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Ce soir à 20h40 sur M6, les équipes doivent atteindre le toit de l’Afrique. Sans doute l’étape la plus difficile de leur aventure. Eva Roque, reporter de Télé 7 jours, a fait ce trek éprouvant avec les candidats.

Ce soir à 20h40 sur M6, les équipes doivent atteindre le toit de l’Afrique. Sans doute l’étape la plus difficile de leur aventure. Eva Roque, reporter de Télé 7 jours, a fait ce trek éprouvant avec les candidats. de Pékin Express 2011. C’est une terre de contraste. Un voyage entre les plateaux arides où girafes et zèbres croisent votre route, et les pentes caillouteuses et froides du Kilimandjaro. Pour les candidats et moi : départ de 3 000 m pour atteindre le campement à 4 200m, avant une nuit sous tente et une descente le lendemain. A 14 heures, l’air est déjà frais. Laine polaire et chaussures de randonnée pour tous: candidats, cameramen, équipe de production, guides, sherpas chargés de porter le matériel... En ce jour de février, les participants portent un sac à dos de 16kg et autant de poids de fatigue et de stress accumulés en trois semaines de course. Je me dis que s’ils réussissent dans ces conditions, je peux y arriver avec mon bagage léger et mon énergie. A chacun sa méthode Coué ! La pente n’est pas très ardue, mais les petits canyons à traverser coupent les jambes. Devant moi, les candidats sont partis au pas de course avec les cadreurs qui, caméra de 20 kilos sur l’épaule, courent pour les précéder et les filmer.Deux heures de marche déjà, le souffle coupé par l’altitude et le manque d’oxygène, je baisse la tête, fixe mes pieds. La pause est presque pire : un froid soudain sur le corps en sueur. Restent deux heures de marche et une obsession : arriver avant la nuit. Il est 18 heures, un dernier canyon plus raide encore à grimper et la délivrance. En touchant le drapeau de Pékin Express, je découvre avec stupeur un immense barnum. Les tentes sont prêtes, ça sent le café... Les sherpas préparent le repas du soir : soupe, ragoût et jus de mangue. Ambiance colonie de vacances avec son lot de fou rires sauf pour certains, comme Karim, victimes du mal des montagnes : nausées, mal de tête, vertiges… A 19 heures, la nuit est tombée, le thermomètre passe sous le zéro quand un autre coup de froid s’abat sur le campement. Il manque 4 personnes à l’appel. On s’époumone, hurlant leurs prénoms. En vain. Les guides partent à leur recherche, nous regardons nos téléphones portables qui… ne fonctionnent pas. A 23 heures, les égarés arrivent enfin ! On fête les retrouvailles à coup de café brûlant.5h30 le lendemain. Je ne me suis assoupie que quelques minutes. Mes jambes et mes bras sont engourdis mais le spectacle du soleil levant apaise les courbatures. Les candidats, eux, sont prêts à repartir pour les 4 500 mètres. Les cadreurs aussi, alors que le mal des montagnes persiste.Ascension pour eux, descente au pas de course pour la production, qui doit préparer la suite, et moi. A l’entrée du parc, les participants, exténués, trempés par un orage, ont à peine le temps de se poser que la course redémarre : faire du stop, trouver nourriture et logement. Comme eux, je rêve de démêler mes cheveux collés par la poussière et de laver la terre rouge incrustée dans chaque pore. Il est 16 heures, les candidats et les cadreurs sont mes nouveaux héros. Je rêve de revenir et de toucher les neiges éternelles...Eva Roque