Detachment : critiques
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La critique de Premiere
(1)2- Gérard Delorme2Detachment est plus qu’un énième film de salle de classe sur le modèle d’Esprits rebelles. Ses défauts évidents (situations et personnages conventionnels), sont largement rattrapés par ses qualités (une interprétation excellente). Mais sa plus grande force est de traiter avec une sincérité totale un sujet risqué : la lutte permanente de l’individu pour rester conscient et responsable dans un système qui pousse à l’engourdissement et à l’indifférence. Adrian Brody, dans son meilleur rôle depuis longtemps, incarne un personnage qui s’engage sur tous les fronts alors que rien ne l’y oblige. Son intégrité, sa générosité et sa témérité à la limite de l’inconscience sont très caractéristiques de la personnalité de Tony Kaye, un cinéaste anglais qui a quasiment flingué sa carrière après s’être pris le chou avec Edward Norton et son distributeur à l’époque du légendaire American history X. Kaye n’a rien perdu de ses moyens, et ce dernier film rempli de fulgurances est une bonne nouvelle.
Les autres avis de la presse
(17)2- CinémaTeaser (Ilan Ferry)2Un sorte d'Esprits Rebelles très sombre qui aurait troqué Coolio et ses bons sentiments contre une dose d'antidépresseurs... ou de crack !
- Rolling Stone (Mathilde Lorit)3Le réalisateur échoue ici totalement à convaincre, mais confirme un sérieux sens du casting : Adrien Brody trouve dans ce film son meilleur rôle depuis Le Pianiste, tandis que James Caan dépote sous le masque de la chirurgie esthétique.
- Public (La rédaction de Public)3Un portrait sans concession du système éducatif à l'américaine, porté par une pléiade d'acteurs talentueux (...)
- Be (Mathilde Lorit)2Detachment à la main un peu lourde, mais offre à Adrien Brody son meilleur rôle depuis le Pianiste.
- StudioCiné Live (Véronique Trouillet)3Si le sujet n'est pas nouveau, Kaye y apporte sa fantaisie (...) et un ton tragiquement sombre mais étonnamment non dénué d'optimisme.
- Fluctuat.net (Jérôme Dittmar)1Près de 15 ans après American History X, Tony Kaye revient pour explorer l'enfer de l'école américaine et la vie compliquée d'un prof remplaçant. Attention ça va faire mal.
- Journal du dimanche (Stéphanie Belpêche)2Cet Entre Les Murs nihiliste prend à la gorge malgré une mise en scène qui abuse parfois d'effets stylisés. (...) Adrien Brody signe une performance aussi subtile que juste.
- Libération (Bruno Icher)1(...) Pourtant, c’est plus encore la facture du film, en forme de clip interminable, qui achève de mettre les nerfs en pelote. Jonglant, mal, avec les plans ultracourts, les passages oniriques (des animations grotesques à la craie sur un tableau noir)
- A voir à lire (Emma Martin)3Prix de la critique internationale au Festival du Film Américain de Deauville, Detachment est une goulée d’air frais à l’amère douceur. (...) Avec un cynisme douloureux, le long-métrage ne se targue jamais d’apporter des réponses à ces questions, mais rapporte plutôt la souffrance d’une humanité perdue, où les professeurs sont aussi démunis que leurs élèves face à l’âpreté de l’existence.
- Télérama (Louis Guichard)1Adrien Brody en prof remplaçant dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise... Etat des lieux désespéré du système d'éducation ou portrait psychologique d'un homme retranché en lui-même, détaché pour se protéger ? Le film hésite un peu trop...
- Les Inrocks (Vincent Ostria)1(...) Catalogue de clichés outrés et de situations limites (...) Pas un seul cas modéré dans ce panel où tout est poussé dans le rouge. Seule partie intéressante, l'intrigue parallèle où le prof, en bon Samaritain paternaliste, prend sous son aile une ado paumée qui se prostitue.
- Le Figaro (Emmanuele Frois)3Adrien Brody n'avait pas été aussi bon depuis "Le Pianiste". Il apporte toute sa sensibilité, ses fragilités à ce personnage écorché (...) Et qui va se reconnaître à travers une autre enfant perdue, gamine fugueuse et prostituée. Il n'y a pas plus attachant que ce "Detachment".
- Le Figaro (Olivier Delcroix)3Filmé avec sensibilité et tact, Detachment de Tony Kaye (American History X) dresse un portrait sombre mais nuancé du système éducatif américain? Quant à Adrien Brody, depuis el Pianiste, il n'a jamais été aussi bon.
- Le Monde (Jean-François Rauger)1La qualité de l'interprétation conjure le danger de la sécheresse didactique de certaines séquences.
- Positif (Gregory Valens)1Comme il est agaçant de voir un film survoler un sujet captivant sans le traiter réellement ! (...) le film hésite à suivre plusieurs directions, pour finalement privilégier la moins intéressante de toutes : la relation platonique que ledit substitute entretient avec une jeune prostituée pour tenter de la remettre dans le droit chemin (...)
