Coco avant Chanel : critiques
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La critique de Premiere
(1) 4-
Veronique
Le Bris4La réussite d’un tel portrait filmé tient beaucoup à l’incarnation du personnage par l’acteur. Nul doute, ici : Audrey Tautou est Chanel. Même regard noir pénétrant, même gabarit et, sans doute, même détermination. Une fois passé cette évidence, la deuxième excellente idée d’Anne Fontaine est d’être allée chercher Benoît Poelvoorde pour interpréter Balsan. L’acteur est parfait en trublion joyeux et détaché puis en amoureux éconduit et désespéré. Ces deux-là sont pour beaucoup dans l’intérêt que l’on porte aux débuts méconnus – et souvent réinventés par elle-même – de Coco Chanel. Tellement que, dès qu’on les quitte, on sent la frustration de ne pas poursuivre l’aventure plus avant.
Les autres avis de la presse
(9) 3- Pariscope (Arno Gaillard) 2Audrey Tautou incarne avec justesse et élégance, dans ce film aux allures parfois de beau téléfilm, une jeune femme observant un monde dont elle est un temps la complice mais dont elle s’affranchit. Benoît Poelvoorde dans le rôle d’Etienne Balsan, l’ami plus que l’amant, fait penser à l’Octave campé par Renoir dans sa « Règle du jeu ». Sur les traces d’un esprit libre qui ne voulait rien apprendre en esclave.
- Elle (Florence Ben Sadoun) 3Ce film d'époque sans frous-frous prend le destin d'une femme à sa racine et la cueille dès les premiers plans dans un orphelinat austère du centre de la France. C'est la détermination marginale de cette femme qui nage à contre-courant, sans atout ni atours pour l'époque, qui apparaît avec le plus de force devant la caméra d'Anne Fontaine. Et c'est cette gravité qu'Audrey Tautou incarne du fin fond de son regard noir sans aucune hésitation, mais avec beaucoup de vibrations dans ce rôle Coco taillé pour elle.
- Télé 7 jours (Viviane PESCHEUX) 3En choisissant de s'en tenir à la jeunesse de Gabrielle Chanel, Anne Fontaine (La fille de Monaco) ne signe pas seulement un beau film toujours sur le fil entre tension et romanesque, à l'humour souvent piquant. Elle s'affranchit magistralement du biopic tout comme Audrey Tautou se déleste par son jeu exceptionnel du mimétisme avec son modèle, malgré sa troublante ressemblance avec Mademoiselle. Pour donner vie à cette Coco unique, fragile et dure, d'avant Chanel.
- Le Monde (Thomas Sotinel) 2Audrey Tautou traîne depuis bientôt une décennie le regard écarquillé et l'universelle compassion d'Amélie Poulain. Ce n'est pas la première fois qu'elle jette cet habit aux orties (voir Dirty Pretty Things, de Stephen Frears, ou la cocotte délurée de Hors de prix). Gabrielle Chanel aura pour première utilité de reléguer Amélie au musée. L'actrice n'élude aucun des travers de son modèle : l'ambition forcenée, la mythomanie, l'absence de scrupules. Elle ne renonce pas pour autant à la sympathie du public, jouant d'un charme à rebours des lieux communs de la séduction.
- Télérama (Pierre Murat) 3Mot d'ordre évident : l'élégance. Tout, ici, des décors aux costumes, est joliment discret. Les sentiments eux-mêmes, si exacerbés soient-ils - ceux que Benoît Poelvoorde commence à éprouver, ceux auxquels Audrey Tautou ne peut s'empêcher de succomber -, semblent régis par l'exigence. Une volonté de dignité.
- Paris Match (Alain Spira) 2Comme intimidée par son modèle, la réalisatrice semble avoir trop serré la ceinture de sa personnalité. Même si elle n'est ni Luchino Visconti ni Liliana Cavani, la cinéaste aurait pu éviter de donner parfois l'impression de confectionner son film avec du tissu de téléfilm.
- Journal du dimanche (Carlos Gomez) 2Anne Fontaine a choisi de nous raconter l'histoire d'un chagrin d'amour qu'une femme, au tempérament artiste, sublime dans la création. C'est un point de vue éminemment romantique qui permet à la réalisatrice de réussir la naissance d'une figure. En revanche, elle rate sans doute le portrait d'un mythe bigger than life du fait d'une mise en scène un peu plate et académique, genre "fiction française de qualité".
- Fluctuat () 2Second biopic ciné de Coco Chanel après une version oubliée de 1981, Coco avant Chanel espère s'imposer comme le vibrant portrait d'une femme d'exception dans son époque. Hélas, malgré une solide étude de caractère, aucun parti pris esthétique. Le biopic de Coco Chanel, c'est un peu comme James Bond avec Jamais plus jamais. Il y a le film officiel (Coco Chanel et Igor Stravinsky), quelque part pour fin 2009, avec Jan Kounen aux manettes, l'égérie maison Anna Mouglalis devant la caméra, et karl Lagerfeld aux costumes. Puis la version officieuse, Coco avant Chanel par Anne Fontaine, avec Audrey Tautou et Benoît Poelvoorde. Tout ça après le médiocre téléfilm France 2 diffusé l'été 2008. C'est beaucoup, en peu de temps, mais soit. L'histoire de Chanel, romanesque, riche, mérite peut-être plusieurs films, et on s'étonne que le cinéma s'y soit peu intéressé. Mais comment traduire justement cette vie en réunissant la figure, si singulière, solitaire, révolutionnaire à sa manière, et son art, donc ce qui la définit et résiste au temps à travers la maison de couture ? Il en faut du talent pour saisir les éléments biographiques, et les fonder dans un parti pris stylistique respectant la vision de Chanel, ce qu'elle a apporté à la mode et l'Histoire. Hélas ceci ne semble pas être le beau souci d'Anne Fontaine. Réalisatrice dont on s'étonne encore du crédit qu'elle obtient après des navets petits bourgeois ou pseudo auteurisants (Nathalie..., Nouvelle chance).Resituons : Coco avant Chanel s'intéresse aux débuts, de l'enfance, rapide, avec les parents abandonnant Coco et sa soeur dans un pensionnat/orphelinat. Puis bond en avant, de sa brève carrière de chanteuse de cabaret, à sa rencontre avec Balsan et Arthur Capel, l'amour de sa vie, jusqu'à son premier défilé. L'histoire donc d'une ascension sociale et d'une destinée sentimentale, des bars populaires, en passant par la haute société - aristocratie finissante de la Belle Epoque -, où Chanel s'incruste en dynamitant les codes vestimentaires, et avec eux une certaine vision du monde. Pour Fontaine, Chanel est une féministe, elle rêve d'autonomie, d'un travail, c'est une femme de caractère moderne, une ambitieuse. Pour sa défense, le film capte avec précision les ambivalences du personnage, au fil d'une étude quasi balzacienne, lourdement armée par le scénario et Audrey Tautou, parfaite, comme le casting de tête. Mais voilà, Fontaine a son idée du personnage et son époque, mais aucun projet cohérent pour les filmer. Avec son style impersonnel, quasi académique et franchement ampoulé parfois, elle réussit à contredire Chanel : son minimalisme, ce goût de l'épure au geste sûr. On ne donne pas du lard aux cochons.Coco avant Chanel D'Anne FontaineAvec : Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro NivolaSortie en salles le 22 avril 2009[mediabox id_media="91555" align="null" width="500" height="333"][/mediabox]Illus © Warner Bros. France Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire le fil biopic sur le blog cinéma- Anne Fontaine sur Flu : lire la critique de La Fille de Monaco- Le biopic à la française
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