Corpo Celeste : critiques
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- Fluctuat.net 3
- Les Inrocks 3
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- Le Parisien 1
La critique de Premiere
(1) 2-
Pamela
Pianezza
2
En adoptant le point de vue d’une ado vierge de préjugés, Alice Rohrwacher dépouille sa critique de tout cynisme, sans pour autant renoncer à l’ironie (le curé est aussi magouilleur et hypocrite que le commun des mortels). Au fond, il ne s’agit que de l’histoire d’une jeune fille ordinaire, mais elle est sublimée par le regard délicat d’une réalisatrice prometteuse.
Les autres avis de la presse
(7) 2-
Fluctuat.net (Anita Blum) 3Mais la grande force du film ne se limite pas à sa portée critique. Cette visite de la Calabre, dont l'immense beauté perse encore à travers les ruines, loin d'être un simple voyage sombre et funéraire, s'incarne au contraire très fort dans ses personnages. Lorsque Marta se retrouve embarquée par le prêtre à la recherche d'un crucifix pour la cérémonie de confirmation, et la conduit dans ce village de montagne déserté, elle va faire deux rencontres. Celle de Jésus sur sa croix d'abord, avec son corps de bois qui semble bien plus « réel » que tous les mots inculqués au catéchisme. Puis le vieux prêtre du village, sorti de nulle part, qui lui apportera enfin la réponse à sa question. C'est Jésus qui hurle « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » lui dit-il. Et la petite Marta de se sentir peut-être un peu moins seule, et de laisser résonner le cri de Jesus dans cette Calabre en ruine. Corpo Celeste est ainsi un film hanté par cette interrogation, par ce double traumatisme que porte en elle Marta : le mystère du corps contre lequel elle butte, et celui de ce monde extérieur en fin de course, dans lequel elle ne peut pas se retrouver. Alice Rohrwacher capte cet état avec une grande délicatesse, et nous offre avec Marta un personnage magnifique, un corps céleste qui permet au film un peu d'espoir.
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Les Inrocks (Léo Soesanto) 3(...) Corpo Celeste n'en fait jamais trop et préfère afficher tout du long la même perplexité que son héroïne. De celle qui fait ouvrir grand les yeux, tendre le corps, se lever sur la pointe des pieds pour mieux voir. C'est le stade le plus proche de la grâce, de l'élévation, que le film veut et peut offrir (et réussit souvent), en toute honnêteté.
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Nouvel Obs (Xavier Leherpeur) 1Premiers émois, trouble des sens, lucidité religieuse… Le portait d’une jeune adolescente italienne aux prises avec un monde adulte fascinant de promesses et repoussant d’hypocrisies. Dans ce premier film revêche, la cinéaste affirme une mise en scène audacieuse, tendue entre naturalisme social et surréalisme mystique.
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Télérama (Frédéric Strauss) 4Entre petits arrangements avec la foi et soif d'absolu, l'affrontement est constant. Mais rarement ouvert. Comme son héroïne, la cinéaste a tendance à se réfugier dans un cinéma mutique, à filmer en retrait. Elle convainc beaucoup plus quand elle s'engage dans le face-à-face entre le curé et Marta. Son réalisme rugueux se pare alors d'intensité, de violence, et nous donne accès aux conflits intérieurs des personnages, à leurs peurs. Peur qu'il y ait un sens dans ce qu'ils font, peur qu'il n'y en ait pas. Alice Rohrwacher ne juge pas, n'apporte pas de réponse. Elle filme l'ombre, la lumière, met peut-être un peu trop de cérébralité dans son approche du monde concret. Mais elle a une âme de cinéaste.
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Le Parisien (Hubert Lizé) 1En dépit de l'interprétation sensible de la jeune héroïne, il faut vraiment s'accrocher pour aller au bout de ce drame social, tant il transpire la tristesse et l'austérité.
