Le Gendarme de Saint-Tropez
Société Nouvelle de Cinématographie (SNC)

M6 diffuse ce soir Le gendarme de Saint-Tropez, ou l'acte de naissance d'une longue amitié entre les deux acteurs.

M6 consacre sa soirée à la série des Gendarme en diffusant en première partie de soirée Le gendarme de Saint-Tropez, suivi du Gendarme à New York.

Si le nom de Michel Galabru reste lié à de nombreux succès du genre dans le cinéma français depuis plus d'un demi-siècle, peu de rôles ont eu autant d'impact sur sa carrière et surtout la mémoire des Français que celui de l'adjudant Jérôme Gerber. Son tandem haut en couleur avec le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot incarné par Louis de Funès reste l'un des plus populaires du cinéma français, et ce au gré des innombrables diffusions qu'a connu le film de Jean Girault depuis sa sortie en 1964.

Si Le gendarme de Saint-Tropez marqua la naissance d'un duo prolifique devant la caméra (ils tourneront six Gendarme ensemble), le film est aussi le point de départ d'une amitié de vingt ans entre deux caractères pourtant très différents.

Le Gendarme, un coup du hasard

La belle histoire du Gendarme, Michel Galabru l'a savourée plus encore que ses compagnons d'infortune puisqu'il n'aurait dû à l'origine pas en faire partie. Ancien pensionnaire du Conservatoire d'art dramatique puis de la Comédie-Française, il n'est à l'époque qu'un second rôle voire un figurant au cinéma, qui a cependant connu son premier vrai succès avec le rôle du père Bacaillé dans La guerre des boutons d'Yves Robert en 1962. Mais lorsque la production du Gendarme de Saint-Tropez débute, la production a un autre nom en tête : Pierre Mondy, ex-époux de Claude Gensac et qui a déjà tourné à plusieurs reprises avec De Funès, notamment Ni vu, ni connu d'Yves Robert.

Mais Pierre Mondy ne décroche finalement le rôle de Gerber. Officiellement, l'acteur est très pris au théâtre, à la fois comme acteur et comme metteur en scène. Officieusement, la très stricte Jeanne de Funès aurait posé son veto pour les retrouvailles. Toujours est-il qu'au final, c'est Michel Galabru qui est finalement retenu pour devenir l'adjudant Gerber. Un rôle par lequel l'acteur ne rentre pourtant pas par la grande porte, comme il s'en souvenait dans une interview à Télé 7 Jours en 2012, reprenant les mots d'un des producteurs de l'époque : "Tu me prends Louis de Funès, et je ne veux que des ringards autour".

Deux personnalités opposées

Pourtant, sur le plateau, les deux hommes s'entendront à merveille, le caractère bon vivant de Galabru s'accordant avec celui, beaucoup plus difficile de Louis de Funès. En mars dernier, Michel Galabru revenait sur le plateau de C à vous sur l'influence qu'ont apporté à sa carrière Le gendarme de Saint-Tropez et Louis de Funès plus particulièrement : "De Funès, c'était un type charmant. Il fallait se pincer pour savoir que c'était la vedette. Du moment où on était comédiens, on était copains avec lui, très simplement. […] Il a fait des gestes formidables pour moi. C'était la vedette, c'était lui qui attirait le monde. Les autres, on était les ringards comme ils disaient. C'est lui qui a demandé à ce que mon nom soit au-dessus du titre avec lui, c'est très rare".

 

 

À l'écran, la morgue truculente et fatiguée de Galabru complète à merveille l'explosivité de tous les instants de De Funès, et sont à l'origine du succès énorme du film de Girault, qui attire à sa sortie en 1964 plus de 7,8 millions de spectateurs en France, ce qui en fait le plus gros succès de cette année-là. La popularité du duo et de leurs partenaires Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso et Michel Modo est telle que l'équipe se reformera pour cinq suites entre 1965 et 1982 (Maurice Risch, Jean-Pierre Rambal et Patrick Préjean remplaceront Lefebvre et Marin à partir du Gendarme et les extra-terrestres), qui connaîtront toutes un énorme succès, toutes au-dessus des quatre millions d'entrées. Au total, l'hexalogie a attiré en salles plus de 35 millions de spectateurs.

