La 317ème section : le meilleur film de guerre français

La 317ème Section

Le chef d'oeuvre de Pierre Schoendoerffer est diffusé lundi sur France 5

La vie de Pierre Schoendoerffer est intrinsèquement liée à l'armée et aux anciennes colonies françaises. Volontaire pour l'Indochine, il tient sa première caméra pour le Service cinématographique des armées et vivra en direct la chute de Diên Biên Phû, où il est fait prisonnier. Dans les 60s, il devient reporter de guerre, romancier et... cinéaste. C’est cette expérience guerrière qui fait de La 317e Section le meilleur film de guerre made in France : Schoendoerffer connaît le terrain. Il décrit les corps, les lieux, les pièges, l’ennemi, avec une aisance de vieux grognard. La traversée des lignes ennemies, les affrontements, les intempéries, l’eau, la boue et la mort… tout ici est transcendé par un réalisme poisseux et des cadrages hallucinants qui permettent de voir le moindre feuillage, le rictus affolé sur un visage ou la peur dans les yeux qui vrille en folie.

Le film raconte les derniers jours de la guerre d’Indochine et la destruction quasi-totale d’une section de soldats. Bruno Cremer et Jacques Perrin sont les deux héros de cette chronique quotidienne et leur prestation dans ce récit construit comme un hommage à ceux qui se sont sacrifiés est phénoménale. Ce que filme Schoendoerffer c’est la guerre vue du coté des perdants ; l’échec transcendé par le cinéma (ironie, on peut revoir ce film alors que le nouveau trailer de Dunkerque, autre récit d'une défaite militaire, vient de tomber sur le net)… Le cinéaste filme la fraternité virile avec les combattants à coups d’envolées lyriques sur l’esprit de corps ou l’honneur du soldat. Mais dépouillé, désespéré, son art fait surtout vivre des personnages de baroudeurs qui fascinent par leur grandeur anonyme à travers des événements qu’ils traversent (subissent) comme ils peuvent. Un chef d’œuvre donc, à mi-chemin entre le cinéma vérité et la Nouvelle vague ; un chef d’œuvre qui réussirait à faire fusionner Jean Rouch et Godard dans une mise en scène cohérente de bout en bout. La caméra est toujours placée du point de vue des soldats en fuite, dans l'attente d'un ennemi invisible et leur marche vers la mort est capturée dans un style quasi documentaire, bien "épaulé" par les sublimes éclairages de Raoul Coutard, lui aussi, ancien combattant de l'Indo.

La guerre est dégueulasse comme le dit un personnage. Surtout quand on la regarde en face. Les yeux dans les yeux. Sans fioriture. Comme cette 317ème section.

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