Bruno : critiques

Les autres avis de la presse

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  • Fluctuat () 1
    Suite des aventures de Sacha Baron Cohen en Amérique après Borat, Brüno reprend la même formule vaguement picaresque, la radicalise à peine plus, pour un résultat à peu près similaire, c'est-à-dire nul ou presque. Les prétextes intellectuels pour défendre les films de Sacha Baron Cohen ne manquent pas. Si on voulait ajouter notre pierre à cette grosse brouette théorique déjà bien trop chargée, on pourrait dire que comme Borat, le principe de Brüno est celui de la tâche. C'est-à-dire ce qui rend visible à la fois la crasse et l'objet sur laquelle elle repose. On pourrait dire aussi et par conséquent que Sacha Baron Cohen vient faire tâche aux Etats-Unis, qu'il cherche à en stigmatiser tous les résidus de racisme, de puritanisme, de moralisme, là où ça se crispe et ça craint du boudin. En reprenant Brüno (personnage inventé à l'origine pour la TV dans le Ali G Show), hyper caricature d'un gay hystérique se rêvant l'Autrichien le plus populaire après Hitler, l'acteur-performer continue surtout de provoquer dans le désert - comme d'autres y prêchent. Ses petites transgressions en vraie ou fausse caméra cachée (peu importe, tout est mis en scène), n'ont pas d'autres buts que faire parler d'elles ou rire grassement en créant une kyrielle d'effets attendus. Tout n'est que confirmation, à partir de victimes sélectionnées selon un panel aux réactions prévisibles. Démontrer ainsi la connerie des autres, ou jouer avec leurs valeurs morales, par les moyens d'une plus grande connerie encore ne fait pas beaucoup avancer notre vision du monde, ni sa critique.D'où cet effet pervers dont il faut se débarrasser. Brüno ne révèle rien, politiquement il est nul, on n'y énonce que des lapalissades : aberration du charity-bizness, obsession de la starification, homophobie ordinaire, etc. Pour sa défense, on pourrait dire que SCB joue le rôle d'un symptôme/marqueur exposant l'horreur moderne en passant par un extrême absurde, délirant, radical. Car il faut reconnaître à l'acteur un engagement absolu dans son personnage. Un sens des situations aussi, qui lorsqu'elles s'éloignent de la provoc' puérile, révèlent des idées comiques qui ne départiraient pas chez Blake Edwards (le costume en velcro, l'épisode de Medium). Mais ces quelques gouttes dans un torrent ininterrompu de scènes où l'acteur pousse le bouchon parfois très loin (le passage à Jérusalem, débile mais efficace), ne font pas oublier la visée très consensuelle du film. L'incroyable se répète, l'acteur teste les limites des autres, mais pour prouver, en le provoquant, un constat évident où l'effarement découle d'une bête vérification. Cette manière de faire une nouvelle sociologie de terrain, à renfort de gags régressifs et vulgaires, souvent très cul, entretient au fond une médiocrité de la pensée. Le véritable horizon de SCB est moins subversif que comico-nihiliste. Il renverse tout et rien, s'attaque avec facilité à des choses faciles. Pas de quoi en faire un foin.Brüno De Larry CharlesAvec : Sacha Baron Cohen, Gustaf Hammarsten, Clifford BanagaleSortie en salles le 25 juillet 2009[mediabox  id_media="101476" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Illus © Sony Pictures Releasing France Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils acteur, comédie sur le blog cinéma- Lire la critique de Borat
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