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En janvier dernier, M6 présentait à la presse, 45 minutes de sa toute nouvelle émission, Patron incognito. On vous en dit plus sur ce magazine-réalité dont le premier numéro sera diffusé ce soir à 20h50.

Patron incognito est un nouveau concept d'émission qui vient tout droit du Royaume-Uni, et a eu un énorme succès dans le monde entier (38 millions de téléspectateurs aux États-Unis). Entre le magazine d'insertion et la télé-réalité, cette émission voit des patrons se mettre dans la peau de leurs employés, incognito.Une émission en trois tempsDans cette émission de 70 minutes, un patron abandonne son statut de PDG pour (re)descendre au bas de l'échelle et travailler pendant une semaine comme employé dans sa propre entreprise.Il se fait alors passer pour un chômeur en voie de réinsertion, pour être formé à un métier pendant deux ou trois jours, par ses propres employés, sans que ceux ci ne le reconnaissent. Le but de ces patrons, présents à la conférence de presse, est de "mettre les mains dans le cambouis" pour voir comment se passe la "vraie" vie de leurs employés.L'émission se décline en trois temps: un portrait du patron dans sa vie de tous les jours. Puis sa transformation et son immersion en tant que stagiaire. Et enfin la révélation aux employés qui avaient pris en charge ce mystérieux stagiaire.Pour Endemol, qui produit l'émission, le but était de montrer que les patrons ne sont pas tous des monstres. "Je suis triste qu'aujourd'hui aucun patron ne soit dans les personnalités préférés des français" explique la production.Ce que Premiere.fr en a penséPatron incognito est une émission présentée par M6 d'abord comme un magazine puis ensuite comme une télé-réalité, un peu longue à démarrer.Dans les images présentées à la presse, le patron est décrit comme un homme quasiment parfait, qui a eu une vie difficile, qui a dû faire des sacrifices pour arriver jusqu'à son niveau de responsabilité. Un portrait trop romancé, qui fait d'abord penser que l'émission a été conçue pour nous montrer des "patrons parfaits" et en faire l'éloge. Une démarche dont se défend la production : "il ne faut pas avoir honte de la réussite".Puis quand vient la deuxième partie de l'émission, la transformation physique du patron peut parfois être trop exagérée. En effet Jean-Claude Puerto (PDG d'une entreprise de location de voiture) est mal habillé, mal rasé, presque "pas propre". On se demande alors, est-ce que chômeurs rime avec SDF? Cette "mise en scène" nous paraît trop théâtrale, trop contrastée.Mais heureusement l'émission change peu à peu de ton et devient ensuite très drôle. Voir un patron ne pas arriver à faire les tâches qu'il demande normalement à ses employés est assez plaisant. Mais surtout, cerise sur le gâteau, on adore entendre les employés râler et se mettre en colère parce que le stagiaire qu'ils ont à former ne sait pas bien faire son travail ou est trop lent.En tant que téléspectateur qui connait la vérité, entendre un employé dire "je ne l'aurais pas embauché", ou "il manque d'expérience" est très drôle. De plus le patron est vite dépassé par les évènements et le rythme de travail qui lui est imposé. On adore aussi voir les réactions des employés quand, convoqués au siège social de leur entreprise, ils apprennent la vérité sur ce stagiaire qu'ils devaient former.Finalement le plus drôle et le plus intéressant dans ce magazine-réalité sont les employés, qui sont dupés par leur patron. On se met plus du côté des employés et on aime leur répondant.L'après immersionAu contraire des versions anglaises ou américaines, nos patrons français ne se précipitent pas pour offrir des primes ou des promotions à leurs employés. Ce n'est pas un jeu il n'y a rien à gagner. En revanche si nous n'avons pas l'aisance du show à l'américaine dans nos versions françaises des émissions, nos patrons effectuent des changements dans les entreprises.Jean-Claude Puerto (entreprise de location de voiture) et Guillaume Richard (entreprise de service à domicile) présents lors de la conférence nous ont expliqué ce que cette expérience avait changé pour eux. Les patrons qui ont vu ce qui allait et ce qui n'allait dans l'entreprise ainsi que parmi les employés, remédient à ces problèmes. Les processus qui n'allaient pas dans l'entreprise sont modifiés, par exemple du rachat de matériel ou une simplification de la paperasse.Pour ce qui est de la récompense accordée aux employés qui participent à l'émission, rien à voir non plus avec nos confrères d'Outre Atlantique. A peine se voient-ils proposer une évolution de poste ou une récompense quelconque. Mais pour les patrons et les employés présents lors de la conférence cela paraissait suffisant et allait changer le fonctionnement de l'entreprise. Des employés se voient proposer un poste d'encadrement, d'autre des formations supplémentaires pour améliorer leur travail. Mais cela suffit "pour que les employés retirent autant de satisfaction du travail effectué, que leur patron".De plus après avoir souffert du regard des employés sur leur statut de chômeur, les patrons sont plus disposés à élargir leurs horizons à cette catégorie de personnes, au sein de leur entreprise.En résumé il y a surtout un travail effectué sur "l'humain qui est replacé au sein de l'entreprise" et "un rapprochement naturel entre le patron et l'employé" pour que tout aille mieux dans le meilleur des mondes et que tout le monde soit content. Tout le monde vit en harmonie, voilà ce qui ressort après l'émission. Finalement on a l'impression que l'émission est plus divertissante pour le public que bénéfique pour les employés.Les +Des moments très drôle, des employés qui ont du répondant, des patrons perdus ou dépassés.Les -Beaucoup de voix off et de témoignages et réactions qui interrompent les images. Il y a une voix off féminine qui commente les images, la voix off du patron qui précise ce qu'il ressent au moment des images, des réactions du patrons qui (re)commentent ce qui vient de se passer et des réactions des employés qui commentent le travail de l'homme qu'ils forment.Une légère impression que le patron est un homme parfait, que les employés adorent tous leur métier; quel qu'il soit...Sarah Eckerlein