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À 26 ans, il est le premier Français à être monté sur un podium depuis 1998 et fait déjà figure de successeur d’Alain Prost. En coulisses, il est fiancé à la journaliste Marion Jollès, soutien aussi discret qu’efficace. Il dispute le Grand Prix de Grande-Bretagne dès 13h55 sur TF1.

En ayant décroché la troisième place, puis la deuxième aux Grands Prix de Bahreïn et du Canada, Romain Grosjean redore le blason de la France, absente des podiums de F1 depuis 1998. Des succès qu’il doit bien sûr à son talent, à une Lotus E20 (équipée d’un moteur Renault) de plus en plus performante et à son directeur d’écurie, Éric Boullier.En privé, Marion Jollès, la sémillante co-présentatrice d’Automoto et F1 à la Une, l’aide aussi à supporter la pression en apportant la stabilité et le calme dont tout champion a besoin pour atteindre les sommets. Leur couple s’épanouit en toute discrétion depuis 2008, bien que leur idylle ne manque pas de susciter quelques commentaires amusés dans les paddocks. Comme celui du pilote australien Mark Webber : "Le défaut de Grosjean, c’est qu’il s’occupe trop de sa fiancée." Pour autant, pas question de mélange des genres entre eux. Vous ne verrez jamais la jeune femme interviewer son compagnon sur TF1.Arrière petit-fils de l’industriel Edgar Brandt, ce Genevois de 26 ans, qui possède la double nationalité grâce à sa maman, pourrait tout aussi bien être champion de ski. "Mon grand-père paternel a été vice champion du monde en 1950. J’ai suivi son exemple jusqu’à 11 ans, avant de passer au kart." Romain aurait pu aussi ne jamais remettre les pieds en F1, après une expérience malheureuse en 2009. À l’époque, il remplace Bruno Senna chez Renault F1 Team, lors des sept derniers Grands Prix de la saison. N’obtenant rien de mieux qu’une 13e place, il perd son baquet pour la saison suivante. Le jeune homme songe alors à devenir avocat ou à intégrer une école de cuisine, son péché mignon : "Il m’arrive de donner un coup de main au restaurant le Père Claude, à Paris. Le chef est un ami. Ça me permet de déconnecter."Mais le virus de la course automobile ne le lâche pas et il parvient à intégrer la série AutoGP, en 2010, puis le GP 2 Series et le GP 2 Asia Series en 2011. Autant de championnats où il s’impose. Dans la foulée, il apprend sa titularisation au sein du Lotus F1 Team le 9 décembre dernier, jour des 30 ans de sa compagne… En contrepartie, son patron et homme de confiance, Éric Boullier, lui impose un régime sévère. Explications de Jean-Louis Moncet, consultant F1 sur TF1 : "En 2009, Romain cassait souvent ses voitures et disait à peine "merci" à ceux qui les réparaient. Boullier l’a obligé à aller voir les mécanos à l’usine avant la saison et à suivre l’évolution de la voiture." Romain, lui, se défend d’avoir été arrogant. "En fait j’étais hyper stressé, j’avais peur." Argument recevable, selon Moncet : "A ses débuts, Schumacher passait pour un type détestable. Or il était rongé par la timidité." Aujourd’hui, le pilote tricolore est totalement respecté par son équipe, malgré trois abandons pour accrochage. Alors que lui manque-t-il pour devenir le "nouveau Prost" ? Selon Moncet, "chaque pilote a son propre caractère. Romain peut toutefois être son successeur au niveau du palmarès (4 titres de champion du monde). Avant cela, il lui faut le déclic généré par une première victoire." Pourquoi pas aujourd’hui à Silverstone ?Frédéric Lohézic du magazine Télé 7 jours