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Premier judoka quintuple champion du monde, Teddy Rinner est en course dans ces Jeux Olympiques de Londres pour remporter le seul titre qui lui manque, l’or olympique. Pour Télé 7 Jours, le surdoué des tatamis français donne ses impressions avant l’épreuve.

Êtes-vous prêt à entrer dans l’histoire des Jeux Olympiques ?Teddy Rinner : Oui ! J’ai hâte d’aller au combat et d’offrir à la France la plus belle des médailles. L’or olympique, c’est mon grand rêve, mon but ultime. Je suis conscient de vivre le jour le plus important de ma carrière et de ma vie.Quels adversaires redoutez-vous ?Tous les compétiteurs présents. Je ne sous-estime personne car la quête de l’or olympique a la particularité de transcender les sportifs.Comment gérez-vous votre statut de grand favori ?J’ai beau avoir cette pancarte accrochée à mon kimono, dans ma tête, je reste et je suis un simple outsider. C’est comme cela que j’évacue la pression.Repensez-vous aux Jeux Olympiques de Pékin (2008) où vous aviez raté la médaille d’or de peu ? Je ne peux pas l’oublier. Mais cette expérience m’a permis d’aller de l’avant et d’être prêt pour les jeux de Londres. Aujourd’hui, j’ai une palette technique plus importante et plus de lucidité dans mes combats.Quels sont vos rituels avant les combats ?Mon sac de compétition. Il contient toujours les mêmes choses : mon kimono, ma ceinture noire, mon casque de musique pour me mettre dans ma bulle, des barres de céréales, une eau gazeuse et le même paquet de bonbons. Ce dernier, je n’y touche pas, mais j’aime bien le savoir à mes côtés.Que ressentez-vous quand vous écoutez la Marseillaise ?Une immense fierté ! L’équipe de France, je l’ai dans la peau. Le kimono avec le coq, c’est le plus beau qui existe. Et je suis toujours très touché quand les gens me félicitent ou m’encouragent dans la rue. Je n’ai pas envie de les décevoir.Cette future médaille d’or, à qui aimeriez-vous la dédicacer ?À ma mamie Berthe ! Elle nous a quittés en début d’année. Elle avait 74 ans. Cela a été un choc terrible. Elle se remettait d’un cancer quand les médecins ont décidé de l’opérer des yeux. Mais elle avait encore des cellules cancéreuses, le laser a eu pour effet de les disperser. Ma grand-mère maternelle n’a pas supporté l’opération. À Londres, je vais beaucoup penser à elle.Vos proches vont-ils faire le déplacement ?Oui ! Il y a aura ma famille, ma chérie et mes nombreux potes, dont Thierry Henry et Tony Parker. Cela me motive de les savoir dans les tribunes.À Londres, quel sportif aimeriez-vous rencontrer ?Le roi du sprint, Usain Bolt ! Je lui ai lancé un petit défi par vidéo interposée. Je lui ai dit qu’à Londres, je le prenais quand il voulait sur 60 mètres. J’attends sa réponse.Interview Alexandre Alfonsi du magazine Télé 7 JoursL'info en plus :"Ma famille, c’est ma force." Teddy Riner est intarissable dès qu’il évoque les siens. Ses parents, très attentionnés et aimants, lui ont prodigué une éducation "exemplaire" dont les piliers sont l’honnêteté, le travail et le respect. Et s’il a les moyens d’être indépendant (plus de 800 000 euros de revenus par an), cet étudiant de Sciences Po âgé de 23 ans habite toujours chez eux, à Paris. Et participe activement aux travaux ménagers. "Je fais bien entendu la vaisselle. En revanche, ma mère tient toujours à laver elle-même mes kimonos." Une famille de rêve à découvrir dans son livre Se dépasser, toujours (Plon, 18 euros)