Les autres avis de la presse
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- Chronic'art
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Guillaume
Loison
)1Victime de sa réputation d’agitateur, Carles est refoulé par tous ses contradicteurs, au point d’inviter, à mi-parcours, un ami réalisateur, sommé de donner son opinion sur le projet en cours. Lequel pense exactement comme nous : amusé par la roublardise de l’énergumène, un peu circonspect quant à la profondeur de son enquête. - Chronic'art
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Guillaume
Loison
)2Carles s'accroche quand même, il doit coûte que coûte finir le travail, du moins refaire le coup magistral de Pas vu, pas pris. Sa pugnacité ressemble vite à un entêtement un peu suicidaire, un peu prévisible. Les acteurs de la privatisation de TF1 sont morts, retraités, ou affaiblis (l'un des seuls piégés, Etienne Mougeotte, cancéreux et misérable, noie facilement le poisson), mais surtout, ils connaissent Pierre Carles et refusent ses demandes d'interview. Après moult tentatives, Tapie lui répond par téléphone, quelques paroles qui synthétisent l'échec prévisible du projet : « je n'ai aucun intérêt à vous répondre. Je n'accepte un entretien que si j'en tire un profit. » Le film tente alors une introspection un peu glauque : doute des producteurs sur la tournure des évènements, autocritique cuisante du réalisateur, conforté par un ami sceptique devant les rushes. En émerge la conscience que quelque chose s'est cassé, que Carles s'est embourgeoisé, qu'il se laisse trop facilement attendrir, qu'il doit remuscler son film et ses canulars, d'où le fameux épisode Pujadas (un commando tague son scooter et lui remet la laisse d'or du journaliste laquais du pouvoir), bouc émissaire désigné par défaut. En tout cas, ce climax un peu piteux ne résout pas le malaise existentiel de Carles, bien au contraire : le film se termine par un extrait d'une émission de Morandini qui, le regard scandalisé, rapporte « l'agression faite à David Pujadas ». Pas de quoi, hélas, faire trembler le système. - StudioCiné Live
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Xavier
Leherpeur
)2Via, cette fois, la très hypocrite promesse de remise en question tous les dix ans de la concession de TF1, contenue pourtant dans la charte de la chaîne privée. Situation tacite que plus personne ne dénonce sauf le cinéaste qui fait ici le constat d'un retentissant échec démocratique. Mais il perd aussi du temps à se poser comme victime (discutable) et ne retrouve pas la pugnacité qui faisait jusque-là la signature de ses manifestes citoyens. - Le Monde
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Isabelle
Regnier
)3Reconnaissant son impuissance à piéger ses interlocuteurs avec sa caméra, Pierre Carles porte son combat sur le terrain du montage, et s'y révèle bien meilleur. Le film est long, 2 h 11, mais on en redemanderait tant est à la fois drôle, fin et riche de sens le système d'échos à multiple détente qu'il construit entre son petit scénario de Robin des bois usé et les fabuleux documents d'archives qu'il a dégotés. - A voir à lire
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Virgile
Dumez
)1Si nous avons toujours défendu Pierre Carles dans sa farouche volonté de critiquer la télévision (l’excellent Pas vu, pas pris) ou le système capitaliste dans son ensemble, nous n’avons pas été franchement emballés par son Fin de concession qui sent la redite, tout en surfant sur le succès de la méthode Michael Moore pour faire rire à peu de frais le spectateur. Si les questions que l’auteur pose sont pertinentes et courageuses (pourquoi la concession de TF1 est-elle toujours reconduite automatiquement au profit de la société Bouygues ? Quels sont les rapports entre la chaine et le pouvoir ? Les journalistes sont-ils réellement libres dans notre pays ou ne sont-ils que les valets du pouvoir ?), sa façon d’interroger les grands de ce monde le discrédite immédiatement. Effectivement, Pierre Carles ne pose pas les questions afin d’avoir une réponse construite, mais bien afin d’imposer son point de vue. Incapable de mener ses interlocuteurs à la contradiction, il se contente de les pousser à bout afin de se faire mettre dehors comme un vulgaire chenapan. Certes, la méthode est amusante deux minutes, mais elle n’apporte rien de concret au sujet. - Télérama
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Blottière
Mathilde
)2Le journalisme d'investigation indépendant ? Un voeu pieux. La critique des médias ? Elle a vécu. Face à la rouerie des Elise Lucet et autres Cavada, passés maître dans l'art de déjouer ses chausse-trappes, Pierre Carles prend des airs de Don Quichotte cathodique. Et le voilà réduit au canular bête et méchant (repeindre le scooter de David Pujadas en doré) et au fait d'armes peu glorieux (interpeller sans ménagement un Etienne Mougeotte affaibli par la maladie). En définitive, même si cet infatigable empêcheur d'informer en rond prend conscience des limites du « seul contre tous », il fait entendre un autre son de cloche. Tapageur et salutaire. - Journal du dimanche
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Jean-Luc
Bertet
)2Il pratique un journalisme à la Michael Moore, l’imposture comme les Yes Men et ne déteste pas jouer les entarteurs. Enquêtant sur la fin de concession décennale de TF1 et sa reconduction automatique au groupe Bouygues, Pierre Carles s’en prend à la connivence entre médias, pouvoirs politique et économique. Il convoque Mougeotte, Villeneuve, Bourges, court après Tapie, Chancel… A l’aide d’archives, d’interviews, entre humour et introspection, il tente de prendre en défaut ses interlocuteurs, parfois conscient de vouloir s’en venger. Il ne cible pas seulement TF1, "la télé des idées qui détruisent la France", dit le député Montebourg dans le doc. France 2 en prend aussi pour son grade via son présentateur du JT David Pujadas. Iconoclaste et politiquement incorrect. - Fluctuat
