Affiche Inception

Inception : critiques

La critique de Premiere

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    Après le succès total (public et critique) de The Dark Knight, Christopher Nolan s'octroie une pause auteurisante avec Inception. Tu parles d'une pause ! Nolan commet l'exploit de réunir le casting le plus brillant de l'année (autour de Di Caprio / Cotillard, on trouve les indispensables Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt, Cillian Murphy, Ellen Page), dans une intrigue complètement dingue dans son fond comme dans sa forme. D'une beauté hallucinante (certaines séquences sont à tomber par terre), ce film de casse mental, dont il serait criminel de révéler le moindre détour de scénario, est bien parti pour être le mètre étalon des thrillers de studio pour la décennie qui vient.

Les autres avis de la presse

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  • Pariscope () 3
    Ces 2h28 minutes de projection nous plongent dans un fantastique voyage au cœur du cerveau humain. De splendides effets spéciaux qui font parfois regretter la non-utilisation de la 3D, une musique signée Hans Zimmer, un Leonardo Dicaprio bien plus convaincant que chez Scorsese il y a quelques mois dans un rôle à sa mesure, une Marion Cotillard qui continue son chemin dans le cinéma américain : « Inception » est un film magnifique, qui captivera les adultes et les jeunes d’aujourd’hui déjà dans l’interactivité et le virtuel, et qui, bientôt, se scanneront à l’aide des caméras de leurs ordinateurs, pour devenir les héros d’histoires choisies en s’immergeant en elles. Cette œuvre d’un grand artiste nous dit notre proche avenir : alors profitons des salles obscures pour le découvrir.
  • Télé 7 jours () 4
    Avec un casting premium et des effets spéciaux renversants, dans tous les sens du terme, il orchestre, entre Matrix et Minority Report, un blockbuster cérébral, haletant et passionnant. Du ciné fantastique, assurément.
  • Fluctuat.net () 3
    Miraculeusement, Nolan évite pourtant la surchauffe. L'expérimentation visuelle de la dilatation temporelle et des fluctuations de la pesanteur, selon les degré de torsion des registres oniriques, y sont pour beaucoup, offrant au réalisateur un terrain de jeu infini, parfois sidérant : repères brouillés, mouvements aquatiques, ralentis à couper le souffle.
    Mais sans doute moins fascinant que le paysage du subconscient violenté, exténué, asexué, d'un Léonardo DiCaprio fiévreux, au visage fermé : Inception, comme Shutter Island, semble avoir été vampirisé, et par-là même revitalisé par l'acteur, devenu chair émouvante d'un film-cerveau, brillant mais déconnecté du sensible.
  • Les Inrocks () 4
    Tranquillement, et sans avoir à rougir, Nolan nous promène ainsi dans son musée personnel du cinéma. Seulement, à l’opposé de ce à quoi le cinéma américain nous a habitués depuis trente ans, il s’agit d’un musée sans poussière, et sans ironie, un musée dont chaque pièce serait tel un original.
    A cette idée, Nolan ajoute un principe qui fait basculer son film dans le drame sentimental métaphysique : en effet, plus on s’enfonce dans les couches oniriques, plus le temps avance lentement, si bien qu’une seconde dans le monde réel peut durer un siècle, en bout de chaîne.
    Outre la maîtrise de l’espace (la fiction comme fabrique d’univers), DiCaprio possède donc celle du temps (devenir immortel) – du moins en a-t-il l’illusion. Et ainsi de rejouer le mythe de Prométhée : se croyant capable de se mesurer à Dieu, le héros nolanien s’en trouve toujours enchaîné pour l’éternité, seul, broyé dès lors que l’être aimé n’est plus là pour partager.
    Eloge de la toute-puissance de la fiction sur le réel, Inception en est aussi, par conséquent, le tombeau implacable.
  • 20 Minutes () 3
    Après le superbe The Dark Knight, le chevalier noir, Christopher Nolan persiste et signe dans le domaine de l’aventure échevelée et de la splendeur visuelle.
    Bien sûr, il faut faire un petit effort d’attention pour ne pas se perdre dans une intrigue en forme de labyrinthe où l’espace et le temps se transforment en pâte à modeler pour cinéaste visionnaire. Faire faire de la gym aux cellules grises leur sera salutaire en plein été surtout que le jeu en vaut largement la chandelle. Les yeux sont tout autant régalés que le cerveau par des décors évolutifs dans lesquels le cinéaste s’amuse à nous perdre en même temps que ses héros. On sort de la salle avec la tête à l’envers et l’envie de crier «encore» comme après un magnifique feu d’artifices.
