Affiche Illegal

Illegal : critiques

La critique de Premiere

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  • 3
    Filmé comme en images volées, au plus près des visages et des corps, sans pathos ni folklore, Illégal observe, à travers Tania, tous ces êtres qui rêvent d’une terre d’accueil. Le titre renvoie à ce que les autorités sont prêtes à faire endurer aux « indésirables » pour s’en débarrasser. Anne Coesens, excellente actrice francobelge, s’est glissée avec fougue dans la peau d’une immigrante russe. Quelques facilités éparses et une fin abrupte ne retirent ni son intérêt ni son effarante actualité à cette oeuvre grave et délicate.

Les autres avis de la presse

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  • Positif ()2
    Illégal n'est pas un si mauvais film. Mais il n'apporte rien au débat qu'il prétend engager.
  • Elle ()3
    Un film oppressant et sacrément efficace, hyper réaliste, qui frôle presque le documentaire tant il est en total résonance avec l'actualité.
  • Fluctuat.net ()1
    Les personnages sont caractérisés à la va-vite, souvent avec maladresse. Ainsi, pour installer un climat de complicité entre la mère et son fils, alors qu'un monsieur séduisant bigle Tania dans un bus, son fils lâche un improbable : « Maman relax, le mec te drague c'est tout ! ». On n'y croit pas plus qu'au théâtral revirement de la matonne sympa-malgré-son-métier-mais-faut-bien-bosser, qui jette son uniforme au sol suite au suicide d'une sans-papier noire et rebelle jusqu'au bout, ou à l'intervention hollywoodienne du vieux pilote d'avion quand il s'oppose aux policiers qui maltraitent Tania : « La loi ici Monsieur, c'est moi ». Tout cela est si manichéen, qu'on sort presque de la séance la conscience tranquille : un comble, pour un film censé interpeller les foules. Le mot de la fin revient à l'un des méchants flics : « Tout ça pour en arriver là ? ».
  • Les Inrocks ()1
    Olivier Masset-Depasse réalise un film réaliste, implacable, documenté, sur le sort réservé aux illégaux en Europe. Mais peu inspiré sur le plan du cinéma.
    Les gros plans sur le visage accablé de désespoir d’Anne Coesens ne suffisent pas à faire décoller ce film militant, qui rate un peu l’occasion de devenir aussi un grand mélo. Un film politiquement juste, mais sans ambition formelle.
  • Le Parisien ()3
    En reconstituant, à la manière d'un reportage de l'intérieur, le cadre brutal et sordide des centres de rétention, le réalisateur belge Olivier Masset-Depasse parvient à donner une charge émotionnelle intense à une histoire tristement ordinaire, comme celles qu'on nous relate à longueur de journaux télévisés. Sans jamais tomber dans l'outrance ni le pathos, il rend justice au destin des sans-papiers, particulièrement à celui de Tania, une mère courage formidablement interprétée par l'actrice Anne Coesens. Remarqué au dernier Festival de Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, ce film a été sélectionné pour représenter la Belgique aux prochains Oscars.
  • Le Monde ()3
    Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, Illégal s'impose comme un témoignage poignant sur une femme traquée, symbole des clandestins aux abois. Un témoignage suffisamment fort pour rendre inutiles les quelques échappées musicales dont le réalisateur a cru bon de l'égayer.
  • Télérama ()3
    Caméra à l'épaule, plans serrés sur les corps et les visages : la mise en scène rend palpable l'état de précarité absolu dans lequel les clandestins sont maintenus. Traqués à l'extérieur, sursitaires à l'intérieur. Certaines scènes sont d'un réalisme terrifiant, presque documentaire - les policiers utilisent un matelas pour tabasser la jeune femme sans laisser de traces. Illégal n'est pourtant pas dénué d'espoir : même privée de droits et de liberté, Tania continue de lutter. Pour ne pas être séparée de son fils, elle est prête à tout, y compris à se brûler le bout des doigts pour empêcher son identification. De tous les plans, la comédienne Anne Coesens est d'autant plus émouvante qu'elle exprime avec sobriété la détermination viscérale de son personnage. Plus qu'un film-constat, Illégal est un appel à la vigilance, à la résistance, face aux dérives de nos démocraties.
