A Serious Man : critiques
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La critique de Premiere
(1) 3-
Gérard
Delorme3Avec A Serious Man, les Coen ouvrent un chapitre nouveau dans leur filmo, offrant un de leurs longs métrages les plus personnels. Et un des plus hermétiques aussi avec son vocabulaire yiddish omniprésent et non sous-titré. La principale qualité du film, qui est de ne rien résoudre, risque aussi de provoquer la perplexité en dépit de fréquents éclairs de génie (par exemple une
prodigieuse séquence d’accident en montage parallèle). Espérons que si les frères poursuivent dans cette voie, ils s’appuient sur un récit plus universel. Ils l’ont peut-être trouvé avec Le Club des policiers yiddish de Michael Chabon, dont ils ont acheté les droits.
Les autres avis de la presse
(18) 3- Technik'art (François Grelet) 2(...) même avec la pression, les Coen ne déçoivent pas et refont leurs plus beaux gestes techniques, agrémentés d'une vista qu'on ne leur connaissait plus. S'ils finissent pas bouffer la feuille de match, c'est parce qu'ils en font finalement un peu trop dans les crochets et les déviations.
- StudioCiné Live (Véronique Trouillet) 2Les Frères Coen vont alors le [Larry] torturer encore plus, multipliant ses déboires et l'enfonçant toujours plus dans le désespoir jusqu'à ce qu'il réalise que sa vie est dépourvue de sens. C'est sinistre et hautement déprimant.
- Les Cahiers du cinéma (Bill Krohn) 4A Serious Man est un film kabbalistique parce que le gnosticisme sous toutes ses formes est la religion des artistes, dont le précurseur est le Démiurge et dont le précurseur du précurseur est le vrai Dieu. Quand on ouvrira la boîte, le chat sera toujours mort.
- Rolling Stone (Caroline Vié) 3L'ombre du désespoir plane sur cet "homme sérieux" d'une intense drôlerie, qui démontre que ce changement d'air et de registre a fait du bien aux réalisateurs de Burn After Reading. Les frères Coen n'ont pas fini de nous étonner et c'est tant mieux !
- Les Inrocks (Serge Kaganski) 4Leur récit de la condition juive vaut d’ailleurs pour n’importe quelle autre minorité au passé culturel fort et qui entend s’insèrer dans les démocraties contemporaines à l’époque de la globalisation : le bagage culturel dont on hérite est un atout, une richesse, à condition de ne pas le figer en dogme, de savoir s’en délester en le fécondant au contact des mille vents qui soufflent sur une existence. L’identité est une aventure à la fois individuelle et collective, qui se construit et se transforme au long d’une vie, mute d’une génération à l’autre. Tel est le propos fort et sage émis par les Coen dans leur nouvelle comédie tragique. Géniaux, on disait.
- Fluctuat.net (Jérôme Dittmar) 3Malin et ciselé, A Serious Man se présente ainsi comme tragi-comédie où chaque personnage possède son rapport métaphysique aux choses : le frère et sa version perso de la kabbale, le fils dans des voluptés de marijuana, Larry pour qui les mathématiques sont une réponse universelle. Mais pour les Coen, ce petit jeu avec la religion et ses dérivés est surtout une façon d'affirmer qu'à trop chercher du sens, on finit par se perdre devant l'absurde. (...) Toute l'œuvre des Coen et le film tiennent là : dans un rire froid, tragique, mais qui en dit long sur les travers des hommes.
- Nouvel Obs (Nicolas Schaller) 3Ce concentré du style Coen, d’une liberté et d’une maîtrise sidérantes, dit tout l’air de rien. Oui, la vie n’a pas de sens. Et les frères Coen l’ont trouvé.
- L'Express (Julien Welter) 3Histoire simple, humour absurde, maîtrise formelle, beau film.
- Le Parisien (Marie Sauvion) 4Après les récents « No Country for Old Men » et « Burn After Reading », Joel et Ethan Coen signent une comédie archipersonnelle ils ont eux-mêmes grandi dans une communauté juive du Minnesota et désespérément drôle. L’accumulation des malheurs qui frappent leur antihéros, la façon quasi sadique dont la mise en scène dévoile l’absurdité du monde, l’humour noir qui parcourt cette fable philosophique, son dénouement abrupt en font une œuvre passionnante. Jamais on n’aurait cru rire autant en apprenant que la vie n’a aucun sens !
- Le Monde (Jacques Mandelbaum) 4A Serious Man livre ainsi, pour la première fois de manière aussi explicite, une clé essentielle de l'oeuvre des frères Coen : sa filiation avec la culture juive américaine. (...) Mais c'est aussi bien sa stupéfiante séquence d'ouverture, qui constitue un véritable coup de force dramaturgique : un apologue en noir et blanc, situé en Europe orientale, dialogué en yiddish, et inventé de toutes pièces par les cinéastes, à mi-chemin entre conte traditionnel et film gore. Entre ce prologue fantasmé et l'histoire du martyr Larry Gopnik, c'est bien un monde perdu qui gît dans le raccord. Quitte à renaître en dibbouk persécuteur, pour hanter l'un des plus grands films des frères Coen.
- A voir à lire (Sébastien Mauge) 4Chez les frères Coen, les films se suivent à grande vitesse mais ne se ressemblent pas. Après la splendide noirceur de No country for old men et l’exquise absurdité de Burn after reading, voici une œuvre à nouveau surprenante, une vraie comédie dramatique (terme souvent galvaudé) doublée d’un conte métaphysique qui, impossible de s’y tromper, ne peut être imputable qu’aux auteurs.
