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L'homme d'Ushuaïa Nature annonce l'apocalypse dans une interview à paraître demain dans le JDD.

L'homme d' Ushuaïa Nature annonce l'apocalypse dans une interview à paraître demain dans le JDD. Nicolas Hulot est très pessimiste en ce qui concerne la crise. Dans une longue interview accordée au Journal du Dimanche, il annonce ce qu'il faudrait faire pour éviter la catastrophe et égratigne au passage la glorification du starsystem. "Je suis dans une réalité absolue. Climatiquement, les experts du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) disent et répètent la même chose depuis des années. Et socialement, je suis même sidéré par ma modération et la patience des gens. Avez-vous lu le dernier Paris Match? Avec cette photo sublime de deux actrices, Monica Bellucci et Sophie Marceau, en une? A l'intérieur, vous avez des images de familles libyennes, chassées de nos contrées prospères et renvoyées vers leur enfer. Ce voisinage, cette juxtaposition de la pire des misères et de la plus innocente des prospérités est devenue invivable. Cela ne peut pas tenir. Des millions de miséreux connaissent notre richesse. Ils la désirent pour eux-mêmes, tout en vomissant notre indécence. Le choc climatique là-dessus, les millions de réfugiés que provoquera le réchauffement, les destructions des habitats..." La révolution s'impose... "Donc il faut tout oser. Aller au-delà des frontières de l'utopie. Un système est à bout de souffle. Ma révolution se nourrit de réformes. Il faut réinventer une solidarité mondiale, organiser la planète pour changer la croissance, organiser la décroissance des riches, en douceur, sans tuer les équilibres sociaux... Il faut que le FMI, la banque mondiale, l'OMC obéissent à de nouvelles contraintes. Qu'on cesse de financer des projets contraires à la réalité. C'est un changement très profond, très compliqué à mettre en oeuvre. Une simple croissance verte ne suffira pas. Il faudra des sacrifices consentis, des renoncements, des relocalisations d'économies, des normes plus contraignantes à l'aune des seules contraintes énergétiques et environnementales. Bref, se fixer des limites dans tout. Il faudra - je l'espère - que cela se fasse dans la douceur et la négociation. Mais le terme est inéluctable."