Blanc comme neige : critiques

Les autres avis de la presse

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    Dix ans après Une femme d'extérieur, Christophe Blanc revient avec son deuxième film de cinéma, un thriller familial et enneigé hésitant entre l'ironie des frères Coen et le tragique de James Gray : en résulte une sorte de Fargo à la française, ambitieux mais empêtré dans la poudreuse de ses influences. Maxime (François Cluzet), un riche concessionnaire de voitures de luxe, voit sa vie de rêve (argent à gogo/femme superbe et aimante) partir en vrille le jour où son associé Simon (Bouli Lanners) meurt dans un étrange accident : une bande de gangsters scandinaves lui tombe alors dessus, estimant qu'il leur doit des comptes. Emporté dans une chaîne d'évènements violents, Maxime ne comprend pas pourquoi le destin s'acharne contre lui, s'estimant « Blanc comme neige ». A plusieurs niveaux, cette relecture du Livre de Job par Christophe Blanc renvoie à la filmographie des frères Coen. Le cercle vicieux déclenché à son insu par le personnage principal, innocent mais incapable de vivre pleinement, évoque le récent A Serious Man. Eprouvé par Dieu, le personnage joué par Michael Stuhlbarg se retrouvait dos au mur (métaphysique) de sa propre existence absurde, platement matérialiste. Par ailleurs, l'esthétique de film noir enneigé convoque ouvertement celle d'un chef d'oeuvre grinçant des frangins américains : Fargo. L'anti-héros incarné par William H. Macy, lui aussi submergé par la poisse, vendait des voitures d'occasion, François Cluzet, d'onéreux bolides. Blanc comme neige s'inspire enfin des thrillers familiaux de James Gray (Little Odessa, The Yards, La Nuit nous appartient), en faisant jouer les liens du sang pour doper l'élan tragique de son film. Ainsi, en entraînant ses deux frères « ratés » (l'un ex-taulard, l'autre chômeur) dans sa chute criminelle, Maxime déclenche les relents inévitables des rivalités et autres rancoeurs enfouies au sein de la fratrie. Thriller sous influence donc, que ce Blanc comme neige, mais dont les deux pôles d'attraction référentiels, au lieu de s'enrichir mutuellement par le métissage, s'annulent, ou du moins, se désamorcent la plupart du temps. Forcément, Fargo sans l'humour noir, ou La nuit nous appartient sans le souffle tragique, c'est dommage. Hésitant entre ces deux registres sans trouver ni sa voix propre ni le bon équilibre, à l'image de cette voix-off qui ouvre et clôt le récit de manière trop démonstrative (Maxime : « ce sont des épreuves que je dois subir ») et malgré un final finlandais plutôt inspiré (... par le western John McCabe de Robert Altman !), le réalisateur laisse ses acteurs se dépatouiller dans un registre mi-outré mi-rentré, parfois limite : Louise Bourgoin peu à l'aise dans la gravité, Olivier Gourmet en roue libre dans les scènes « Pialat's touch » de pugilat. Quant à Cluzet, il livre une performance solide mais attendue, dans un registre proche de ses derniers rôles de faux Monsieur tout-le-monde portés sur la dissimulation et la mythomanie (Ne le dis à personne et A l'origine). Blanc comme neigeDe Christophe BlancAvec François Cluzet, Olivier Gourmet, Louise BourgoinSortie en salles le 17 mars 2010[mediabox  id_media="124389" align="null" width="550" height="366"][/mediabox] Eric Vernay- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil film policier sur le blog cinéma
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