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Ils passent la moitié de l’année dans des décors de rêve et sont payés, au lance-pierres, à jouer les amuseurs publics. Ce soir, à 20h35 sur France 2, Envoyé spécial lève le voile sur le job ingrat d’animateur de vacances.

Ils passent la moitié de l’année dans des décors de rêve et sont payés, au lance-pierres, à jouer les amuseurs publics. Ce soir, à 20h35 sur France 2, Envoyé spécial lève le voile sur le job ingrat d’animateur de vacances. Saint-Affrique, ville paisible de l’Aveyron dont le seul nom est une invitation au voyage. Ça tombe bien ! C’est ici que les tours opérateurs ont installé leur base arrière : une école qui forme des experts en animation. Finie l’époque où le métier s’apprenait sur le terrain. Révolu le temps des animateurs à la Popeye des Bronzés, à glander en maillot au bord de la piscine. Les vacances des autres, c’est une affaire de pros. Faire lever un vacancier de sa chaise longue s’apprend.Avant de filer sous les cocotiers, les 300 apprentis se perfectionnent en aquagym dans la piscine municipale. Puis, ce sera cours de "jeu apéro", leçon de maquillage et la chorégraphie des incontournables danses du village de chaque club. A l’issue des huit mois de formation, les élèves devront les connaître sur le bout des doigts. L’école est devenue un véritable vivier pour les tours opérateurs qui viennent y faire leur marché et, sûrs de leur coup, paient même les 6000 euros que coûte cette formation. Membres du jury le jour des examens, ils recrutent en direct leurs animateurs (y compris le Club Med pour ses futurs G-O) qui connaissent désormais toutes les ficelles du métier et sont déjà formatés au fameux "esprit club". Gain de temps et d’argent car les heureux élus devront d’abord effectuer un mois de stage – gratuit - avant de toucher leurs premiers salaires : le SMIC pour 39 heures qui, dans les faits, comptent double. Sans, toujours, être payées.En revanche, une "participation" au logement et à la nourriture est, elle, bien retenue sur la fiche de salaire. Une pratique courante qui s’ajoute aux petits arrangements avec le temps de travail. Certains tours opérateurs ont ainsi inventé la notion atypique de "temps de convivialité". Guillaume, 19 ans, recruté à Saint-Affrique, en a fait les frais dès sa première journée dans un hôtel-club en Crète. Alors qu’il est légalement en pause, on lui conseille avec insistance de déjeuner avec les clients. C’est tellement plus convivial… Et quand il fait le spectacle du soir, on considère qu’il ne travaille pas mais qu’il… s’amuse ! Résultat : sur le pont à six heures du matin, Guillaume se couche à deux heures, soit une bonne journée de 20 heures de travail derrière lui.Alors qu’il n’a droit qu’à un jour de congé par semaine et que celui-ci peut être "réparti en quelques heures sur trois jours." Guillaume, comme la majorité de ses confrères, ne devrait pas s’éterniser dans ce métier usant, où l’on est sous tension permanente. Un peu comme à l’armée, la journée commence par une revue des troupes, uniforme obligatoire et sourire de rigueur. Bon petit soldat, le gentil organisateur n’a pas d’autre choix que de se mettre au pas. Gentil, le mot est bien choisi.Emmanuelle Touraine de Télé 7 Jours