Alors que une nouvelle saison de Faites entrer l’accusé débute dimanche 30 octobre sur France 2 avec un nouveau visage à sa tête, Premiere.fr a contacté le producteur de l’émission, Christian Gerin. De son choix de Frédérique Lantieri à ses relations avec Christophe Hondelatte, le fondateur de 17 Juin Média dit tout.

Alors que une nouvelle saison de Faites entrer l’accusé débute dimanche 30 octobre sur France 2 avec un nouveau visage à sa tête, Premiere.fr a contacté le producteur de l’émission, Christian Gerin.  De son choix de Frédérique Lantieri à ses relations avec Christophe Hondelatte, le fondateur de 17 Juin Média dit tout. Dimanche débute une nouvelle saison de Faites entrer l’accusé, avec une nouvelle présentatrice, Frédérique Lantieri. D’autres changements sont-ils prévus ?Dans un premier temps, rien ne change sauf la présentatrice.  Il y aura la même narration, Dominique Rizet intervient un peu plus longuement… Tout a été fait pour ne pas perturber les téléspectateurs.  Ah oui, quelque chose de nouveau : on utilise désormais la projection de photos. Et bien sûr, Frédérique Lantieri ne terminera pas l’émission en mettant un blouson en cuir ! On n’a pas cherché à faire un gimmick à tout prix.Vous dites qu’il n’y a pas de changement "dans un premier temps". C’est prévu pour plus tard ?Non, mais des choses peuvent changer. On peut imaginer une évolution du décor, et peut-être aussi qu’on apportera plus de place à l’aspect police scientifique, technique dans la résolution des affaires. Comment votre choix s’est-il porté sur Frédérique Lantieri ?Nous avons organisé un casting, avec uniquement des femmes, et nous avons trouvé que sa prestation était la meilleure. Et puis elle connaît bien le sujet, puisqu’elle a longtemps traité les faits divers pour la presse écrite.Vous vouliez absolument une femme pour remplacer Christophe Hondelatte ?Oui, c’était une volonté que j’avais, et que France 2 a accepté. Je me disais qu’après 10 ans de présentation par un homme, c’était peut-être l’occasion de changer. Et puis, avec un homme, il y aurait eu des comparaisons avec Christophe Hondelatte : est-ce qu’il est plus souriant ? Plus beau ? Là, il n’y a pas de comparaison à faire.Christophe Hondelatte suggérait que ce soit Dominique Rizet qui le remplace…Mais Dominique ne s’est pas porté candidat ! Il n’y a jamais eu aucune discussion là-dessus. D’ailleurs il continue sa collaboration à Faites entrer l’accusé et sa présence est renforcée. Il intervient désormais plus longuement avec un décryptage de la technique des enquêteurs.Christophe Hondelatte ne semble pas digérer que l’émission continue sans lui. Hier matin sur Europe 1, il disait que ça n’avait pas de sens que l’émission continue sans lui.Je ne l’ai pas entendu, mais on m’en a parlé. La question ne se pose pas. Il a choisi d’arrêter, il l’a annoncé 1 saison et demie à l’avance, ce qui est très correct. Christophe Hondelatte voudrait que parce qu’il ne veut plus faire l’émission, on l’arrête en attendant que le goût lui revienne. C’est un sentiment humain, né de l’attachement qu’il a pour une émission qu’il a porté pendant 10 ans. Mais j’ai une vingtaine de personnes qui travaillent dessus, je n’allais pas leur dire de partir en vacances en attendant que Christophe revienne ! (rires)Il n’y a donc pas de gêne entre Christophe Hondelatte et vous ?Il n’y a pas du tout de gêne. C’est vrai que vu de l’extérieur, on doit se dire que ce sont de belles paroles, mais on s’est parlé au téléphone hier, et on a prévu de se voir le 6 novembre pour déjeuner ensemble. J’ai encore des projets avec lui, alors il n’y a vraiment pas de soucis.Vous pouvez nous dire deux mots de ces projets ?Christophe Hondelatte a deux qualités principales : la narration et l’interview. Quand on a fait des débats après des fictions sur France 2, sur des sujets souvent difficiles comme les femmes SDF, ça a été de gros cartons. On envisage de faire des programmes de ce genre.Faites entrer l’accusé existe depuis 10 ans. Vous n’avez pas peur d’épuiser les affaires intéressantes ?La nature humaine étant ce qu’elle est, il y aura toujours des affaires de ce genre suffisamment intéressantes. Chaque semaine, il y a un procès qui deviendra un jour un Faites entrer l’accusé. Car on ne parle pas de faits divers, mais que de grandes affaires, et des affaires conclues par la justice. On est dans la narration, pas dans la contre-enquête.Avez-vous peur que Faites entrer l’accusé fasse de moins bonnes audiences avec Frédérique Lantieri que Christophe Hondelatte ?A priori, je n’ai pas peur du tout. Mais je ne vais pas vous dire que je ne regarderai pas les audiences lundi matin, pour les comparer à la moyenne de la dernière saison. Depuis l'arrêt de Faites entrer l'accusé, la moyenne de la case est autour de 10%. On verra lundi.Vous produisez également Le Magazine de la santé sur France 5 qui marche bien. Comment vous expliquez ce succès ?Le Magazine de la santé, c’est : du sérieux médical, de la bonne humeur et de la complicité avec les téléspectateurs, née grâce aux deux présentateurs Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes.Des évolutions sont-elles prévues ?Oui, il y a des évolutions dans Le magazine de la santé, notamment un gros développement sur Internet, avec le site Bonjour-docteur.com, qui devient une référence avec beaucoup de contenu. Et l’on prépare un gros documentaire sur la greffe du visage avec Michel Cymes, pour un prime time début 2012.Vous avez répondu à un appel d’offre pour une émission en access sur Arte, mais le projet est revenu à ALP. Vous avez été déçu ?On était déçu car il y avait beaucoup de monde au départ, et qu’on a pu aller jusqu’en finale, mais Renaud Le Van Kim (il a participé au projet de ALP, ndlr) est un adversaire de talent. Mais nous avons eu du plaisir à travailler avec Arte. Depuis 15 ans, on ne trouvait pas le code d’accès à Arte, qu’on prenait un peu pour une secte.Qu’est-ce qui manquait à votre projet d’après vous ?On a proposé une émission proche de l’univers du web avec des dispositifs originaux. Peut-être qu’on n’était pas assez Arte… (il cherche ses mots, ndlr) Peut-être, mais ce n’est pas sûr, qu’on proposait un traitement trop journalistique de l’actualité alors qu’ils auraient voulu un traitement plus intellectualisé.Christelle Devesa