Nafissatou Diallo, la femme de chambre accusant Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle s’est exprimée ce matin dans l’émission Good Morning America, diffusée sur ABC News. L’occasion pour elle de raconter sa version des faits et d'expliquer pourquoi elle sort du silence. Découvrez un extrait de cet entretien.

Nafissatou Diallo, la femme de chambre accusant Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle s’est exprimée ce matin dans l’émission Good Morning America, diffusée sur ABC News. L’occasion pour elle de raconter sa version des faits et d'expliquer pourquoi elle sort du silence. Découvrez un extrait de cet entretien. Le nom de Nafissatou Diallo est sur toutes les lèvres depuis le début de l’affaire DSK en mai 2011. Mais son visage lui n’apparaissait que sur des anciennes photos diffusées au compte goutte. Cette mère de famille, élevant seule sa fille, travaillait comme femme de chambre dans un hôtel de New York. Sa célébrité, elle la doit à une affaire judiciaire. C’est elle en effet qui accuse Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle. Une affaire qui a précipité la chute du président du FMI également favori de la présidentielle de 2012.Depuis la médiatisation de cette affaire, Nafissatou Diallo gardait le silence. Un silence qu’elle vient de briser après des mois de discrétion. La jeune femme a en effet accordé une interview au journal Newsweek et à l’émission Good Morning America pour révéler sa version des faits. Elle parle avec beaucoup de gestes pour décrire ce qui, selon elle, s’est passé dans la chambre 2806 : "Il m’a dit vous êtes belle(…) Il m’a touché la poitrine et je lui ai dit "arrêtez je ne veux pas perdre mon travail". Il n’a pas arrêté de me pousser. J’avais si peur. »Nafissatou Diallo tient également à réaffirmer le fait qu’elle ne connaissait pas Dominique Strauss-Kahn avant de le rencontrer dans cette chambre d’hôtel. Elle avoue également que, lorsqu’elle a appris son identité, elle a eu peur pour sa vie : "Je l'ai appris en regardant les infos le lendemain de l'agression. Ils disaient que ce type allait être le prochain président de la France. Et j'ai pensé ils vont me tuer, je vais mourir ". À la question "Pourquoi pensiez-vous cela ?" elle répond simplement : "Dans mon pays, un homme aussi puissant que lui… Ils allaient me tuer avant que quelqu’un ne l’apprenne."L'accusatrice de cette affaire DSK sort de l’ombre près de trois mois après le début des faits. Une prise de parole qu’elle explique en affirmant : "Je n'ai jamais voulu parler publiquement, mais je n'ai pas le choix... Je dois le faire, pour moi. Je dois dire la vérité, je veux que justice soit faite, je veux qu'il aille en prison. Je veux qu'il sache qu'il existe des endroits où vous ne pouvez pas vous servir de votre argent, de votre pouvoir quand vous faites une chose pareille."Interrogée sur sa perte de crédibilité et les doutes du procureur à son encontre, elle reste vague concernant son passé et reconnait "des erreurs" mais elle déclare : "Dieu est témoin que je dis la vérité. Du plus profond de mon cœur. Dieu le sait."Prochain rendez-vous devant la justice pour Dominique Strauss-Kahn : le 1er août prochain. Une chose est sûre, ce témoignage ne passera pas inaperçu et jouera lui aussi un rôle dans la bataille judiciaire qui oppose actuellement à New York les avocats de l’homme politique et ceux de Nafissatou Diallo.