  • Journal du dimanche ()2
    Comme un reportage, la caméra suit au plus près les corps pour mieux rendre l’urgence de la situation. La sobriété de la réalisation n’empêche pas l’empathie avec les personnages qui se débattent comme ils peuvent face à une société qui ne veut pas d’eux. Ici et là, il y a bien quelques facilités – un flic facho au crâne rasé, un commandant de bord irréprochable –, mais, à travers l’interprétation d’Anne Coesens, Illégal rend justice aux sans-papiers.
  • Nouvel Obs ()2
    Certaines scènes ne sont pas convaincantes. D’autres ont des allures de clip. Mais, dans l’ensemble, le réalisateur tient son film, principalement tourné caméra à l’épaule, grâce à son approche documentaire et documentée du sujet.
  • Fluctuat ()
    Le calvaire d'une sans-papier modèle en Belgique, pour un film engagé plombé par son absence de point de vue. Manquant désespérément d'esprit de subversion, Olivier Masset-Depasse déroule un programme aussi linéaire qu'un tract politique, et fait ainsi mentir le titre, Illegal.Bien qu'elle soit sans-papier et Russe, Tania est blanche, éduquée, elle travaille, parle parfaitement le français, et son fils va à l'école. Tania est jouée par Anne Coesens, une actrice Belge : bref, Tania est comme vous et moi, ce qui ne doit pas manquer de provoquer une empathie facile chez le spectateur européen moyen. Partant de là, le réalisateur Belge Olivier Masset-Depasse construit un portrait de mère courage injustement enfermée dans un centre de détention, et séparée de son fils de 14 ans, Yvan. Le fond, dénonçant la violence aveugle des politiques d'exclusions des sans-papiers, est difficilement attaquable. Le film, documenté, permet d'ailleurs d'apprendre quelques réalités, comme l'impossibilité qu'ont les autorités d'expulser des sans-papiers, tant qu'ils n'ont pas leur identité. Le sans-papier devient alors un coffre qu'il s'agit de faire céder, selon les modalités d'un duel psychologique. Il y avait là matière à instaurer une véritable tension cinématographique, malheureusement sous-exploitée.La manière, elle, appliquée mais consensuelle au possible, déroule son fil sans peur d'enfoncer des portes ouvertes. Masset-Depasse adopte la panoplie du cinéma social et engagé moderne : les teintes bleu-kaki qu'on retrouve dans le cinéma roumain des années 2000, pour dire l'enfermement et la déshumanisation, et la caméra à l'épaule, faire sentir la rage qui anime cette femme blessée. La mise en scène se veut sobre, digne, en retrait derrière son sujet. Mais le pathos est permanent dans Illegal, du compte à rebours sur le téléphone reliant la mère au fils par une carte quasi-périmée, à la scène de retrouvaille muette à travers la vitre de la prison, en passant par le foot sur fond de musique folk entre détenues, la rébellion héroïque des passagers contre les policiers dans l'avion chargé d'expulser Tania hors du territoire, et le final larmoyant de la mère brisée par le système courant vers son fils en souriant, au ralenti. Les personnages sont caractérisés à la va-vite, souvent avec maladresse. Ainsi, pour installer un climat de complicité entre la mère et son fils, alors qu'un monsieur séduisant bigle Tania dans un bus, son fils lâche un improbable : « Maman relax, le mec te drague c'est tout ! ». On n'y croit pas plus qu'au théâtral revirement de la matonne sympa-malgré-son-métier-mais-faut-bien-bosser, qui jette son uniforme au sol suite au suicide d'une sans-papier noire et rebelle jusqu'au bout, ou à l'intervention hollywoodienne du vieux pilote d'avion quand il s'oppose aux policiers qui maltraitent Tania : « La loi ici Monsieur, c'est moi ». Tout cela est si manichéen, qu'on sort presque de la séance la conscience tranquille : un comble, pour un film censé interpeller les foules. Le mot de la fin revient à l'un des méchants flics : « Tout ça pour en arriver là ? ».IllegalD'Olivier Masset-DepasseAvec Anne Coesens, Esse Lawson, Alexandre GolntcharovSortie en salles le 13 octobre 2010 Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma