Alexandra : critiques
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- Elle 3
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- Fluctuat 4
La critique de Premiere
(1) 1-
Sophie
Grassin
1
Comme souvent, Sokourov soigne l'esthétique mais tient un discours politique ambigu. La guerre semble lointaine, les soldats sont filmés comme des archanges, on guetterait en vain une allusion aux disparus. Une séquence de fin a beau montrer les deux camps enlacés, Alexandra laisse un sentiments pour le moins mitigé.
Les autres avis de la presse
(6) 3-
Journal du dimanche (Danielle Attali) 2Sans violence, sans combat, la souffrance et l'espoir d'un monde meilleur rôdent dans ce film à la fois applaudi et sifflé au dernier Festival de Cannes. (...) C'est dans la confrontation des femmes russes et tchétchènes que le film devient beau et fort, brûlant et touchant, la première partie se traînant complaisamment dans le camp, parmi les soldats.
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Elle (Michel Palmiéri) 3Restent ces images d'adolescents maigres campant dans une Tchétchénie en ruines, et un sentiment de malaise devant l'incompréhension des protagonistes de ce conflit présenté comme absurde. Malgré sa beauté formelle, sa dimension humaniste et son récit héroïque, Alexandra dérange par son nationalisme informulé, faussement naïf.
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Le Monde (Jacques Mandelbaum) 2Il est à craindre qu'Alexandre Sokourov ne se pose pas les bonnes questions, tant sur le plan politique qu'esthétique. Quels sont les objectifs de l'armée russe en Tchétchénie ? Quelle responsabilité porte-t-elle dans le déclenchement et la persistance du conflit? De quelle idéologie cette intervention procède-t-elle ? Qui en est la véritable victime ? De tout cela, Alexandra ne nous dit ni ne nous montre rien, et la grandiose beauté de son hommage au déchirement de l'âme russe lui sera, moins que jamais, une excuse.
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Paris Match (Christine Haas) 4Alexandre Sokourov brosse ici le portrait d'une grand-mère fatiguée, au sale caractère mais à la main tendue, véritable incarnation de la mère patrie, interprétée par l'inoubliable cantatrice Galina Vishnevskaä. Laissant les violences hors-champ, le réalisateur montre seulement les traces de la guerre visibles sur les corps des jeunes soldats, sur les murs de Grozny, sur les âmes fatiguées des civils. Chargée d'espoir, cette fable mélancolique est un vibrant appel à la réconciliation.
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Fluctuat () 4En faisant séjourner une vieille dame dans un campement militaire russe basé en Tchétchénie, alexandre sokurov plonge comme en apnée dans l'Histoire contemporaine de son pays. Et déploie une fois de plus son regard d'un humanisme exigeant. Du grand cinéma.
- Exprimez-vous sur le forum cinémaPar on ne sait quelle permission spéciale, une vieille dame, Alexandra, se retrouve au milieu des jeunes militaires dans un campement russe en Tchétchénie. Son petit-fils, qu'elle vient visiter comme on visite un malade à l'hôpital, est un des meilleurs officiers. Du campement jusqu'au village local, la grand-mère déambule d'un côté puis de l'autre, fait des rencontres, et porte un regard qu'on imagine être aussi celui du cinéaste : sans jugement, et avec une infinie douceur.alexandre sokurov, ou l'art de créer des situations. Reprenant sa déclinaison des rapports de filiation (Mère et Fils en 1997 ou Père, Fils en 2003), le cinéaste russe réalise en quelque sorte son grand-mère et petit-fils, avec dans le rôle principal une immense chanteuse d'opéra s'improvisant actrice : Galina Vishnevskaya. Toujours cet appel du grand art et des sombres aspects de l'Histoire. Plonger cette artiste dans ce contexte de guerre, un contexte contemporain, c'est tout un symbole que le cinéaste manie avec tact. Il semble avec elle avoir trouvé l'alter ego idéal, une artiste venue d'un autre temps, déposée comme une fleur dans une situation qui la dépasse. Après ses grands films sur les dictateurs du XXeme siècle ("adolph hitler" rec="0", [people rec="0"]Hirohito[/people], "josephe staline" rec="0"), Sokurov délaisse pour la première fois ce filtre historique, cette distance temporelle qu'il rend quasiment matérielle et qui donne à ses films ce style tellement particulier.Et pourtant, filmer le présent ne prend pas chez lui une forme pseudo documentaire ou réaliste. Toujours en apnée, ses images nous plongent dans une sorte d'état méditatif, imposé par le rythme lent et saccadé de la vieille dame. Dans l'agitation qui l'entoure, elle semble en effet imposer des ruptures de rythme, des pauses durant lesquelles ses conversations avec les uns et les autres ouvrent le temps présent sur une profondeur toute humaine. Le cinéaste travaille ainsi, déchirant le flot du temps et de l'Histoire par ces plongées dans ces histoires personnelles, avec toute leur force d'inertie. Un système qui avait trouvé une forme majeure dans l'Arche Russe, avec son long plan séquence fasciné par les murmures de toutes ces histoires passées, dans les couloirs de l'Hermitage. Ici, on poursuit le mouvement, cette déambulation dans les allées de ce campement militaire donnant lieu à des rencontres et des situations sacrément étranges, parfois quasi burlesques, comme lorsque les militaires aident Alexandra à entrer dans un tank. Présence incongrue, cette petite vieille entourée de jeunes hommes parfois aux limites de l'homo-érotisme nous vaut quelques images plutôt surprenantes.La visée historique chez Sokurov vient ainsi du mouvement, de ces travellings légèrement flottants qui semblent nous conduire tout droit à la substantifique moelle de l'époque. L'idée de contemporanéité semble ainsi toute relative chez lui, voire quasiment impossible, comme nous le rappellent les premières images du film, qui nous montrent Alexandra mise dans un vieux wagon de train au milieu de militaires, dans des images sépia qui appellent celles d'une autre époque. A sa manière, qui inclut le présent dans une continuité historique, Sokurov livre pourtant un film au présent relatif et à l'humanisme absolu. En envoyant son personnage se promener dans un marché Tchétchène, y rencontrer d'autres femmes survivant tant bien que mal dans des ruines, le cinéaste s'engage véritablement dans son époque, et met son regard au service d'une réflexion sur une situation insoutenable.Alexandra
De Alexandre Sokurov
Avec Galina Vishnevskaya, Vasily Shetvtsov, Raisa Gichaeva
Sortie en salles le 26 septembre 2007
Illus. © Rezo Films
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