Air Doll : critiques
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La critique de Premiere
(1) 2- Alex Masson2(...) Air Doll est une relecture façon manga de Pinocchio. Nozomi, la poupée, partage avec la marionnette le même regard ingénu sur le monde, qui fait tout le charme mais aussi parfois l’inconvénient du film. Nozomi aurait pu se passer de voix tant ses commentaires sur ce qu’elle découvre de l’espèce humaine ressemblent par moments à une litanie de poncifs, heureusement atténuée par un regard désemparé sur un Japon tout en névroses et sur la condition qu’il réserve aux femmes.
Les autres avis de la presse
(15) 2- StudioCiné Live (Thierry Chèze) 3A l'image des films des grands asiatiques de Cannes 2009 - Thirst, Mother -, il souffre de longueurs scénaristiques inhabituelles chez un auteur dont on apprécie le minimalisme imparable. Air Doll reste pourtant captivant.
- Geek (Virgile Iscan) 4(...) le film prend des allures de vieux Cronenberg, et la déviance propre à un certain cinéma japonais reprend le dessus. La fin offre une critique ultra-violente d'une société qui laisse crever le mal-être qu'elle engendre dans les poubelles.
- Impact (Rurik Sallé) 2(...) malgré un potentiel puissant, le long-métrage de Hirokazu Koreeda choisit souvent la carte d'un pseudo onirisme lent, minimisant le scénario pour préférer une décevante poésie mollassonne en suspension. Reste une mélancolie ambiante troublante, et quelques scènes aux idées magnifiques.
- Fluctuat.net (Eric Vernay) 1Kore-Eda entend faire contraster ce déficit d'âme en milieu urbain par la joliesse de la mise en scène (recrutement du chef opérateur de In the Mood for Love, Mark Lee), épousant la naïveté enfantine, étrangère (l'actrice est coréenne), du regard de l'héroïne. Malgré quelques belles scènes sur la découverte érotique (où la valve devient vulve, et le souffle phallique), l'ensemble reste bien trop appuyé pour atteindre une quelconque poésie. La suggestion, les non-dits, l'humour, bref tout ce qui faisait l'attrait de Still Walking font défaut à cette poupée d'air qui, boursouflée par les intentions, fait « pccht ».
- Chronic'art (Vincent Malausa) (...) Air doll n'est au contraire qu'un gros déluge de guimauve se donnant des airs de sérieux et dont la mise en scène, d'une rare indigence, se limite à refaire le même mouvement de caméra à tous les plans, à chaque fois un peu plus lentement, en tournoyant d'un air intimidant autour de personnages sans épaisseur. Le potentiel de morbidité du sujet, la grandeur baroque qu'il appelle ne sont effleurés que par instants : mais Kore-Eda n'est ni Bava ni Cavalcanti, repartant aussi vite qu'il le peut sur les rails de sa fable gâteuse. Trop fier, peut-être, d'avoir trouvé la clé pour vendanger dans les grandes largeurs ce beau sujet au profit d'un interminable pensum mélodramatique de plus de deux heures.
- L'Express (Christophe Carrière) 1Kore-Eda, l'immense réalisateur de Still Walking, ne manque pas d'air, juste d'une idée pour rendre sa fable moins gonflante.
- Les Inrocks (J.B. Morain) 3(...) le film provoque aussi, à plusieurs reprises, un trouble et une fascination qui dépassent l’enjeu scénaristique, et qui justifient à eux seuls la longueur du film, tant Kore-Eda semble, à chaque scène, chercher à sonder l’épaisseur de son personnage principal, tenter de le percer à jour et de lui faire exprimer des sentiments qui le dépassent lui-même.
- Nouvel Obs (Nicolas Schaller) 1Malheureusement, à force d’affectation poétique et de redondances, la grâce, la légèreté que Kore-Eda ("Nobody Knows", "Still Walking") tente d’insuffler à son film finissent par devenir pesantes. Lourdes comme l’air.
- Le Parisien (Marie Sauvion) 1Récompensée le week-end dernier au festival du film romantique de Cabourg, cette fantaisie inspirée d'un manga tombe à plat.
Une poignée de belles idées - notamment celle de la poupée regonflée par le souffle de son amant lors d'une scène indéniablement érotique - ne suffit pas à compenser l'agaçante naïveté du propos et le relatif inintérêt d'une histoire étirée sur plus de deux heures. De la part de Kore-eda ( «Still walking»), on attendait forcément mieux. - Le Monde (Jean-François Rauger) 2Les saynètes subtilement burlesques s'entrelacent avec d'assez beaux moments d'errance mélancolique. La poupée gonflable, vouée à la disparition dans le grand mouvement de rotation des marchandises devient ici la métaphore d'un monde creux et désaffecté.
