Adieu Gary : critiques
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La critique de Premiere
(1) 1-
Veronique
Le Bris
1
Une chronique douce par le temps que le jeune réalisateur prend à installer ses personnages, par la beauté
du village et par la chaleur accablante de l’été. Et amère parce qu’il n’y a rien à attendre d’une telle vie. Comme Samir et ses comparses, on s’ennuie dans ce village moribond. Et ce ne sont ni les accents de vérité que Jean-Pierre Bacri et Dominique Reymond donnent à leurs rôles ni la fantaisie poétique du personnage de José qui parviennent à nous sortir de cette léthargie voulue, certes, mais pesante et sans issue.
Les autres avis de la presse
(5) 3-
Pariscope (Virginie Gaucher) 3En dépit du décor surprenant - une grand-rue, une voie ferrée- et de la référence à l’acteur américain, il ne s’agit pourtant pas d’un western. Cette chronique sociale aborde en peu de mots et avec un charme infini, une infinité de thèmes : le déracinement, l’intégration, les liens familiaux sont évoqués avec un réalisme nimbé de poésie et de fantastique. Le film rappelle aussi avec mélancolie, sans poings levés, la fin du monde ouvrier, le local syndical transformé en mosquée, l’usine vidée. Le ton du film, désenchanté mais drôle, fait le reste, mêlant tendresse et douceur sur la belle musique du Trio Joubran. Quant aux acteurs, qu’ils attendent qu’un train passe, du travail, de l’amour ou Gary Cooper, ils sont tous d’une grande justesse.
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Télérama (Pierre Murat) 3C'est un premier film court, aérien, fragile, présenté et primé à la Semaine de la critique de Cannes 2009. S'il séduit, c'est surtout parce qu'il est en osmose parfaite avec ses personnages : doux et discret, comme eux.
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Le Monde (Jacques Mandelbaum) 3Adieu Gary, découvert cette année au Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique, a tous les arguments pour endosser le rôle d'une surprise estivale. (...) Le film ressemble à la recherche tout à la fois d'une forme collective et d'un avenir incertain. Et nous pose, comme sans y toucher, des questions brûlantes : celle de la transmission des valeurs, du vivre ensemble, du peuple qui manque, de la mythologie qui pourrait le redéfinir. Il n'y apporte d'ailleurs d'autre réponse que celle de sa propre grâce. C'est un excellent début, aux spectateurs de continuer le combat
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Fluctuat () 4Etonnant de maîtrise et de sérénité, le premier film de Nassim Amaouche (Grand Prix de la Semaine de la Critique, à Cannes) invente le western onirico-social. Tendre et implacable. Nassim Amaouche aime les no man's land. Déjà dans son précédent documentaire, Quelques miettes pour les oiseaux, il filmait un lieu déserté, à la frontière jordano-irakienne. Pour Adieu Gary, le réalisateur n'est pas allé si loin géographiquement, mais a semble-t-il cherché la même atmosphère, le même sentiment d'ennui et d'abandon. Le film a été tourné en Ardèche, dans une cité ouvrière presque entièrement vidée de ses habitants. Au centre, la grand-rue : pas un chat. On entend seulement le vent pousser les feuilles sur le tarmac. Filmé en 35 mm avec d'élégants plans larges, ce décor est celui d'un western.Samir incarne « l'étranger » dans la ville. Non parce qu'il est maghrébin - communauté très représentée à la Cité blanche du Teil - mais car c'est le fils prodigue, de retour après un séjour en prison. Sorti des ténèbres par un surprenant tunnel de mine, au volant d'une Mercedes, il veut se remettre sur de bons rails. Vers la lumière. Son père Francis lui offre un modèle digne mais pesant d'ouvrier travailleur, qui n'hésite pas à faire des heures sup', alors que l'usine a fermé depuis des mois. Mais après avoir tenté un job ingrat dans un supermarché, avec costume ridicule obligatoire, Samir décide qu'il ne veut pas être exploité toute sa vie. Pas comme son père, qu'il respecte pourtant profondément. Avide de vie et de liberté, Samir redécouvre sa ville, et ses habitants. Peu nombreux, souvent issus de l'immigration maghrébine, ils ont réinvestis les lieux, comme ce local ouvrier, changé en mosquée de fortune. Il y a aussi Maria, française de souche et nouvelle compagne de son veuf de père. Elle gagne sa vie en testant sur elle des produits médicaux (au grand dam de Francis), tandis que son jeune fils José, ado mutique, attend le retour improbable de son père naturel. Un père fantasmagorique, censé ressembler à Gary Cooper. Illusion dérisoire...Amaouche s'attarde avec tendresse sur les visages de ses personnages déshérités, sans jamais les surplomber ou s'adonner à la mièvrerie. Malgré la lenteur de son pouls, Adieu Gary est gorgé de vitalité, de sensibilité, et d'émotions. Virant parfois à l'onirisme, l'esthétique western confère une profonde majesté à ces héros tragiques, qui s'obstinent à survivre dans un monde qui ne veut plus d'eux. Grave et beau, tendre et implacable.Adieu GaryDe Nassim Amaouche Avec Jean-Pierre Bacri, Dominique Reymond, Yasmine BelmadiSortie en salles le 22 juillet 2009[mediabox id_media="101225" align="null" width="500" height="333"][/mediabox]Illus © StudioCanal Eric Vernay - Exprimez-vous sur le forum cinéma- Lire les fils festival de cannes, semaine de la critique sur le blog cinéma
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