligeant.
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    Inspiré par Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, Tony Gatlif dresse un portrait de notre époque en crise. Hélas plus préoccupé par l'énergie contestataire qu'interroger les mouvements du monde, ne ressort de cet Indignados qu'un essai approximatif et affligeant.  On arrête plus la Stéphane Hessel mania. Après le livre, le film, par Tony Gatlif, remonté à bloc et trimballant sa caméra à travers l'Europe pour y capter la ferveur révolutionnaire qui monte. Comme l'auteur de Gadjo Dilo n'est pas documentariste, il lui fallait un personnage, un peu de fiction qui fasse aussi relais avec son propre regard. Ainsi Indignados suit la trajectoire d'une immigrée clandestine africaine, faite témoin de la misère et de cet élan contestataire qui gronde que le cinéaste voudrait rassembler sous l'étendard commode et franco-médiatique de l'indigné. Problème immédiat à ce dispositif trop bien attentionné, Gatlif s'enlise vite dans un lyrisme ne reposant que sur du vide et un point de vue extatique qui peine à justifier sa démarche. Il empile une farandole d'images prisent sur le vif, voulant suivre autant l'euphorie d'un mouvement qui s'étend, que les conditions désastreuses des exilés qui lui sont chers. Glissant ainsi sans cesse sur la réalité, il reste à sa surface sans jamais l'interroger, manière aussi de ne pas quitter un horizon médiatique qui aura fait son foin du best seller d'Hessel.Le film essai se transforme alors en pénible agrégat elliptique de plans ou de moments cherchant désespérément du sens à ce monde qui sursaute devant la crise financière ou les politques de droite. Sans donner la parole à quiconque, pas même à son héroïne, Gatlif organise un véritable hold up du réel, avec pas la moindre autre mise en perspective que rebondir sur les propos d'Hessel. En sort trois fois rien, sinon un montage de journal télévisé qui mettrait bout à bout des images qu'il pense faire coïncider avec l'humeur révolutionnaire du moment. Une humeur à laquelle on veut, avec une facilité exaspérante, faire dire ses bons sentiments et retrouver ce que George Orwell définissait, avec plus d'intelligence que Hessel, par la "décence ordinaire". Ainsi Gatlif, de la condition des clandestins, aux manifestations partout, pour des motifs divers dont il ne cherche jamais à remonter la pente, espère capter la dignité des hommes contre on ne sait quel pouvoir ou dérives, sinon toutes et donc aucune. Pas un seul moment on ira se demander qui sont ces gens, pourquoi ils manifestent ou pourquoi ils se trouvent là, puisque l'indignation justifie tout.Degré zéro du cinéma politique, Indignados fait de la peine en regard de tout ce qu'il est supposé montrer et d'une tradition du film tract rappelant la valeur de Jean-Luc Godard et des groupes Medvedkine. Gatlif espère enregistrer un mouvement, une pure tension énergétique qui se propagerait partout et dont l'indignation servirait de drapeau providentiel. Mais il ne voit pas qu'à convertir le ressentiment en humanisme, il ne fait que suivre un faisceau qui ne sait plus où il va, ou se plier à la confusion d'un monde auquel il ajoute un peu plus de brouillage. Parfois d'une niaiserie hallucinante (une pomme échangée dans une manif comme symbole de partage), Indignados ne propose pas plus qu'il ne cherche à comprendre ou disséquer. Il se contente d'être là, levant le poing ou les bras sur les hanches, rouspétant contre ce monde qui dégénère tel un millénariste en quête de valeurs nobles. Il est certainement temps de passer à autre chose, mais aussi d'y voir clair. Avec Hessel et Gatlif, on en est loin. Jérôme Dittmar   Indignados De Tony GatlifAvec Mamebetty Honoré DialloSortie en salles le 7 mars 2012
  • StudioCiné Live ()2
    Un film sur l'Europe révoltée où l'on peut se perde (...) Malgré de bonnes idées de mise en scène, la torpeur guette là où on devrait être saisi, et Tony Gatlif va jusqu'à perdre quelques spectateurs en route.
  • Les Cahiers du cinéma ()2
    (...) ce film sincère et naïf, mi fiction littéraire, mi-documentaire tourné sur place parmi les Indignados de Madrid, inspire un certaine forme de sympathie, ce qui peut être le pire des compliments.
  • Positif ()1
    Poème visuel en forme de documentaire pimenté d'un fil rouge fictionnel. On pense à Miklos Jancso pour l'imagination pictural qui fait parfois mouche (...) On pense à Jean-Luc Goddard pour les surimpressions de slogans sur l'image. On voit, en résumé, beaucoup de chose naïves, que la sincérité n'excuse pas toujours.
  • Journal du dimanche ()3
    Tony Gatlif ne filme qu'avec son coeur indomptable. (...) Ce film, poétique, semé de références aux oeuvres de Godard et de Chris Marker, a le mérite d'aller au-delà de la digression opportuniste ou du simple reportage.
  • Le Monde ()2
    "Indignados" n'a d'autre propos que de maintenir le niveau d'indignation de son auteur et de ses spectateurs et il n'est pas sûr que de ce point de vue, il fasse plus d'effet que n'importe quel journal télévisé.
  • Le Monde ()1
    "Indignados" n'a d'autre propos que de maintenir le niveau d'indignation de son auteur et de ses spectateurs et il n'est pas sûr que de ce point de vue, il fasse plus d'effet que n'importe quel journal télévisé.
  • Elle ()3
    Caméra à l'épaule, Tony Gatlif montre superbement l'exemple dans ce doc dont les plans punchy contrastent avec l'injustice qui enlaidit peu à peu cette bonne vieille Europe.
  • Les Inrocks ()1
    Plutôt convaincant lorsqu’il se contente de filmer les révolutions au travail (sa veine buissonnière, la meilleure), Tony Gatlif s’abandonne encore à des séquences lyriques disgracieuses où les symboles censément poétiques clignotent à nos yeux étourdis puis aveugles.
  • Nouvel Obs ()1
    « Indignados », porté par la rage du réalisateur depuis le discours « anti-Roms » de Sarkozy à Grenoble (juillet 2010) et tourné dans l’urgence, souffre d’un vrai manque de colonne vertébrale. Il convainc, çà et là, par ses fulgurances poétiques (...) ou sa pudeur (...).
  • Télérama ()1
    Stimulé par le manifeste best-seller de Stéphane Hessel, Tony Gatlif prend sa caméra pour dire le sort misérable des clandestins à travers l'Europe et pour suivre un cortège d'Indignés en Espagne. Du ciné-tract véhément, mais aussi naïf et monocorde.
  • Le Parisien ()1
    (...) ce film à fleur de peau, à fleur d'image et assourdi de musique, pâtit d'être trop brouillon quand il ne s'englue pas dans d'interminables séquences.
  • Libération ()1
    Sympathique et foutraque, Indignados a un peu trop tendance à dire que l'on a raison d'avoir raison contre les méchants capitalistes sans véritablement réfléchir sur les causes de l'exténuation rapide de ces mouvements habités par un vrai humanisme mais politiquement désorganisé.
  • L'Express ()4
    Tony Gatlif est un cinéaste. Et, quand il est bon, il est sacrément bon, comme ici, où il redouble d'imagination pour servir "sa" cause (...) les métaphores sont imparables (...) on pense à Chris Marker à Siegfried à JR...On pense surtout que Gatlif signe là un de ses meilleur film.