Affiche Anonymous

Anonymous : critiques

La critique de Premiere

(1)3
  • 3
    La théorie est séduisante, suggérant que William Shakespeare ne serait que le prête-nom d’un noble du XVIe siècle, à qui la bienséance et la prudence interdisaient de s’adonner à l’écriture. Thèse invalidée par la majorité des historiens mais digne des meilleures pièces de l’auteur d’Hamlet. (...) Très bien, mais que vient faire Roland Emmerich (Godzilla, 2012) dans tout ça ? Lui, le réalisateur-scénariste de films catastrophe plus ou moins indigestes. Lui encore, le Spielberg du pauvre, tout juste bon à inonder l’écran de vagues ou de monstres numériques. N’en jetez plus car, avec Anonymous, le cinéaste allemand prouve qu’il est capable de sublimer un beau sujet et de faire vivre des personnages complexes sur la durée. Il est aidé dans sa tâche par des acteurs en état de grâce : Rhys Ifans n’a jamais été aussi séduisant ; David Thewlis s’est rarement montré aussi retors ; l’immense Vanessa Redgrave, elle, joue sans fard (dans tous les sens du terme) devant une caméra traqueuse de rides disgracieuses. Emmerich, pour sa part, met enfin sa science des effets numériques au service de l’histoire, délivrant ici et là des plans graphiques majestueux. Il était temps que lui aussi révèle sa vraie nature, celle d’un artisan aussi appliqué qu’inspiré.