  • Le Parisien () 3
    Quel choc! On ressort d’« Inception » comme du premier « Matrix », impressionné, sonné même, avec la certitude d’avoir vu un film qui fera date et l’envie d’y retourner rapido.
    Christopher Nolan (« Memento », « The Dark Knight ») emboîte des rêves les uns dans les autres et réussit à balader le spectateur, sans (trop) le perdre, dans plusieurs univers simultanément. C’est complexe, passionnant, ludique, très beau aussi. Grâce à des effets spéciaux bluffants, les personnages se mettent soudain à marcher au plafond, une rue de Paris se plie en deux, un train de marchandises déraille en plein Los Angeles ; bref, on rêve debout. La perfection visuelle surpasse parfois l’émotion ; cependant, les acteurs, Leonardo DiCaprio en tête, réussissent leur coup haut la main.
  • Le Monde () 4
    Construite sur le principe des histoires en abyme, obligeant ces étranges espions à imaginer les décors déroutants de leurs plongées oniriques et à emboîter plusieurs rêves les uns dans les autres, cette intrigue est de nature à combler les tenants du spectacle à l'hollywoodienne. Truffée d'effets spéciaux, elle donne lieu à des jeux de miroirs sous le métro aérien parisien, une poursuite échevelée dans les ruelles de Mombasa au Kenya, des constructions virtuelles qui s'écroulent, des pieds de nez à l'équilibre, marches au plafond, combats en apesanteur, final à la James Bond, suspense crispant.
  • A voir à lire () 4
    Thriller haletant, science fiction "matrixienne", action movie pétaradant, film catastrophe abracadabrant, love-story de légende... Inception c’est tout cela à la fois, mais tellement plus encore. Comment retranscrire en quelques mots la fluidité de la caméra de Nolan qui a encore mûri depuis Dark Knight ? Comment communiquer sur le papier l’intensité des récits ingénieusement enchassés ? Comment faire résonner l’exceptionnelle bande-originale d’Hans Zimmer qui signe là l’apogée de sa carrière ? Et surtout comment partager le plaisir ressenti face au casting le plus royal de l’année ? Leonardo DiCaprio dans un rôle étourdissant de souffrance qui n’est pas sans rappeler le personnage qu’il campait dans Shutter Island (le thriller diabolique de Scorsese étant finalement très proche d’Inception !). Notre Marion Cotillard internationale désormais, remarquable en femme fatale mystérieuse. Sans oublier Joseph Gordon-Levitt qui a gravi les échelons après Mysterious skin, ou encore Ellen Page qui ne cesse de mûrir depuis Juno. Sans oublier le magnétique Cillian Murphy, grand habitué de la filmographie de Christopher Nolan.
    Dans tout cela, on ne vous dit finalement pas grand-chose du récit, de ses rebondissements ou des effets-spéciaux démesurés dont on a un petit avant-goût dans la bande-annonce. Non, ce film-là se doit d’être découvert sur (très) grand écran sans trop en savoir à l’avance, si ce n’est, en lisant ces quelques lignes, qu’Inception, c’est la promesse de recevoir une putain de claque dans la gueule avec l’envie miraculeuse de pleurer en sortant tellement la fin est belle et émouvante.
  • Télérama () 1
    La fausse bonne idée de Christopher Nolan consiste précisément à mettre en scène le rêve comme un jeu vidéo en ligne. Dont il ne retient que la propension des joueurs à canarder tout ce qui bouge. Sans nécessité dramaturgique, les fusillades monstres s'enchaînent, par niveaux de difficulté croissants, dans des décors toujours plus spectaculaires, ne demandant qu'à exploser. L'intrigue psychologique, empreinte d'un freudisme simplet, n'a qu'un strapontin : l'épouse défunte vient hanter les rêves du héros. C'est Marion Cotillard. Est-ce en hommage à sa performance dans La Môme qu'on entend à plusieurs reprises Non, je ne regrette rien ? DiCaprio se retrouve, lui, en veuf torturé par la culpabilité, exactement comme dans Shutter Island, de Scorsese, l'intensité en moins. Soit deux « hasards » bien malheureux...

