Harvey Milk : critiques
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La critique de Premiere
(1) 4- Mathieu Carratier4Vibrant de militantisme, le film a l'intelligence de ne pas ressembler à un tract partisan. Il s'agit plutôt d'une invitation à la tolérance, adressée avec le même sourire accueillant mais déterminé que celui offert par Milk à ses recrues. Harvey Milk n'est pas seulement une oeuvre brillante mais essentielle, habitée par la performance stupéfiante de Sean Penn. Grâce à lui, aux interprétations aiguisées de Josh Brolin et de James Franco, à la photo renversante d'Harris Savides et à la puissance discrète de la mise en scène de Gus Van Sant, Harvey Milk se voit comme du petit lait.
Les autres avis de la presse
(8) 3- Journal du dimanche (Barbara Théate) 3Evitant les pièges de l'hagiographie complaisante, cette biographie militante et passionnante réussit à conjuguer intimité du personnage et contexte politique.
- Télé 7 jours (Viviane PESCHEUX) 2A l'écran ? La mise en scène du toujours très inspiré Gus Van Sant (Last days). Dans le rôle-titre ? Sean Penn, magistral. Il montre une fois de plus qu'il peut tout jouer.
- Elle (Françoise Delbecq) 4Gus Van Sant ne prend pas position, il se permet juste de raconter les faits et de démontrer le courage, l'obstination, la foi en la démocratie d'un citoyen américain. Cette fois, avare de travellings circulaires et de ralentis, il laisse la part belle au fond et non à la forme. A voir absolument.
- Le Monde (Thomas Sotinel) 4Il y a de la révérence dans le portrait d'Harvey Milk que font Gus Van Sant et Sean Penn, un soin minutieux à mettre en évidence sa force de conviction, son humanité, sa fragilité. Il faut oublier la connotation péjorative qui s'est attachée au terme d'icône, et se souvenir qu'une icône, c'est d'abord un oeuvre d'art, parfois un chef-d'oeuvre. Face à cette icône gay, il faut avoir une capacité de résistance peu commune, aux émotions comme aux arguments, pour ne pas sortir de la salle empli d'admiration, pour le film comme pour son sujet.
- Télérama (Aurélien Ferenczi) 3Le récit balisé, façon « biopic », fait la part belle aux scènes attendues (discours de campagne, soirs de défaite ou de victoire, conflit entre vie privée et vie publique). Mais le cinéaste le transfigure par un style inventif, synthèse de son art le plus radical (celui qui a donné Gerry ou Last Days) et de son talent de « story-teller » classique (Will Hunting ou A la recherche de Forrester). La façon très libre dont il mêle archives et fiction est remarquable, tout comme l'économie de moyens qui évite une reconstitution trop ostentatoire.
- Paris Match (Alain Spira) 3Totalement au service de l'Histoire et de son personnage central, Gus Van Sant nous offre ici une saga biographique d'envergure comme seuls les Américains savent le faire. Sean Penn campe ce personnage avec un tact et une subtilité qui forcent le respect.
- Fluctuat () 3Film engagé, Harvey Milk montre l'oppression des homos et la lutte pour la reconnaissance de leur droits, dans une reconstitution méticuleuse du San Francisco des 1970's, avec un Sean Penn génial, déjà oscarisé. Gus Van Sant parvient à trousser un habile biopic d'utilité publique, assez prévisible mais élégant. Après la tétralogie Gerry/Elephant/Last Days/Paranoid Park, tournée vers l'adolescence et l'expérimentation formelle, Gus Van Sant remet un peu de classicisme dans son cinéma avec Harvey Milk. A travers ce biopic, le réalisateur s'intéresse au premier homme politique américain ouvertement gay à avoir été élu à des fonctions officielles. Le film retrace les huit dernières années de l'existence d'Harvey Milk, commentées par Milk (Sean Penn) lui-même, peu avant son assassinat, en 1978. De manière classique, Gus Van Sant remonte le cours du temps, chronologiquement, en partant du début des années 1970, quand Milk ouvre son petit magasin de photo avec son amant, dans le quartier de Castro, San Francisco. Reconstitués avec minutie, le lieu et l'époque sont dépeints dans des tons bleutés, délavés comme des jeans, avec un grain et un filmage nerveux vintage, façon Nouvel Hollywood : écran splitté, montage « arty » intercalant des photos et des images d'archives dans le récit. A lire Un portrait de Sean PennL'ascension de Milk commence par un coup réussi, le boycott de la bière Corrs dans le Castro. La suite sera plus difficile, marquée par deux campagnes du politicien homosexuel pour le poste de superviseur au conseil de San Francisco, soldées par deux échecs, et des inimitiés. Avant, bien sûr, la grande victoire. Comme dans la majorité des biopics, le film confronte le destin exceptionnel du héros à sa vie personnelle accidentée et solitaire - le lot des martyrs. Gus Van Sant réussit de belles scènes intimes, surtout dans la première partie du film (James Franco shooté en noir et blanc, Emile Hirsh dragué dans la rue par Sean Penn), qui dessinent un portrait de Milk en séducteur drôle et félin, à la violence sans cesse contenue. Ensuite, ses amours sont sacrifiées sur l'autel de l'ambition politique (le duel avec le superviseur catholique Dan White, excellent Josh Brolin), et relégués par Van Sant au second plan : en effet, se battre pour les droits des homosexuels est un job à plein temps, dans une Amérique pré-Reagan très conservatrice. Outre les violences physiques qu'ils risquent en s'affichant dans la rue, et le rejet de leur famille, les gays qui osent faire leur coming out à cette époque perdent fréquemment leur emploi. Le sénateur ultra conservateur de Californie, sur les traces de l'effrayante passionara bigotte Anita Bryant, souhaite alors faire passer un projet de loi (la sinistre Proposition 6) visant à interdire les homosexuels d'enseigner dans les écoles publiques, et à licencier les gays notoires et leurs défenseurs. Un véritable appel à la délation. Gus Van Sant montre un Milk sans cesse partagé entre rage sincère (il fustige cette chasse aux sorcières anti-homo), et jeu politique malin (changement de look, alliances, programme anti-crotte de chien), passage obligé de l'activisme de terrain à la crédibilité dans les urnes. Malgré un schéma prévisible et un aspect « film d'utilité publique » plombant sur la fin, le cinéaste réussit un biopic personnel et élégant, avec un Sean Penn virevoltant.Harvey MilkDe Gus Van SantAvec Sean Penn, Emile Hirsch, Josh Brolin, James FrancoSortie en salles le 4 mars 2009[mediabox id_media="86474" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus. © SNDEric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils biopic, acteur, réalisateur, oscars sur le blog cinéma- Gus Van Sant sur Flu : lire les critiques Elephant (2003), Gerry (2004), Last Days (2005), Paranoid Park (2007)- Un portrait de Sean Penn
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