DR

Un grand Danny Boyle, une pépite de Paul Thomas Anderson et un drame de Jia Zhangke : c'est le programme TV 100% ciné du jour.

Slumdog Millionaire de Danny Boyle 

 

Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l’émission « Qui veut gagner des millions? ». Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

Quatre Golden Globes (dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario), sept BAFTA Awards (meilleur film, réalisateur, scénario..), 8 Oscars (meilleure photographie, meilleur film, meilleur scénario…). En 2009, Slumdog Millionnaire a raflé des récompenses à tour de bras. Rien d'étonnant tant le long-métrage de Danny Boyle est une "expérience visuelle et sonore complètement dingue" écrivions-nous dans notre critique.  Ce "conte de Dickens remixé à Bollywood" peut "paraître racoleur au début", mais il "trouve une sorte d'efficacité universelle contre laquelle il est très dur de lutter." Que demander de plus ?

Un film diffusé à 20h50 sur France Ô.

Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

 

L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n'est pas si simple… C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.  

"Inherent Vice est aussi drôle que Phoenix peut l’être. Marrant, oui, tordu et absurde, mais surtout bizarre et embarrassant. Et toujours un peu triste quand même." Voilà ce que nous écrivions dans notre critique à la sortie du film dont l'intrigue n'est pas toujours facile à suivre. "Si, à mi-chemin d’"Inherent Vice", vous réalisez, comme dans un mauvais trip, que vous ne comprenez rien à l’intrigue labyrinthique dans laquelle s’englue le détective jointé joué par Joaquin Phoenix, pas de panique… détendez-vous. C’est fait exprès." N'abandonnez donc pas en cours de route et laissez-vous embarquer dans le monde de Paul Thomas Anderson qui déploie "un tas de formidables équivalences cinématographiques à la poésie marabout-de-ficelle pynchonienne". 

Un long-métrage à retrouver à 23 Heures sur Canal + Cinéma.

A Touch or Sin de Jia Zhang-Ke

 

Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiao Yu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiao Hui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Prix du scénario au Festival de Cannes 2013, A Touch of Sin est bien éloigné des "chroniques pop langoureuses qui ont fait la réputation de Jia Zhang-Ke". Ce qui n'est pas un défaut pour autant. "Cette première incursion dans le cinéma de genre" est "ô combien maîtrisée." Cette version "orientale de A History of violence" est un "grand eastern" qui vaut le détour.

Un film diffusé ce lundi soir à 22h30 sur Ciné + Club.

Le reste du programme TV est ici. 

A lire aussi sur Première