- Télérama (Louis Guichard) 4Le prologue du film, petit conte folklorique yiddish, aboutit à la même impossibilité d'établir jamais une vérité absolue. Et c'est, finalement, à l'affirmation d'une morale d'artiste que l'on assiste. Voire à la naissance de cette morale. En témoigne une scène incroyable où le fils de Larry - forcément identifiable aux frères Coen jeunes - entend, le jour de sa bar-mitsva, et contre toute logique, des paroles de « son » groupe rock psychédélique, Jefferson Airplane, dans la bouche même du rabbin le plus éminent. Le salut est donc d'ordre poétique. La réponse réside dans la fantaisie, la vérité dans les chimères. La consolation est le film lui-même, le plus libre, le plus personnel et le plus émouvant des frères Coen.
- Journal du dimanche (Barbara Théate) 3Comme l’indique le titre, les Coen signent ici leur film le plus sérieux: dans sa forme, avec une réalisation quasi ascétique; et dans son fond, avec ses interrogations, un brin dépressif sur la société. Tout en gardant une bonne dose d’absurdité avec son ton désopilant et une galerie de personnages cocasses, en total décalage avec la réalité.
- Libération (Phillipe Azoury) 4C'est l'horreur chaque matin mais, quand on voit le film, on ne s'en rend presque pas compte : il y a une mise en scène pour vous faire croire qu'on est enfoncé avec Gopnik dans son pétrin perso, mais contrairement à lui, tout en passant une heure quarante à s'amuser.
- Le Figaro (Marie-Noëlle Tranchant) 4Sa quête existentielle pataude est un régal d'humour et d'humanité, d'une constante justesse d'écriture.
- Paris Match (Alain Spira) 3Si l'on s'amuse beaucoup, si les situations sont drôles et les gags désopilants, c'est pourtant la compassion pour cet homme sérieux, injustement malmené par la vie, qui prend le dessus. (...) ce film, un de leurs meilleurs, est comme une bonne blague juive, aussi comique que tragique.
- Fluctuat () 4Après l'inégal Burn After Reading, les frères Coen retrouvent une certaine amplitude avec A Serious Man, comédie métaphysique sur le non sens de la vie.Les films des frères Coen sont souvent des mises à l'épreuve pour leurs personnages. N'échappant pas à cette règle, A Serious Man représente aussi une petite variation théorique de leur cinéma. Mettons ce qui pourrait illustrer son équation. Comme l'était Burn After Reading, mais dégraissé de toutes stars, le film se veut d'abord une comédie, noire, cruelle, un peu sadique, cynique, dominatrice. Rien d'étonnant, on connaît par coeur, c'est l'éternel crédo des cinéaste, à prendre ou à laisser. Tout commence ici par un prologue en yiddish, a priori séparé du récit, puis bifurque vite sur Larry, professeur universitaire de physique assailli par les problèmes : entre son épouse demandant le divorce pour filer avec son amant, la future Bar Mitsvah de son fils, sa fille obsédée par ses cheveux, son frère barré dessinant une carte de l'univers, un étudiant coréen lui faisant du chantage et un voisin crypto nazi, il doit faire face à un lot de situations et de questions bouleversant son rapport au monde. Car pour Larry tout à une logique, et sa quête de soutien face aux bouleversements qu'il traverse l'amène à la rencontre de plusieurs rabbins pour trouver des réponses. Communauté juive oblige, comme les Coen qui livrent avec cette intrigue teintée de mysticisme leur réinterprétation du Livre de Job. A Serious Man, c'est ainsi l'histoire d'un homme dont la droiture et le sens moral sont mis en péril. C'est aussi et par conséquent l'histoire d'une dérive où chacun trouve son propre rapport à Dieu, pour toute sorte de raisons.Malin et ciselé, A Serious Man se présente ainsi comme tragi-comédie où chaque personnage possède son rapport métaphysique aux choses : le frère et sa version perso de la kabbale, le fils dans des voluptés de marijuana, Larry pour qui les mathématiques sont une réponse universelle. Mais pour les Coen, ce petit jeu avec la religion et ses dérivés est surtout une façon d'affirmer qu'à trop chercher du sens, on finit par se perdre devant l'absurde. Tel que l'indique un carton en exergue (« acceptez avec simplicité ce qu'il vous arrive »), l'ignorance est parfois une forme de liberté. Et si Dieu existe (ce dont les Coen doutent), c'est moins lui qui nous juge que nos actes, garants de notre moralité : d'où l'éternel retour au motif circulaire de l'argent (le chantage du Coréen), que les cinéastes utilisent systématiquement pour tester la vertu de leurs personnages. Film sur la croyance et la perception tout autant qu'un portrait de la famille dans l'Amériques des 60's, A Serious man est aussi une oeuvre balisée de signes. C'est là que se déploie la mise en scène des cinéastes, faisant coller chaque image au récit et aux personnages, l'habile exécution formelle des Coen entretenant un plaisir quasi ludique du déchiffrement (plans qui se répondent, etc). Surtout, elle souligne leur obsession pour les mécaniques dont l'être serait le rouage, quelque chose lié à leur conception du monde et leur relation à une Amérique observée non sans nihilisme. Toute l'oeuvre des Coen et le film tiennent là : dans un rire froid, tragique, mais qui en dit long sur les travers des hommes.A Serious Man De joel coen et Ethan CoenAvec : Michael Stuhlbarg, Richard Kind, Sari LennickSortie en salles le 20 janvier 2009[mediabox id_media="119966" align="null" width="500" height="333"][/mediabox] Ills © StudioCanal Jérôme Dittmar - Exprimez-vous sur le forum cinéma - Lire le fil réalisateur sur le blog cinéma- Les frères Coen sur Flu : lire les critiques de O' Brother (2000), Intolérable Cruauté (2003), LadyKillers (2004), No Country for Old Men (2008), Burn After Reading (2008)
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