DR

Avec ses mèches blondes et sa grande sensibilité, Frédéric a fait forte impression dès les premières minutes de Masterchef 4. Quelques semaines après, ce candidat emblématique du concours accède au top 5 de la compétition. Confidences.

Vous avez un parcours assez incroyable : droits des affaires, responsable de com… Comment on décide de faire Masterchef ?Frédéric : A l’école, j’étais sage, bon élève, j’ai eu mon bac avec mention Très bien. L’envie de cuisiner a toujours été là, mais on m’a dit ‘tu réussis pas trop mal, tu vas pas t’ennuyer dans une cuisine, tu fais des études supérieures’. Alors j’ai fait du droit, cumulé avec une licence de science po, puis j’ai passé les concours de la fonction publique mais ça ne me convenait pas alors je suis retrouvé dans le privé. Il y a deux ans j’ai eu envie de faire autre chose. J’ai passé une formation en communication politique au Celsa. J’ai pas fait de crise d’adolescence, mais là je fais ma petite crise de la quarantaine je crois. C’est le moment. Je me suis dit : Les années ont passé, tu t’es bien rempli la tête, t’as mûri. Maintenant, lance-toi. Fais-toi plaisir. C’est venu à 43 ans.C’est une émission que vous regardiez ?Oh oui ! La passion de la cuisine ne m’a jamais quitté. Etudiant, mes potes venaient à la maison. Cette année, je me suis senti prêt, serein. J’ai tenté ma chance et ça a marché.Quelque-soit l’issue, vous allez changer de vie…Ma vie n’est déjà plus la même. Elle est enrichie. Masterchef n’est pas une fin en soi. C’est le début de quelque chose d’autre, quelque-soit l’issue. La solidarité qui s’est créée, les messages sur Facebook de soutien… c’est fou.C’est une émission de télé, vous êtes un personnage attachant. Ca joue dans votre parcours ?Ca joue, mais moi je ne le joue pas. C’est vraiment moi. Je suis quelqu’un de très sensible. Pleurer me paraît naturel.Le retour des téléspectateurs via les réseaux sociaux, c’est difficile ? Même quand on est un communiquant ?L’aspect communiquant, je ne l’ai pas dans le cadre de Masterchef. Ca vient vraiment du cœur. La tête vient après. Des messages agressifs, je n’en ai pas… pour l’instant. Je ne les gèrerai pas, je les laisserai passer. Tout le reste, ça me touche. J’ai été surpris de l’engouement, et que des gens que je ne connais pas me soutiennent….Vous avez changé de coupe de cheveux en cours de route…A l’époque, je trouvais ça pas mal (rires). Ce n’était pas très pratique, alors j’ai coupé pendant l’émission. Evolution culinaire, évolution capillaire (sourire).  Ma cuisine a évolué, j’ai aussi évolué au niveau de ma personnalité.Vous vous êtes préparé à Masterchef ?Il y a deux ans, lors d’un concours, j’ai fait la connaissance d’un chef, Laurent Haller, du restaurant Le 7e Continent à Rixheim. Il m’a pris sous son aile. Il m’a appris des techniques, il m’a mis à la plonge. Il m’a engueulé aussi… Je lui dois beaucoup.Comment avez-vous trouvé les jurés ?Je les ai trouvés justes. Devant Fred Anton, on se tait. Camdeborde explique, il vient vers vous et donne les voies. Sébastien Demorand a un raffinement, une gde sensibilité et une culture culinaire incroyable. Et Amandine Chaignot ? Elle est géniale, j’ai adoré.Sur Twitter, les réactions peuvent être violentes… Qu’en pensez-vous ?On ne peut pas plaire à tout le monde. Certains vont dire de moi : « le gros avec sa mèche blonde qui chiale tout le temps… » Faut vraiment que ça passe.C’est quelque chose dont vous aviez conscience avant ?On sait quand on s’expose qu’il y a un risque, que les gens peuvent être méchants, violents.  Mais vraiment, on ne peut pas plaire à tout le monde. C’est quelque chose que je ne comprenais pas avant. Que quelqu’un ne m’apprécie pas pouvait me faire beaucoup de mal. Et maintenant… bah tant pis. Ceux qui n’aiment pas, ils regardent ailleurs… et moi aussi.Christophe par exemple suscite des réactions très violentes…Christophe mange énormément. Mais il s’en sortira avec les honneurs, j’en suis sûr.On parle peu des conditions de tournage. Vous viviez tous ensemble ?Oui comme une colonie de vacances… Et j’ai toujours détesté les colonies de vacances. La première semaine, j’ai eu du mal à trouver mes marques dans l’appartement. Je partageais ma chambre avec Marc et Philippe. On se levait à des heures pas possibles, des couchers à pas d’heure… Ca fait partie de Masterchef.  Et surtout, il y a des personnalités extrêmes. On passait d’un point à un autre. Kevin qui a 21 ans, je ne pouvais pas avoir les mêmes affinités avec lui ! C’est aussi ce melting pot qui fait le peps de Masterchef.Vous y alliez pour gagner ?Je n’ai jamais visualisé les 100 000 euros. Chaque jour, que ce soit une bonne une mauvaise épreuve, j’essayais de l’effacer de mon esprit.  Pour recommencer le lendemain comme si il ne s’était rien passé la veille. C’était le seul moyen pour moi de, d’abord ne pas commencer à décoller si j’étais encensé, et si je suis cassé, de ne pas me laisser écrouler par terre.  Il y a eu des moments où je me suis dit, j’arrête tout, j’en peux plus. Mais ça a plu.Aujourd’hui, à quoi ressemble votre vie ?Elle n’a pas tellement changé. Je fais mes courses tranquillement. Dans l’ensemble, l’Alsace est calme. Chez moi, il y a des projets. Tous les vendredis on fait des soirées Masterchef avec mon chef au restaurant. On refait les menus de l’émission en cours, ils repartent avec les recettes… Et on va essayer de mener à bien les projets. Il va falloir que je transforme l’essai parce qu’il va bien falloir que j’en vive. Je commence à faire du chef à domicile, mais avec ma sensibilité.Par Christelle Devesa