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L’émission Des paroles et des actes succède au rendez-vous d’Arlette Chabot, A vous de juger. Centrée sur l’élection présidentielle de 2012, elle aura, pour première invitée, Marine Le Pen.

L’émission Des paroles et des actes succède au rendez-vous d’Arlette Chabot, A vous de juger. Centrée sur l’élection présidentielle de 2012, elle aura, pour première invitée, Marine Le Pen. En quoi Des Paroles et des actes va-t-elle être différente des autres émissions politiques ?J’espère qu’elle sera dense et rythmée. On va essayer de créer une mécanique pour qu’elle devienne familière.Quelle sera cette "mécanique" ?Il y aura quatre séquences et une conclusion. D’abord, l’image de l’invité, ses attitudes, son positionnement avec un gros travail d’archives télévisées pour retrouver ses contradictions et ses déclarations. Ensuite, une partie 100% politique avec la stratégie, les alliances et toujours ce recours aux archives. Puis, un thème précis, ce soir, par exemple, avec Marine Le Pen, son programme économique, et enfin un débat avec des personnalités, politiques ou intellectuelles. En conclusion, nous ferons appel, à deux "guetteurs" qui ont pris des notes et qui pendant, dix minutes chacun, reviendront sur ce qui a été dit ou pas.Ces "guetteurs" seront-ils des anonymes ? Non. Des journalistes. Ce soir, il y aura Caroline Fourest, qui a publié un livre enquête sur Marine Le Pen, et Laurent Joffrin, du Nouvel Observateur, qui va sortir un carnet spécial sur la présidente du FN.Inviter Marine Le Pen pour la première émission, c’est un choix lié à l’audience ?C’est surtout lié à l’actualité. Des paroles et des actes est une émission qui vise l’élection présidentielle de 2012 et qui s’adresse donc à des candidats. Et pour l’instant, il n’y en pas beaucoup. Mais il faut bien reconnaître que Marine Le Pen est l’événement politique de ces derniers mois.On parle également d’interactivité durant cette émission… Vous n’allez pas, vous aussi, faire appel à un panel ?Non, car c’est un concept d’émission. Nous allons faire un autre choix, avec Twitter et Facebook, notamment.Même si le CSA considère que prononcer ces mots s’apparente à de la publicité clandestine ?Cela devait arriver un jour, ce sont des marques. Nous pourrons les remplacer par le terme "réseau social"…Cette émission est-elle amenée à se poursuivre après l’élection présidentielle. Autrement dit, allez-vous prendre la place laissée vacante par Arlette Chabot ?De fait, oui, cette émission prend le relais. A France 2, il y a toujours eu un grand rendez-vous politique en première partie de soirée depuis dix ans.Avec l’arrêt de Face aux Français et de Semaine critique, vous allez devenir la seule référence politique de France 2 ?Il y a encore Mots Croisés et le 13h15. Mais c’est vrai que, lors des campagnes électorales, il faut une certaine centralisation des invités politiques pour éviter de retrouver les mêmes personnalités à 24 heures d’intervalle sur la même chaîne.Vous avez interviewé de nombreux hommes et femmes politiques. Comment éviter la langue de bois et le discours politicien ?La mémoire et l’image. Quand quelqu’un vous dit quelque chose, si vous pouvez lui dire : "Pardon, vous l’avez déjà dit douze fois sans que cela soit suivi d’effet ", c’est déjà bien. S’il est en contradiction flagrante avec ce qu’il avait dit, images à l’appui, c’est également efficace. Après, cela tient de la qualité de l’intervieweur. Je peux modestement compter sur moi-même et sur le fait que lorsque je fais des émissions, il se passe souvent des choses comme avec les Infiltrés. J’aime bien quand ça bouge un peu.Interview Thomas GAETNER