    Si Inception se veut un thriller à la Philip K. Dick, sur les mondes virtuels, sur la réalité et l'illusion, il tend sans l'égaler vers Matrix, autre film d'action mental, nourri de jeu vidéo, mais beaucoup plus riche, conceptuel et élégant. Si Christopher Nolan ambitionne une plongée en plein cauchemar, le résultat fait pâle figure, pour rester poli, comparé au dernier chef-d'oeuvre du genre, Mulholland Drive, de David Lynch. Ici, les idées intéressantes ne manquent pas : la mort comme seul moyen de se réveiller ; les rêves dans le rêve, avec des effets de dilatation ou de contraction du temps. Mais ce ne sont que des trucs passagers, au service d'une histoire décevante, et ensevelis sous un déluge visuel, à l'insistance plus soporifique qu'onirique.
  • Journal du dimanche () 4
    C'est le projet le plus ambitieux de l’année. Une fois tous les dix ans, dans l’histoire du cinéma, des films marquent une étape. Pas seulement du point de vue technique. Ils proposent un nouveau concept aux spectateurs, qui fait voler en éclats leurs repères, leurs préjugés, et stimule leur imagination. (...)
    Si le début peut sembler théorique, le scénario se révèle limpide et sophistiqué. Christopher Nolan fait rimer blockbuster avec film d’auteur: les effets spéciaux, hallucinants et jamais gratuits, servent une manipulation inspirée, à la mécanique implacable. Ils n’occultent pas le drame du personnage qui doit exorciser son passé. Depuis Memento (2000), le cinéaste élabore des puzzles mentaux. Aujourd’hui, il invite le public à le suivre dans un labyrinthe onirique aux possibilités illimitées. Quant au fait de suggérer une idée à quelqu’un qui va déterminer son comportement et son avenir, ça donne le vertige. Les comédiens, excellents, sont sur un pied d’égalité. Dans un paysage hollywoodien qui ne mise que sur les suites et les remakes, on se délecte de cette démarche originale, qui procure une sensation d’apesanteur assez jubilatoire.
  • Journal du dimanche ()
    De la déception, une dose d’ennui, pas mal de prise de tête! Avec en prime, une bande-son assourdissante qui ne se tait jamais. Voilà donc Inception, un film-puzzle aussi déroutant qu’il tente d’être compliqué. Car, en fait, l’intrigue de départ s’appuie sur un ressort très simple: un homme ne se remet pas de la mort de sa femme, dont il est en partie responsable… La suite, entre espionnage et machination, s’enchevêtre dans un dédale de réalités virtuelles. Le scénario, sorte de grand jeu vidéo, surfe sur une construction gigogne: une situation qui n’est pas réelle, qui n’est pas réelle, qui n’est pas réelle, etc. avec parfois un retour au monde actuel. Mais vous ne pouvez pas en être sûr. Plein d’effets, mais bien réalisé avec des interprètes poids lourds, on ne doute pas qu’une telle entreprise remportera un vif succès. Pour autant, ce film nous a laissés à la porte des rêves qu’il prétend procurer. Il y a du Matrix dans Inception, mais justement, on l’a déjà vu.
  • Chronic'art () 4
    Rien ne semble résister à ce transcendant logiciel d'architecture, paradis formel pour metteur en scène où tout, temps comme espace, est modulable, divisible. Le film introduit néanmoins une zone récalcitrante, une sorte de hors champ magnétique et psy - on nage tout de même en plein subconscient. Cobb voit s'introduire dans la machine un virus qui, reflux d'un trauma ancien, prend le visage de Marion Cotillard - épouse mystère, image contrariante qui, à elle seule, déplace les enjeux, poussant le récit à changer de cadre et de regard (troublé, Cobb laisse à son assistante une partie des commandes). Hypothèse de mélo que le cinéaste se contentera d'effleurer (le segment est beau mais un peu froid, théorique), davantage intéressé par les conséquences formelles d'une telle boucle sur le récit : prendre une image en filature, la décortiquer, et puis revenir à la mission, comme on remonte à la surface. Dans le détail, cela donne des effets ludiques de vases communicants : une plongée traumatique dans les limbes se répercute au niveau supérieur, comme une onde de choc (les corps de l'équipe de Cobb, agités dans leur sommeil, menaçant de se réveiller au mauvais moment). Plus largement, le film d'action se double d'une puissance émotionnelle (le côté Oscars), que Di Caprio prend seul en charge. De la récréation nerd d'un Matrix, Inception dérive alors discrètement vers de Palma, en moins érotique : quête éperdue de l'image manquante, portrait d'obsessionnel mélancolique (Di Caprio impérial, version high-tech du Travolta de Blow out). Grand film, assurément, signé d'un cinéaste qui tient visiblement la forme de sa vie.