Le courant passera au final si bien entre les deux hommes qu'ils seront non seulement de l'aventure des six volets de la saga des Gendarme, mais également de deux autres films par la suite. En 1968, Louis de Funès l'incorpore à sa bande d'amis de la troupe des Branquignols aux côtés de Robert Dhéry, Robert Rollis, Colette Brosset ou Jacques Legras pour Le petit baigneur, le plus gros succès de la troupe au cinéma avec plus de 5,5 millions d'entrées en salles. Et en 1980, lorsque De Funès devient l'Harpagon de L'avare qu'il co-réalise avec Jean Girault, c'est encore Galabru qui est à ses côtés pour incarner Maître Jacques, le cuisinier et cocher du célèbre pingre de Molière.

Une amitié de toujours

Jusque dans leurs dernières années, Louis de Funès et Michel Galabru n'ont cessé de se croiser aussi sur qu'en dehors des plateaux de tournage. En 2015, pour célébrer le centenaire de la naissance de l'acteur, la radio France Bleu avait fait appel à Galabru pour narrer une série de reportages sur sa vie. Et au lendemain de la mort de Louis de Funès le 27 janvier 1983, il fut l'une des premières personnalités interviewées par le journal télévisé de France 2. Très ému, l'acteur avait alors dressé un hommage pudique à son ami défunt.

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"Tout le faisait rire, il voyait tout de suite le côté comique des choses, et quand on tournait, il les transmettait. On parlait de n'importe quel sujet et brusquement, une idée lui arrivée. Un jour, je lui ai dit qu'en arrivant à Paris, j'avais eu des punaises dans mon hôtel, et il avait imité une punaise en train de me piquer. C'était un chef-d'oeuvre. […] Sur les plateaux, il était très timide, on ne pouvait pas l'approcher comme ça. C'est ce qui a fait peut-être penser à certains qu'il n'était pas commode. Mais c'était un homme qui était très très timide : s'il ne vous connaissait pas, il prenait peur. Mais dès que vous deveniez son ami, c'était un enchantement car chaque minute cet homme voyait quelque chose de drôle que vous n'aviez pas perçu".

Emporté par un infarctus le 27 janvier 1982, quelques mois après la sortie du Gendarme et les gendarmettes, son dernier film, Louis de Funès laisse derrière lui un dernier projet inachevé. Ce projet, c'est Papy fait de la résistance, le film de Jean-Marie Poiré dans lequel il devait tenir le rôle de Ludwig van Apfelstrudel, qui fut finalement attribué à Jacques Villeret. Un projet que l'acteur prenait très à cœur malgré les nombreux problèmes de santé dont il avait été victime au cours des années précédentes.

En hommage à son ami disparu, Michel Galabru accepte d'apparaître dans le film dans un rôle secondaire, à l'instar de plusieurs anciens camarades de tournage de De Funès : Jacqueline Maillan, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Jacques François, Julie Guiomar... Une dernière preuve d'amitié en souvenir d'une aventure commencée au son de "Do you... Do you... Do You Saint-Tropez ?" près de vingt ans plus tôt...

L'histoire du Gendarme à Saint-Tropez : Récemment promu maréchal des logis, le gendarme Cruchot quitte un village provençal pour rejoindre son nouveau poste : Saint-Tropez. Sa fille unique, la charmante Nicole, suit bien volontiers son père dans sa nouvelle résidence et ne tarde pas à vouloir se mêler à la bande des jeunes estivants. Tandis que Cruchot prend activement la direction d'opérations difficiles et délicates... concernant l'arrestation de nudistes s'exhibant sur une plage où le nudisme est prohibé, la jeune Nicole fait la connaissance d'un groupe de «yé-yé» .

 

 

Le Gendarme à Saint-Tropez est diffusé ce soir à 20h55 sur M6.

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