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Benedict Cumberbatch et George Clooney sont à l'honneur du petit écran ce soir, tout comme le charmant mélo nordiste de Lucas Belvaux.

Imitation Game de Morten Tyldum

1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable. À la tête d’une équipe improbable de savants, linguistes, champions d’échecs et agents du renseignement, Turing s’attaque au chef-d’œuvre de complexité dont la clef peut conduire à la victoire. Imitation Game relate la façon dont Alan Turing, soumis à une intense pression, contribua à changer le cours de la Seconde Guerre mondiale et de l’Histoire. C’est aussi le portrait d’un homme qui se retrouva condamné par la société de l’époque en raison de son homosexualité et en mourut.

Cinéaste remarqué dans son pays natal notamment grâce au succès public Headhunters, le Norvégien Morten Tyldum signait son premier film hollywoodien en 2014 avec cet Imitation Game qui revient sur le destin d'Alan Turing, l'un des pères de l'informatique moderne dont le génie se révéla décisif dans le combat des agences de renseignement pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il est ici incarné par Benedict Cumberbatch, le Sherlock Holmes de la BBC. Le résultat, d'un académisme solide, avait convaincu dans l'ensemble Première à sa sortie en salles : "Hormis le fait qu’il sert d’évident tremplin à Oscar pour Benedict Cumberbatch, "Imitation Game" frappe fort par la seule puissance de son sujet. Alan Turing était effectivement un mathématicien d’exception dont les travaux ont largement contribué au progrès de l’informatique. […] Pour son premier long métrage, Morten Tyldum s’en sort avec les honneurs, en dépit d’une tendance à alourdir certaines scènes en les surchargeant d’informations". Plus gros succès de la production indépendante en 2014 avec plus de 230 millions de dollars de recettes, Imitation Game rencontra un vif succès partout dans le monde (un peu plus d'un million d'entrées en France) et décrocha sept nominations aux Oscars, repartant avec celui du Meilleur scénario adapté.

Imitation Game est diffusé ce soir à 21h sur Canal+.

The American d'Anton Corbijn

Jack est un tueur à gages habile et expérimenté. Toujours en alerte, il n’a aucune attache. Quand une mission tourne mal et lui coûte la vie de la femme qu’il aime, il se fait la promesse que son prochain contrat sera le dernier. Cette ultime mission le conduit dans un pittoresque village italien niché dans de hautes collines. Mais pour Jack, chaque lieu peut se révéler un piège et chaque personne une menace. Toutefois, il prend goût aux confidences échangées autour d’un armagnac avec le prêtre du village, et se laisse entraîner dans une liaison avec une belle italienne. Mais en baissant la garde, Jack prend peut-être des risques.

Photographe et clippeur de génie révélé au début des années 90, Anton Corbijn avait amorcé un virage vers la réalisation de longs-métrages remarqué en 2007 avec Control, biopic de Ian Curtis, leader du groupe Joy Division. Trois ans plus tard, il revenait en salles cet American qui prend les traits de George Clooney dans un thriller aux allures de western glacé et atmosphérique. Adapté du roman A Very Private Gentleman de Martin Booth, The American avait impressionné la critique à son succès, y compris Première qui s'enthousiasmait de cette réussite"Très peu d'action, encore moins de mots : The American est avant tout le portrait impressionniste d'un tueur au bout du rouleau. Une épure de polar où Clooney reprend humblement le flambeau du Samouraï de Melville. [...] Corbijn excelle à distiller une atmosphère à la fois douce et mortuaire, comme si sa caméra compassionnelle accompagnait Jack dans son dernier voyage".

The American est diffusé ce soir à 20h50 sur France 4.

Pas son genre de Lucas Belvaux

Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Entre l’ennui qui l’oppresse et la météo qui le plombe, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines people et de soirées karaoké avec ses copines. Coeurs et corps sont libres pour vivre le plus beau des amours mais cela suffira-t-il à renverser les barrières culturelles et sociales ?

Pour son septième film, le réalisateur belge Lucas Belvaux s'attaquait à l'adaptation du roman Pas son genre de Philippe Vilain. Trois ans après sa publication en librairie en 2011, le cinéaste transposait ce mélo des extrêmes sociaux sur grand écran, dans lequel il oppose Émilie Dequenne, visage emblématique du cinéma des frères Dardenne, et le sociétaire de la Comédie Française Loïc Corbery, comme un symbole des extrêmes que représentent les personnages qu'ils incarnent. Ayant réalisé près de 350.000 entrées en salles, Pas son genre rafla trois Magritte (l'équivalent belge des César) et deux nominations aux César, dont une pour son actrice principale.

Pas son genre est diffusé ce soir à 20h45 sur Ciné+ Emotion.