DR

France 2 diffusait samedi vers 19h sa première du ONDAR show, une nouvelle émission avec des humoristes révélés dans On n'demande qu'à en rire. Très prometteur sur le papier, le résultat de ce show comique nous a fortement déçu...

C’était l’un des événements attendus de cette rentrée télé. Diffusé samedi 6 octobre à partir de 19h sur France 2, la première du ONDAR Show nous a laissé, parlons franchement, plus que sceptique. Pour rappel, ce nouveau rendez-vous hebdomadaire réunit 10 des meilleurs éléments révélés depuis la création d’On n’demande qu’à en rire : Arnaud Tsamere, Nicole Ferroni, Jeremy Ferrari, Garnier et Sentou, les Kicékafessa, Lamine Lezghad, les Lascars gays, Babass, Florent Peyre et Arnaud Cosson. Bref, assez de beau monde pour se dire que nos zygomatiques allaient être fréquemment sollicitées. Malheureusement, avec des sketchs oscillant entre le potable et le pathétique, il n’en a rien été.Textes poussifs, blagues potaches, situations déjà-vu, personnages caricaturaux et peu inspirés, cette première du ONDAR Show a fait l’effet d’un pétard mouillé. Si tout n’est pas à jeter, la "dream team" d’On n’demande qu’à en rire n’est clairement pas parvenue à nous pondre un show à la hauteur de leur talent. Et ce ne sont pas les moyens mis en œuvre, aussi bien les costumes que les décors, qui ont sauvé cette première de la désillusion.Dès le début de l’émission, pour honorer la présence d’Hélène Ségara (chaque émission aura droit à son guest), le caméléon Florent Peyre se mue en un Orlando (producteur de la chanteuse, Ndlr) plutôt bien campé. Efficace mais rien de bien neuf toutefois… Les sketchs s’enchaînent ensuite sans brio aucun. On passe d’ "Une famille au nord", parodie poussive de La Famille en or à la minute historique des Lascars Gays, tout juste plus amusante. En fil rouge de l’émission, l’acharnement sur le physique de Sandra des Kicékafésa devient vite lourd… On voudrait presque éviter d'évoquer le sketch "écolo chic" de Garnier et Sentou ou encore celui sur le "conflit de canards", à la limite du pathétique. On est bien loin des petits chefs-d’œuvre ciselés auxquels nous avait ponctuellement gratifié l’élite d’On n’demande qu’à en rire. Avec ce ONDAR Show, on a un sentiment global de bouillie générale dans laquelle est dénaturée les univers respectifs de chacun de ces humoristes brillants. Un beau gâchis, en somme.Pour sauver l’ensemble, la rivalité Ferrari/Tsamère reste une valeur sûre, comme en témoigne le sketch où ce dernier essaie de séduire Hélène Ségara, avec son "ennemi juré" dans les parages. Idem pour le sketch cynique de Jérémy Ferrari (encore lui) plutôt efficace, "Handicap, Handi pas cap" avec l'amusante participation de Philippe Croizon, premier amputé des quatre membres à avoir traversé la Manche à la nage, plein d’auto-dérision. Ouf, on aura un peu souri quand même.Au-delà de la faiblesse générale de ce premier numéro, le ONDAR show pose un autre problème. En réquisitionnant le gratin des humoristes révélés dans On n’demande qu’à en rire, les quotidiennes de l'émission doivent désormais se contenter de brèves apparitions de leurs kadors, qui peuvent difficilement jouer sur tous les tableaux. Du coup, ce sont désormais aux "seconds couteaux" de prendre leur envol et d’assurer le spectacle dans cette saison 3 désormais animée par Jérémy Michalak. Et sans faire offense aux Vérino, Wally Dia, et autres Pierre Diot, ils sont encore un cran en dessous de leurs camarades vétérans. Cela se ressent donc sur la qualité du programme, qui perd en intérêt.Alors bien sûr, il ne s'agit que de la première du ONDAR Show et il va falloir laisser encore un peu de temps aux humoristes avant de se forger une opinion définitive. Pour information, cette première a attiré 1 671 000 téléspectateurs, soit 10.8% de part d’audience. Un score correct mais relativement décevant eu égard de la médiatisation de l'événement. Toujours est-il que si les audiences ONDAR Show venaient à ne pas décoller, ou pire, à s'effriter, peut-être sera-t-il pertinent de s’interroger sur l’avenir du programme et se recentrer pleinement sur le programme originel, On n'demande qu'à en rire. Car en voulant décliner la marque ONDAR, Laurent Ruquier et Catherine Barma ont peut-être vu trop grand.Thibaut Lescuyer