- Nouvel Obs (Nicolas Schaller)1Patchwork surchargé mêlant l'âpreté du nouvel Hollywood des 70's à une esthétique arty très 90's, il ressemble à ces chansons engagées martelant leur refrain dénonciateur avec une insistance pachydermique mais emplis d'une urgence, d'une rage, d'une force de conviction qui les rendent malgré tout attachantes. Et puis il y à Adrien Brody, magistral (...)
- Fluctuat ()Près de 15 ans après American History X, Tony Kaye revient pour explorer l'enfer de l'école américaine et la vie compliquée d'un prof remplaçant. Attention ça va faire mal. On ne soupçonne pas l'aura d'American History X, film culte d'une génération traumatisée par ce qui reste la dernière oeuvre connue sous nos latitudes de Tony Kaye. Pourquoi un tel plébiscite ? Sans doute parce que le racisme est depuis trente ans un enjeu idéologique facile et rapide, récupéré par tous les partis, qui n'auront pas eu de mal à en faire un étendard symbolique proche du réflexe pavlovien, au même titre que le mot fasciste est rentré dans le langage courant au point de perdre son sens. Avec un tel sujet, traité par le bout de la lorgnette de l'intime et des effets de style à deux balles, American History X avait tout du faux grand film d'auteur indépendant promis à devenir une icône d'un cinéma politique à la dénonciation en papier mâché. Près de quinze ans plus tard, son nouveau film, Detachment, risque bien de relancer pour un moment la petite musique du cinéma de Kaye. Certes le sujet est moins baddass que la conversion miraculeuse des skinheads néo-nazis, mais en s'attaquant au milieu de l'éducation pour dresser un portrait sans concession de l'école américaine, Kaye a de quoi toucher encore la corde sensible des kids, et pas de la plus belle manière qui soit.Sorte d'Entre les murs de la mort, Detachment suit Adrien Brody, prof remplaçant dans une ZEP made in US où la plupart des élèves sont aussi largués que les enseignants frôlent la dépression. D'ordinaire, avec un sujet pareil, soit la nuance finit par surgir, soit on frôle le film de vigilante. Pas là. Detachment prend le parti du pessimisme permanent, avec d'un côté les profs accablés, de l'autre les résignés, et au milieu les élèves, dont le portrait n'est guère mieux : entre la fille obèse suicidaire dont les rêves d'artiste sont brisés par un père autoritaire, et l'apprenti psychopathe tueur de chiens, la jeunesse selon Kaye est plutôt mal en point. Le bilan est sans appel, et le film ne prétend jamais étudier le système éducatif, mais plutôt montrer sa survie et les tensions psychologiques qui en découlent chez ceux qui le font tenir. Il faut alors du temps pour saisir la démarche de Kaye, et comprendre que son but est avant tout poétique. Moins réflexion que chronique, le film espère donner une forme sensible et imagée au quotidien du prof en zone difficile, prenant pour prétexte le bilan de société afin de faire une peinture au noir s'appuyant sur Edgard Allan Poe et sa Maison Usher. Pour ça l'auteur emploie tout l'attirail visuel en toc du petit auteur indé des années 90 (plan interview, animation, ralentis, images oniriques), ce qui n'arrange rien à l'affaire et enfonce le clou qui des approximations justifiées par une sous plus-value artistique.Comme si le bilan apocalyptique ainsi dressé ne suffisait pas, Kaye corse les choses en assaisonnant le destin de son personnage. Tout repose sur ses épaules de héros tourmenté, capitaine essayant de tenir bon dans la tempête face à un monde pourri où la jeunesse va droit dans le mur. Comme American History X, lui aussi à son histoire, glauque et accablante, à laquelle il doit survivre au quotidien. Le passé ressurgit ainsi sans cesse pour contaminer le présent, où se greffe (ça ne suffisait pas), une jeune pute trouvée dans la rue par Brody qui la prend un temps sous son aile - ce qui donnera curieusement les plus belles scènes du film. L'accumulation spectaculaire de tragique, que ne renierait pas le grand astrologue du désastre Alejandro Gonzalez Inarritu, en dit un peu plus sur le projet du cinéaste : créer un monde gangréné par le mal, la souffrance, le chaos, la folie et la trahison, où il faut tracer sa route sans sombrer et en aidant les autres. Le milieu éducatif ne servant alors que de décor idéal à un poème balourd sur la famille, la transmission et l'altruisme, où le prof fait figure de guide amenant un peu de lumière à une jeunesse égarée dans les ténèbres, quand lui-même est en lutte permanente. Avec Adrien Brody dans le rôle, on tutoie la série Z.Jérôme Dittmar DetachmentDe Tony KayeAvec Adrien Brody, William Petersen, Lucy Liu, Christina HendricksSortie en salles le 1er février 2012
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