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Fluctuat ()Belle découverte de la Quinzaine des Réalisateurs, Corpo Celeste nous plonge dans la Calabre contemporaine dévastée. A travers le regard d'une adolescente « étrangère », la réalisatrice retrouve l'énergie et la grâce d'un néoréalisme primitif et vital, en inventant son alchimie propre, quelque part entre comprendre le corps et filmer l'esprit. Lorsqu'une mère et ses deux filles, ayant quitté l'Italie pour la Suisse pendant 10 ans, se réinstallent dans leur pays d'origine, la Calabre, l'adaptation n'est pas évidente. Pour Marta, 13 ans, le catéchisme semble l'outil d'intégration idéal. A son âge, elle doit préparer sa confirmation. Dans ce décor en déliquescence, où la pauvreté et la corruption, dansant leur éternel ballet, semblent attaquer jusqu'aux murs, l'adolescente se retrouve en terrain hostile. Livrée à elle-même, elle ressent plus qu'elle ne comprend l'emprise de l'Eglise sur la vie quotidienne des classes les plus démunies. Avec ce personnage d'étrangère/familière, la (jeune) cinéaste Alice Rohrwacher pose un regard cru et inquiet sur son pays, et sur le rôle ambiguë que tient l'Eglise. Et cela, dès la première scène, une parade religieuse mal organisée, où le téléphone portable du prêtre se met à sonner, et où Marta semble déjà ne pouvoir se raccrocher à rien. Quasiment de tous les plans, le corps de la jeune fille est le point d'horizon du film, fragile et obstiné.Et ce corps, déjà parce qu'il est adolescent, donc à l'âge des bouleversements physiques et émotionnels majeurs, ce corps en mutation butte de toutes parts, et peine à intégrer le jeu social qu'on voudrait lui imposer. La responsable du catéchisme - esprit faible imbu de son maigre rôle dans la paroisse et totalement hermétique aux questions des élèves, ne saurait lui apporter aucune aide, ni même répondre à la question que lui pose Marta sur le sens de ces mots : « Eli Eli Lama Sabachthani ?» qu'elle doit apprendre par coeur. Le prêtre, soucieux de monter en grade, n'a pas grand chose d'une figure modèle. L'adolescente va donc rechercher ailleurs, dans les zones d'ombre de la ville, dans ces lieux qui semblent abandonnés mais où existe encore la vie. Et la cinéaste de filmer une Calabre aussi gangrenée que nous le montrait Gomorra, mais sans la violence, avec seulement ce sentiment d'abandon, de vide social. Cours d'eau asséché, immeubles délabrés, et finalement, tout au bout d'un long chemin de montagne, un petit village totalement abandonné. Mais la grande force du film ne se limite pas à sa portée critique. Cette visite de la Calabre, dont l'immense beauté perse encore à travers les ruines, loin d'être un simple voyage sombre et funéraire, s'incarne au contraire très fort dans ses personnages. Lorsque Marta se retrouve embarquée par le prêtre à la recherche d'un crucifix pour la cérémonie de confirmation, et la conduit dans ce village de montagne déserté, elle va faire deux rencontres. Celle de Jésus sur sa croix d'abord, avec son corps de bois qui semble bien plus « réel » que tous les mots inculqués au catéchisme. Puis le vieux prêtre du village, sorti de nulle part, qui lui apportera enfin la réponse à sa question. C'est Jésus qui hurle « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » lui dit-il. Et la petite Marta de se sentir peut-être un peu moins seule, et de laisser résonner le cri de Jesus dans cette Calabre en ruine. Corpo Celeste est ainsi un film hanté par cette interrogation, par ce double traumatisme que porte en elle Marta : le mystère du corps contre lequel elle butte, et celui de ce monde extérieur en fin de course, dans lequel elle ne peut pas se retrouver. Alice Rohrwacher capte cet état avec une grande délicatesse, et nous offre avec Marta un personnage magnifique, un corps céleste qui permet au film un peu d'espoir.Anita Blum © Ad Vitam Corpo CelesteDe Alice RohrwacherAvec Yile Vianello, Salvatore Cantalupo, Anita CaprioliSortie le 28 décembre 2011
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