  • Fluctuat () 3
    « Ce prodigieux génie n'exalte pas tant qu'il n'écrase. », disait André Gide de Richard Wagner. On pourrait en dire autant de Christopher Nolan, dont l'oeuvre, plus brillante que bouleversante, ressemble à un rouleau-compresseur. Dopé par les moyens d'une superproduction digne des deux Batman (Batman Begins et The Dark Knight), Inception s'inscrit dans cette lignée de thrillers mentaux en acier chromé (Memento, Insomnia , Le Prestige) qui ont fait sa renommée. Dom Cobb (Leonardo DiCaprio), excelle dans l'extraction, c'est-à-dire, littéralement, le braquage de rêves. Les multinationales s'arrachent les services de Cobb car son art illégal lui permet voler les secrets industriels les mieux enfouis dans les pensées des concurrents. Mais loin de son foyer, Cobb est seul, exilé, endeuillé depuis la mort de sa femme. Recherché par la police, cet espion du subconscient trouve l'occasion de revoir ses enfants, par l'intermédiaire d'un contrat avec un riche Japonais. Il doit cette fois non plus dérober, mais implanter une idée dans le cerveau d'un richissime héritier, selon une opération périlleuse appelée « inception ». Dreamer IslandDès les premiers plans - Leonardo DiCaprio dans un sale état, échoue sur une île inquiétante avec une mission - Inception noue une parenté intrigante avec un autre film récent, Shutter Island. Tout comme le thriller psychiatrique de Martin Scorsese, le film de christopher nolan prend la forme d'un long voyage dans le cerveau torturé de DiCaprio. L'acteur incarne à nouveau une intelligence solitaire confrontée, sinon à la folie, du moins à sa part malade, obsessionnelle. A mesure que progressent les préparatifs du « casse » mental (team building de luxe avec Tom Hardy et Joseph Gordon-Levitt ; formation de la jeune « architecte » jouée par Ellen Page), noyauté par l'esprit de Cobb/DiCaprio, le récit est contaminé par des motifs ancrés dans son propre subconscient : l'absence des enfants, d'abord, dont les visages restent masqués, mais aussi et surtout la présence d'abord romanesque puis inquiétante de Mall (Marion Cotillard), sa femme décédée dans des circonstances tragiques. A travers cette cohabitation mélodramatique et mortifère (Shoah/incendie chez Scorsese, prison/île dévastée chez Nolan) illustrant l'impossibilité du deuil qui ronge le personnage de DiCaprio dans les deux films, Scorsese et Nolan revisitent aussi l'une des figures totémiques du film noir, la femme fatale. Mécanique virtuoseC'est d'ailleurs dans ce registre plus risqué (le mélodrame), qu'Inception, film noir (dé)construit en flashbacks/rêves tout comme Shutter Island, dévoile son flanc le plus troublant, et ce malgré le jeu maladroit de Marion Cotillard. Car qu'est-ce donc que ces deux films, sinon des mécaniques virtuoses, et donc closes sur elles-mêmes ? Avec un sens aigu de la narration éclatée, le cinéaste britannique multiplie les chausses-trappes, dissémine les indices, emboîte et disloque les registres de rêves selon une structure « poupée-russe » dont il a le secret (cf Memento) : on en reste coi, bluffé par cette architecture en trompe l'oeil, mais aussi légèrement essoré, écrasé par les rouages de ce char d'assaut massif avançant du soleil de Tanger aux neiges canadiennes, sur une musique guerrière (le très wagnérien Hans Zimmer à la baguette). Le vertige le dispute constamment à l'épuisement. Miraculeusement, Nolan évite pourtant la surchauffe. L'expérimentation visuelle de la dilatation temporelle et des fluctuations de la pesanteur, selon les degré de torsion des registres oniriques, y sont pour beaucoup, offrant au réalisateur un terrain de jeu infini, parfois sidérant : repères brouillés, mouvements aquatiques, ralentis à couper le souffle. Mais sans doute moins fascinant que le paysage du subconscient violenté, exténué, asexué, d'un Léonardo DiCaprio fiévreux, au visage fermé : Inception, comme Shutter Island, semble avoir été vampirisé, et par-là même revitalisé par l'acteur, devenu chair émouvante d'un film-cerveau, brillant mais déconnecté du sensible. InceptionDe Christopher NolanAvec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Tom Hardy, Michael CaineSortie en salles le 21 juillet 2010[mediabox  id_media="130292" align="null" width="550" height="366"][/mediabox] Illus © Warner Bros. France Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil cinéma fantastique sur le blog cinéma- Christopher Nolan sur Flu : lire les critique de Batman Begins (2005), Le Prestige (2006), The Dark Knight (2009)
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