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La critique de Premiere
(1)3- Christophe Narbonne3Émule surdoué de Nicole Garcia et d’Agnès Jaoui, Giannoli place l’homme au centre de son cinéma, par essence imprévisible, cruel et touchant. Située dans le monde rude et populaire du BTP (au passage, le film se fait l’écho de la crise qui frappe les plus démunis), l’histoire ne favorise pas une mise en scène lyrique.
Les autres avis de la presse
(13)3- StudioCiné Live (Sandra Benedetti)3Cluzet, grandiose, tout en frémissements et lignes de fuite, se lézarde, met à nu l'humain derrière le mystificateur. Il n'y a plus qu'un homme dans sa vérité révélée qui se laisse aller à aimer une femme et qui sait enfin où il va : au bout de lui-même.
- Les Cahiers du cinéma (Nicolas Azalbert)1Attribuer à François Cluzet le rôle principal s'avère être une erreur de casting, non parce qu'il est mauvais mais parce qu'il désamorce d'entrée toute incertitude quant au développement de l'histoire et du personnage. Le film ne manque pas de dérouler son scénario sans surprise (...). L'âpreté de la première partie se dilue dans un bain de bons sentiments et tombe dans un moralisme bon marché : la malhonnêteté exclut et rend triste, la bonté fédère et rend heureux !
- Elle (Anne Diatkine)2Le film tient par les acteurs et devient de plus en plus passionnant au fur et à mesure que les cartes échappent au spectateur, comme à l'imposteur qui finit par prendre au sérieux sa fonction d'homme providentiel.
- Positif (Eric Derobert)3Point très fort du film. Alors qu'eût été assurée la réussite de scènes comiques autour du ridicule des emberlificotés face à l'arnaqueur, c'est tout un peuple incarné qui s'anime sur l'écran cinémascope de Xavier Giannnoli : les acteurs sont dirigés dans la vérité de leurs personnages, jamais dans le clin d'oeil amusé.
- A voir à lire (Gérard Crespo)3(...) Emmanuelle Devos apporte son métier impeccable à incarner ce rôle ingrat, et le couple qu’elle formera avec Cluzet, s’il n’est pas le meilleur élément du film, n’en forme pas moins le cœur d’un récit parallèle adroitement imbriqué à la trame principale. Certains préfèreront la maladresse plus touchante de la première fiction de Giannoli, Les Corps impatients, ou le ton mélancolique de Quand j’étais chanteur, avec un Gérard Depardieu ressuscité, et que l’on retrouve ici dans le second rôle d’un odieux maître-chanteur. Mais À l’origine dénote un métier plus sûr, le cinéaste retrouvant l’inspiration des artisans du cinéma français de la grande époque, celui des Duvivier et des Clément. Dans un contexte cannois favorable au nombrilisme et à la pause, ce courant ne doit pas être méprisé.
- Fluctuat.net (Jérôme Dittmar)3Le passage d'une partie à l'autre est le maillon faible du film, il bute sur la difficulté de Giannoli à montrer la révélation de son escroc (François Cluzet). Le problème ne découle pas de l'acteur, très bon, plutôt de son opacité que le cinéaste peine à faire évoluer. En dépit de cette transition délicate, mais justifiée à divers endroits du scénario, la seconde moitié du film est la plus passionnante d'un point de vue théorique. En construisant cette autoroute qui comme lui ne va « nulle part » (dialogue clé), le personnage trouve une forme de renaissance à la fois absurde et profonde lui permettant de reprendre contact avec la réalité et les autres. Plus qu'un chef de chantier, il devient le metteur en scène d'une fiction du réel (tout est bidon et pourtant vrai), et ses ouvriers les techniciens d'un film évoquant par aspects une mise en abîme du cinéma.
- 20 Minutes (Caroline Vié)3[...] Et si, dans ce rôle d'escroc peu banal, François Cluzet est épatant, A l'origine s'appuie aussi sur des seconds rôles vraiment convaincants : la chanteuse Soko, très fraîche dans le rôle de l'assistante qui découvre progressivement la vérité sur son patron. Et Brice Fournier, le Kadoc de la série « Kaamelott », qui apporte sa force tranquille au personnage du chef de chantier bourru. Par son script sans faille ni temps mort, Xavier Giannoli leur laisse à tous la place d'exister.
- Le Parisien (Hubert Lizé)3Toujours sur le fil du rasoir, François Cluzet trouve l’un de ses meilleurs rôles, aux côtés d’une Emmanuelle Devos impeccable de justesse, dans ce thriller social à dimension épique. Giannoli réussit à démonter précisément les ressorts de l’arnaque sans nuire au suspense de l’intrigue. Tourné dans le Nord, en plein hiver, sur un terrain boueux, son film allie la force brute d’une épopée harassante, à l’image de ces engins de chantier mastodontes, à la délicatesse d’une émouvante aventure humaine.
- Télérama (Cécile Mury)3Un fait divers réel, survenu il y a une dizaine d'années, a inspiré à Xavier Giannoli ce film superbe, histoire d'une ahurissante fuite en avant, aux résonances très contemporaines. Une vraie parabole sur la crise actuelle. Qu'est-ce qui distingue, au fond, un mystificateur comme Paul d'un de ces spéculateurs qui, chaque jour, dans chaque place boursière, jouent au poker menteur avec le destin des gens, font et défont des milliers d'emplois, à coups d'acrobaties financières ?[...] A l'origine n'est pas seulement l'histoire d'un gigantesque abus de confiance. C'est aussi - surtout - une fable étonnante sur un groupe de gens qui retrouvent un élan collectif, une forme de solidarité perdue.