Les autres avis de la presse

(12)2
  • Rolling Stone ()3
    Anonymous compte aussi la présence de Roland Emmerich à la mise en scène, soit le réalisateur le moins subversif de la planète cinéma. Sous couvert de modernité, ce dernier applique à l'Angleterre élisabéthaine la grosse artillerie symptomatique de son style depuis Independance Day. Logiquement, le film hésite constamment entre la finesse british de son casting et les effets plutôt boursouflés de sa mise en scène. N'est pas Baz Luhrmann qui veut...
  • Télé 7 jours ()3
    Rolland Emmerich, maître des Blockbusters et des effets spéciaux, effectue un virage à 180° en s'essayant au film d'époque en costumes. Pari gagné : il signe une tragédie captivante avec son lot de mensonges, de trahisons, et de passions interdites, digne de l'auteur de Hammlet.
  • Technik'art ()2
    Très divertissant (double inceste ! méchant bossu !), le film ne déplore aucune victime du côté des bâtiments. Chapeau Roland.
  • Public ()2
    Emmerich, spécialiste des films catastrophes, s'est plongé dans ses livres d'histoires pour évoquer l'une des controverses entourant Shakspear. Trois cent costumes et décors grandioses pour une grande fresque lyrique qui en jette.
  • Journal du dimanche ()3
    (...) Un thriller shakespearien puissant et sulfureux.
  • StudioCiné Live ()2
    Rhys Ifans est particulièrement bon dans le rôle du dramaturge caché. On regrettera juste cette atmosphère sirupeuse, digne des plus belles envolées clipesques de Laurent Boutonnat quand il filme Mylène Farmer.
  • Télérama ()1
    Cette théorie a été combattue avec des arguments sérieux, mais Emmerich esquive le débat. Au lieu de creuser les énig­mes et les contradictions de ce micmac littéraire potentiel, il enchaîne les intrigues chargées de toutes sortes de thèmes shakespeariens. Visuellement séduisant - il lorgne beaucoup sur la série à succès Les Tudor -, le film ne tient pas debout.
  • CinémaTeaser ()3
    A priori, ANONYMOUS relève du drame, celui d’un homme mis jeune sous tutelle à la Cour, et dont la condition lui interdit tout accomplissement par l’écriture. On tolère que le peuple s’adonne au théâtre (si ça peut le distraire), mais pas la noblesse (appelée à montrer l’exemple), tant cet art est considéré comme frivole et souvent mensonger. Pourtant, au-delà de ce portrait délicat, servi par la grande intensité de Rhys Ifans, il y a le thriller politique. Le théâtre comme catalyseur, le complot se noue peu à peu, révélant de mesquines motivations débouchant sur des enjeux vitaux. Roland Emmerich écoute alors aux portes des scélérats de la Cour, dévoile la petitesse des puissants, tricote une toile qui étouffe sous leur propre vilénie une véritable bande d’enfoirés aux cheveux gras et aux postillons acides. Il tire à vue sur l’obédience contrite et fait l’éloge de l’épanouissement par le verbe éclairé et l’abnégation. Vocation des plus séduisantes, théorique certes, mais captivante, que le réalisateur allemand emballe dans un film à très grand spectacle (on le reconnaît bien là). Et puisqu’il traite de la beauté de la pensée libre, il opte pour l’amplitude des vues de haut, s’attarde sur la beauté élisabéthaine, recréant un Londres grandiose… Qu’il n’oublie pas de rouler dans la boue ou de mettre à feu et à sang. Par sa mise en scène parfaite, un sens pictural qu’on ignorait de lui, il fait enfin de la Cour le théâtre de tous les péchés ou une prison de l’intellect… Le tout est un miracle visuel (notamment rendu possible par les fonds verts qu’il maîtrise si bien), mêlant gracieusement l’historique et le technologique. Un paradoxe qu’on retrouve jusqu’à la distribution, dont chaque acteur, arborant un visage typique de la National Portrait Gallery, dégage une énergie résolument contemporaine. Une telle concentration de talents, c’en est presque indécent.
  • 20 Minutes ()3
    Le plaisir du cinéaste à évoluer dans un univers fait d'intrigues et de révolutions de palais se communique à cette fresque ludique à 200%. (...) Il signe son œuvre la plus aboutie avec ce film qui fait sauter de joie les cellules grises en mettant un grand coup de pied dans une institution.
  • Le Figaro ()1
    Quelle était l'identité véritable de l'auteur d'«Hamlet»? Une plongée dans l'univers tumultueux de l'époque élisabéthaine.
  • Fluctuat ()3
    Derrière son goût pour la série B pachydermique, le cinéma de Roland Emmerich cache une passion plus fine pour l'Histoire. En filmant celle de Shakespeare, l'auteur de 2012 ose un pari fou qui lui ressemble. Casse gueule et un peu aberrant, mais pourquoi pas ?
  • Fluctuat ()2
    Derrière son goût pour la série B pachydermique, le cinéma de Roland Emmerich cache une passion plus fine pour l'Histoire. En filmant celle de Shakespeare, l'auteur de 2012 ose un pari fou qui lui ressemble. Casse gueule et un peu aberrant, mais pourquoi pas ?  Attention Roland Emmerich passe aux choses sérieuses. Fini de faire mumuse avec Godzilla et les aliens ou d'anéantir Los Angeles, l'apocalypse du jour est historique : et si Shakespeare était un fake ? S'appuyant sur une thèse en vogue depuis des lustres, l'auteur d'Independence Day part fouiller dans l'histoire sombre du tragédien culte, à la rencontre de son supposé vrai protagoniste : Edward De Vere, comte d'Oxford et lettré surdoué qui, pour barrer la succession au trône de la reine Elizabeth, monte un complot dans lequel ses pièces écrites dans l'ombre doivent pousser le peuple à l'insurrection. Toute l'oeuvre de Shakespeare serait ainsi selon cette théorie la sienne, et le nom de l'auteur celui d'un acteur minable qui, devant le secret gardé par De Vere et son complice, Ben Johnson (autre dramaturge), est devenu son prête-nom historique. Projet longtemps convoité par Emmerich, Anonymous suit la voie imperturbable que le cinéaste s'est fixé depuis ses débuts ou presque : perpétuer le sens de l'Histoire et de l'Occident en particulier. Matrice de la tragédie anglo-saxonne et seule véritable référence qui compte pour le nouveau monde où Emmerich a bâti sa carrière, Shakespeare est un prétexte idéal. Il n'y a pas plus symbolique que cette figure, ici balancée dans un thriller politique tourné dans les studios de Babelsberg, haut lieu du cinéma allemand autrefois récupéré par Goebbels pour y tourner des films nazis. Emmerich ne pouvait mieux peaufiner sa trajectoire de cinéaste européen et immigré qu'en traitant ce sujet (qui a vraiment fait l'Histoire ?) dans ce lieu (où on a voulu la faire). Il touche à l'essence de son cinéma conservateur pour qui l'Histoire doit continuer (même après les plus grands bouleversements : Le jour d'après, 2012) et se fabriquer avec les outils de la représentation. En montrant son véritable Shakespeare comme un génial propagandiste capable de sonder l'âme humaine et son époque pour la mettre en mouvement, il fait de l'auteur d'Hamlet un visionnaire croyant dans le pouvoirs des mots et des images avant celui de l'épée. De Richard III comme agitprop à Hollywood ou Hitler, il n'y a qu'un pas dans le contrôle des masses. Emmerich l'a bien compris en redonnant à Shakespeare toute sa portée politique.  Reste la manière. Sur ce point, le cinéma d'Emmerich est clair : inutile de faire du chichi, autant tailler dans le lard. On ne va pas le cacher plus longtemps, Anonymous est assez moche avec son esthétique de peintre hollandais du dimanche. Pas très fin non plus malgré un réel souci de documentation permettant d'étoffer les entrelacs compliqués de l'intrigue (une tragédie Shakespearienne, évidemment), le film est souvent bourrin dans son traitement. Emmerich ne craint pas l'emphase du montage qui tache ou de sortir sa grue numérique, ni de filmer chaque représentation des pièces de Shakespeare en insistant sur leur déluge d'effets spéciaux d'époque, comme s'il fallait absolument trouver des ponts avec son cinéma catastrophe, plus encore qu'insister sur la question de la mise en scène. Ce qui au final n'est pas si grave et plutôt amusant. A mi-chemin du blockbuster en costume et du docu-fiction historique dégénéré avec acteurs au look de métaleux, Emmerich trouve toutefois sa voie, ingrate, pataude, obséquieuse, mais cohérente. Le film gagne au culot et parce qu'il propose une lecture de série B (comme toujours) sur un sujet ambitieux qui ne cache pas sa croyance indéboulonnable dans un monde que l'homme doit maîtriser. Derrière l'Histoire, comptent seulement ceux qui l'écrivent.Jérôme Dittmar © Sony Pictures Releasing France   AnonymousDe Roland EmmerichAvec : Rhys Ifans, Vanessa Redgrave, David ThewlisSortie en salles le 4 janvier 2012
  • A voir à lire ()1
    Plus une romance sur la reine Elisabeth et le comte d’Oxford qu’une refléxion historique sur la paternité des oeuvres de Shakespeare, ce Roland Emmerich atypique est surtout obsédé par sa propre esthétique. Une curiosité néanmoins.