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Daniel
De Almeida
)Des années que le trublion Pierre Carles s'échine à bricoler dans son coin des documentaires abrasifs, qui, faute de moyens, de pub et de compromis, ne sont finalement vus par personne, ou presque. En utilisant les fondamentaux de la promo virale et en se chargeant de faire monter petit à petit le buzz, son nouveau film, Fin de concession, pourrait pourtant changer la donne. Début de concession pour Pierre Carles ?Avec son physique rigolo, son sens de la punchline semi-improvisée qui fait mal, et sa façon tordante de manipuler ses images pour mieux les plaquer à ses thèses, Pierre Carles aurait pu facilement devenir une sorte de Michael Moore français, gentil clown de gauche inoffensif, qu'on ressort du placard à intervalles réguliers. D'ailleurs en 98, juste après la sortie en salles et le buzz monstrueux généré par son Pas Vu Pas Pris, Carles a sûrement eu le choix. Le choix de calmer le jeu du dézinguage à tout va. D'accepter une émission de média-watching à la télé ou ailleurs, de devenir aux yeux du grand public le nouveau rebelle rigolo du PAF, de sortir un ou deux scoops par an, d'en faire des livres, pas trop longs, publiés aux éditions Robert Lafont, et de faire tourner tranquilou sa petite boutique, jusqu'à ce que la source de la subversion safe ne vienne à se tarir. Cinéma bootleg Pierre Carles a pourtant décidé de faire exactement le contraire de tout cela, de rester droit dans ses bottes et pieds et poings liés à un cinéma presque bootleg, diffusant ses films dans un réseau de salles farouchement indies, sans reconnaissance institutionnelle et surtout pas industrielle. Tout d'un coup, le spectre de Michael Moore, avec ses Palmes d'Or, ses frères Weinstein et ses cartons à 100 patates paraissaient bien loin. Pour son petit nouveau, Fin de concession - à la fois enquête explosive sur le bail accordé par l'état à Bouygues pour la diffusion de TF1, en même temps qu'auto psychanalyse géniale de son auteur -, Carles va même jusqu'à parasiter le circuit promo de son propre film, en refusant systématiquement toute demande d'interview (« Il considère que le film parle pour lui » nous lâchera son attaché de presse).Promo habile Pourtant, Fin De concession semble avoir été conçu, de manière très habile et très au fait des nouveaux moyens de communication, pour faire monter graduellement le buzz jusqu'à sa sortie, ce mercredi en salle : d'abord au début de l'été avec le scooter repeint de Pujadas, puis à la rentrée avec l'apparition de la vidéo de Montebourg crachant sur TF1, et enfin avec celle de Jean Luc Mélenchon traitant ce même Pujadas de « salaud ».Dès lors effectivement tout le monde avait envie de voir ça. Du coup, pour Carles ne pas accepter les demandes d'interviews relevait in fine autant du brouillage médiatique que de l'opération de com' destinée à sevrer pour mieux exciter. Et à en croire les projos de presse qui affichaient toutes « sold-out », les médias devraient s'apprêter à relayer en masse la plupart - et il y en a un paquet - des « bonnes feuilles » du film. Le miracle finalement c'est d'avoir su rester exactement le même, tout en s'assurant une promo de grand standing.Nouveaux moyens de diffusion Au-delà de l'intégrité du personnage et de son refus systématiques des lauriers, qui ne sont donc plus à prouver, le cinéma de Carles interroge surtout la capacité et le désir du cinéma activiste de se faire entendre par le plus grand nombre. L'équation semble de prime abord aussi limpide que parfaitement insoluble : toucher le grand public implique forcément des compromis ; et le refus des compromis est la définition même du cinéma activiste. Sauf que, depuis Pas Vu Pas Pris, l'époque a changé, et les moyens de diffusion aussi, comme nous le confirme la productrice de Fin de concession, Annie Gonzales : « Pierre a toujours eu la chance d'avoir un public assez fidèle. En gros ce sont toujours les mêmes 100 000 personnes qui vont voir chacun de ses films en salles, qu'il y parle de Choron, de Bourdieu, ou s'y moque du grand cirque médiatique. 100 000 entrées c'est à la fois beaucoup pour ce cinéma-là, sans budget promo et au parc de salles ultra réduit, et rien du tout comparé à un point d'audimat. Les films de Pierre ne passant pas à la télévision, les gens qui n'ont pas un cinéma d'Art et Essai près de chez eux ignorent même jusqu'à leur existence. Mais là pour Fin de concession et grâce à Internet les choses pourraient changer. ». Changer le monde ? Reste à savoir si c'est avec ce film-là, de loin son plus accessible, son plus divertissant, que Carles dépassera pour une fois ses traditionnelles 100 000 entrées en salles, s'il arrivera enfin à prêcher d'autres paroisses que celle de sa fanbase, et si, avec le temps, il parviendra, comme il l'explique dans le dossier de presse du film, à « changer un peu le monde », ou ce qu'il en reste. Surtout il sera passionnant de voir ce qu'il restera de lui, de son travail et de son intransigeance, une fois que, sans trop prévenir, le succès populaire, qu'il semble invoquer ici, lui sera tombé sur le coin de la gueule. Lui, qui ne connaissait jusque-là que le confort de la confidentialité, a-t-il vraiment le coffre pour venir se frotter aux barons du PAF ? Ça tombe bien : Fin De concession ne parle que de ça. Fin de concessionDe Pierre CarlesSortie en salles le 27 octobre 2010 François Grelet- L'actu du documentaire sur le blog cinéma- L'actu télé et politique sur le blog télé- L'actu médias et politique sur le blog société