- Le Monde (Jean-Luc Douin)4Raccourci, remonté depuis sa projection cannoise, et du coup plus vif, plus émouvant, A l'origine raconte moins l'histoire d'une arnaque que la spirale qui entraîne l'usurpateur dans une sorte de rédemption, via l'alchimie du virtuel au réel. Giannoli fait exister une myriade de personnages "secondaires", qu'il enracine dans leur contexte géographique et social. Stéphanie Sokolinski fait une bien belle irruption dans le cinéma en femme de chambre d'hôtel propulsée comptable, Vincent Rottiers est parfait en voyou avide de réinsertion, Emmanuelle Devos est bouleversante dans le rôle du maire de la commune.
- Paris Match (Alain Spira)3Très applaudi au dernier Festival de Cannes, ce film, inspiré de faits réels, est aussi palpitant que bouleversant.
- Fluctuat ()4Après son beau mélo Quand j'étais chanteur, Xavier Giannoli rehausse ses ambitions d'un cran. Avec A l'origine, il livre une oeuvre parfois inégale mais souvent puissante sur les forces de la fiction et du cinéma.Par définition, une route va d'un point A à un point B. Elle est un segment entre deux destinations, un espace de transition. Celle que Xavier Giannoli traverse dans A l'origine ne va nulle part. Elle est un cheminement en soi. Il y a bien un départ et une arrivée, mais pas entre deux pôles géographiques. Sa route tient d'un mouvement pur, ce qui ne l'empêche pas de décrire une ligne dont la géométrie serait sans enjeux, bien au contraire. Au commencement, il y a un fait divers : quelques années en arrière, Giannoli apprend dans un journal l'histoire d'un petit escroc qui se serait fait passer pour un chef de chantier et aurait construit une autoroute au milieu d'un champ. Avec toute l'ingénierie nécessaire, les ouvriers et l'appui de diverses communes, fonçant aveuglément dans le panneau après que ce chantier eut été laissé, des années plus tôt, à l'abandon - laissant ainsi la région dans une douloureuse situation économique. Ce qui intéresse Giannoli dans l'histoire de cet homme ne repose pas sur le récit incroyable d'une arnaque, puisque l'escroc ne gagnera rien dans l'affaire, pas un sou, même si l'argent demeure un temps sa vague et naturelle motivation. C'est plutôt la puissance romanesque du personnage et de son aventure invraisemblable qui a titillé l'intérêt du cinéaste. Par quels moyens une telle aventure a pu devenir réalité, qui étaient les hommes qui ont participé à ce projet délirant et qu'est-ce qu'on peut en tirer pour le cinéma.Dans sa version cannoise, A l'origine durait vingt minutes de plus, essentiellement focalisées autour d'un long prologue explicatif sur le passé du personnage. Le film a certainement gagné dans ce remaniement. Sa première partie, consacrée à la mise en place de l'arnaque, dévoile désormais un héros discret, énigmatique, insaisissable, et dont l'histoire se révèle au compte goutte, sans réel retour au psychologique. Porté par les évènements et les autres voyant en lui un homme providentiel, ce dernier se laisse donc embarquer dans la construction de cette autoroute, prenant progressivement conscience du monde qui l'entoure. Tout ce premier tronçon du film est saisissant : Giannoli montre avec précision et fluidité chaque rouage ayant permis au projet d'aboutir. Comptent moins l'usurpation d'identité, la capacité de l'escroc de flouer les autres (il reste généralement silencieux), que la crédulité aveugle des protagonistes. Une approche permettant au cinéaste de tisser alors une toile serrée prenant des allures de thriller industriel et social, avec ses multiples seconds rôles et un certain suspens, avant de bifurquer vers la seconde partie. Après une description concrète des situations, lieux, paysages, hommes, sans toutefois opter pour le bilan socio-économique, Giannoli fait ainsi basculer son film et son personnage dans une dimension plus abstraite, pour ne pas dire métaphysique.Le passage d'une partie à l'autre est le maillon faible du film, il bute sur la difficulté de Giannoli à montrer la révélation de son escroc (François Cluzet). Le problème ne découle pas de l'acteur, très bon, plutôt de son opacité que le cinéaste peine à faire évoluer. En dépit de cette transition délicate, mais justifiée à divers endroits du scénario, la seconde moitié du film est la plus passionnante d'un point de vue théorique. En construisant cette autoroute qui comme lui ne va « nulle part » (dialogue clé), le personnage trouve une forme de renaissance à la fois absurde et profonde lui permettant de reprendre contact avec la réalité et les autres. Plus qu'un chef de chantier, il devient le metteur en scène d'une fiction du réel (tout est bidon et pourtant vrai), et ses ouvriers les techniciens d'un film évoquant par aspects une mise en abîme du cinéma. Peu importe alors que Giannoli surexpose parfois trop le caractère religieux et héroïque de cette quête, elle rappelle d'abord l'importance du récit, de la fiction, du romanesque, comme meilleur moyen d'éclairer et changer le monde. Toute cette dernière partie est aussi soutenue par un scope puissant (chantier de nuit balayé par la pluie et noyé de boue, horizon du champ à perte de vue), donnant à l'image une étonnante amplitude. La route, son aboutissement matériel alors qu'elle semble suspendue dans le vide, illustrant avec force le regard de cet escroc qui du faux fait exister un monde où vivre ensemble. A l'origine De Xavier GiannoliAvec : François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard DepardieuSortie en salles le 11 novembre 2009[mediabox id_media="112916" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Jérôme Dittmar- Exprimez-vous sur le forum cinéma- Suivez le fil festival de cannes sur le blog cinéma- Xavier Giannoli sur Flu : lire les critiques de Les Corps impatients (2003), Quand j'étais chanteur (2006)
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