- Télérama (Jacques Morice) 1Adaptée d'un manga, cette fable se distingue des autres films de Kore-Eda (Nobody knows et Still walking) : sujet inattendu, mise en scène hétérogène, davantage de personnages secondaires. Autour de l'air et du souffle, le réalisateur tisse de jolies métaphores sur la légèreté ou la pesanteur de l'existence, le sentiment de plénitude ou de vacuité. Bae Doona, actrice déjà remarquée dans Sympathy for Mr Vengeance et The Host, est étonnante en poupée mécanique dotée d'une âme. Séquence ahurissante : la poupée se coupe et se dégonfle, son jeune amoureux s'empresse de la regonfler. Et tout en la sauvant la fait jouir...
- Journal du dimanche (Barbara Théate) 1On attendait beaucoup du talentueux auteur de Nobody Knows et Still Walking. La déception est d’autant plus amère. On apprécie la métaphore originale pour traiter du sens de la vie et de nos sociétés privées de tout altruisme, de même que le ton onirique et délicatement décalé de la fable. Malheureusement, le propos se délite, se répète et la poupée gonflable devient gonflante.
- Les Cahiers du cinéma (Stéphane Delorme) Pourquoi cette double vie doublement insignifiante qui empêche toute possibilité de récit ? Kore-Eda en bon fétichiste s'en balance, il a film les scènes qui lui plaisaient ; le reste du temps, il avait la tête ailleurs.
- Fluctuat () 1Oubliant la subtilité et le pouvoir de suggestion qui faisaient le prix du portrait familial Still Walking ou de la chronique sociale Nobody knows, Kore-Eda Hirokazu chausse ses gros sabots pour adapter un manga récent, The pneumatic Figure of a girl, de Gouda Yoshiee (2001). Dommage, car Air Doll, conte cruel sur la solitude urbaine, ne manque pas de belles idées.Issu du documentaire, Kore-Eda Hirokazu s'écarte de la fiction réaliste qui a fait son succès (Distance, Nobody knows, Still Walking) pour tenter une nouvelle incursion dans le domaine du conte, douze ans après After Life. Contrairement aux précédents films du cinéaste nippon, Air Doll n'émane pas d'une idée originale ou d'un fait divers, mais d'un roman graphique de vingt pages, The pneumatic Figure of a girl, de Gouda Yoshiee (2001) : l'histoire d'une poupée gonflable, dont le coeur se met un jour à battre. Subissant quotidiennement les assauts sexuels d'un dépressif eudeuillé, cette cousine plastifiée de Pinocchio et du petit robot David dans A.I., va alors découvrir la vie, de son oeil innocent. Et rencontrer l'amour, forcément. Car selon le poète Yashina Hiroshi, « la vie semble ainsi faite qu'on ne peut être vraiment heureux seul ». Mais avoir un coeur, nous répète inlassablement Kore-Eda, cela fait souffrir. Surtout lorsqu'on évolue dans un monde (ici le Japon) peuplé d'une somme d'individualismes, accolés les uns aux autres dans un tas de solitude hermétique. Pour illustrer cette idée, le cinéaste égrène, selon le mouvement circulaire de systématiques travellings, une galerie de personnages tous plus pathétiques les uns que les autres. En gros, les femmes sont superficielles ou mortes, et les hommes égoïstes ou obsessionnels. Dans ce contexte bien triste, régi par l'onanisme, le mensonge et la frustration, le sentiment amoureux se réduit à une projection de soi : un ersatz, qu'incarne à son degré ultime la poupée gonflable.Kore-Eda entend faire contraster ce déficit d'âme en milieu urbain par la joliesse de la mise en scène (recrutement du chef opérateur de In the Mood for Love, Mark Lee), épousant la naïveté enfantine, étrangère (l'actrice est coréenne), du regard de l'héroïne. Malgré quelques belles scènes sur la découverte érotique (où la valve devient vulve, et le souffle phallique), l'ensemble reste bien trop appuyé pour atteindre une quelconque poésie. La suggestion, les non-dits, l'humour, bref tout ce qui faisait l'attrait de Still Walking font défaut à cette poupée d'air qui, boursouflée par les intentions, fait « pccht ».Air DollDe Kore-Eda HirokazuAvec Du-na Bae, Arata, Jô OdagiriSortie en salles le 16 juin 2010[mediabox id_media="128555" align="null" width="550" height="366"][/mediabox] Illus © Océan Films Eric Vernay - Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez les fils adaptation, cinéma fantastique, japon sur le blog cinéma- Kore-Eda Hirokazu sur Flu : lire les critiques de Nobody Knows (2004), Still Walking (2009)- Voir notre entretien vidéo avec Kore-Eda Hirokazu
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