EXCLU - Zita, dans la peau d'une obèse : un nutritionniste nous donne son avis sur l'émission de M6

Hier soir, M6 diffusait le premier numéro de son magazine d'immersion, Zita, dans la peau de. Pour cette première, la journaliste se glissait dans la peau d'une obèse et adoptait le régime alimentaire d'une femme de 140 kilos. Or, l'angle choisi par Zita et la chaîne n'a pas plu à tout le monde et nombreux sont les téléspectateurs mécontents de ce numéro. Nous avons donc demandé à un nutritionniste de suivre l'émission et de nous livrer ses impressions sur le programme qui fait polémique.

01/03/2012 - 10:24

Hier soir, M6 diffusait le premier numéro de son magazine d'immersion, Zita, dans la peau de. Pour cette première, la journaliste se glissait dans la peau d'une obèse et adoptait le régime alimentaire d'une femme de 140 kilos. Or, l'angle choisi par Zita et la chaîne n'a pas plu à tout le monde et nombreux sont les téléspectateurs mécontents de ce numéro. Nous avons donc demandé à un nutritionniste de suivre l'émission et de nous livrer ses impressions sur le programme qui fait polémique. La nouvelle émission de M6, Zita dans la peau de, ne fait pas l'unanimité. Nombreux ont été les téléspectateurs à critiquer le premier numéro dans lequel la journaliste se glisse dans la peau d'une obèse, adoptant le régime d'une femme de 140 kilos. C'est justement cet angle qui est dénoncé par les téléspectateurs. Au début du reportage, la femme obèse qui sert "d'exemple" à Zita revendique son poids et se gave de nourriture du matin au soir.Premiere.fr a donc proposé au Docteur Gilles Demarque, nutritionniste et rédacteur en chef du site Nutritionnel.com, également auteur du livre Les bonnes règles pour perdre du poids (éditions Arnaud Franel) (qui a déjà donné ses impressions sur la perte de poids des candidats de Koh-Lanta), de suivre l'émission et de nous livrer son avis professionnel sur le reportage.Voici donc ses remarques et réflexions sur ce numéro, point par point.Ce reportage raconte l’histoire de quatre personnes qui sont suivies par Zita qui elle-même participe comme comédienne, pourrait-on dire. Les histoires sont suivies en parallèle, souvent entrecoupées par deux types d’interventions : celles du Dr Allouche , servant de caution médicale et celles d’un journaliste qui synthétise le vécu de ces quatre histoires, distille des bonnes informations sur l’obésité, soit sur  les mécanismes, soit sur  les conséquences,  de l’exclusion sociale aux cancers ; reprenant en fait les "informations officielles" du PNNS.1°histoire : l’histoire de ZitaElle suit le régime  d’une obèse hyperphagique  pendant un mois. Je suppose que tout le Buzz a tourné autour de ce sujet. Véronique, en créant un lien intime entre l’obésité et l’hyperphagie, induit le spectateur en erreur : la plupart des obèses ne sont pas hyperphagiques !Et par effet de causalité, cette idée d’associer uniquement les calories avalées à l’obésité renforce inconsciemment la crédibilité des régimes restrictifs qui sont pourtant eux même une cause importante de l’obésité.Et surtout, c’est évident :  cette expérience n’a pas été bonne pour sa santé (si elle l’a fait réellement).Car  contrairement à ce qu’affirme le Dr Allouche, même si le dérèglement a été de courte durée (1 mois), il a été assez violent ( doubler son apport énergétique  tous les jours pendant un mois et me semble- t-il sans beaucoup de fruits et légumes _ voir le repas de Zita chez les parents de véronique_ ) pour perturber son métabolisme, ce sera peut être pour elle le début de l’obésité. Je pense que si on est raisonnable on ne joue pas avec sa santé.2° histoire : le couple avec Stéphanie qui est déchirée entre le plaisir lié à  l’amour qu’ éprouve  son mari à son égard  et la peine qu’elle ressent au fond de ses souvenirs, au travers de son image.Je crois qu’il y a là un moment  intéressant quand on insiste sur le  risque d’infertilité encouru par l’obèse. Ce qui est juste. Cela fait bizarre vis-à-vis de la troisième histoire, Cécile, qui a réussi à vaincre son obésité lors et après ses deux grossesses .La pensée de vouloir être maman et le plaisir de l’être pour Cécile contre le doute de ne pas savoir qui on veut être pour Stéphanie. Après avoir vaincue sa honte  grâce à son défilé de mode, Stéphanie est peut être sur une bonne voie pour essayer de savoir qui elle est.3° histoire : celle de Cécile  qui a perdu plus de 50 kilosCette  belle phrase de Cécile : "Je me sens nue" quand elle remet ses vêtements lorsqu’elle pesait 140 kilos traduit bien son besoin de chirurgie esthétique. Son parcours  d’ancienne obèse  est bien raconté, en insistant sur le phénomène  d’exclusion sociale dont souffrent les obèses.Je ne vais rien dire sur l’intervention de Baraf (le chirurgien plastique qui a opéré Cécile ndlr), je le connais trop bien ; intervention brillante au propre comme au figuré, bref égal à lui-même.4° histoire : celle des adolescents obèses au travers de LaurineRien à dire si ce n’est ce passage important, quand Laurine cuisine pour elle et ses parents. Apprentissage ,participation, plaisir, c’est effectivement le message de cette histoire.Bilan A chaque  passage important du reportage, le médecin ou le journaliste interviennent. Le journaliste souligne les points forts  nécessaires à l’éducation du spectateur à l’obésité.Un peu  de vulgarisation médicale au bon moment. Toujours juste  aussi bien sur les mécanismes que sur les conséquences de l’obésité .C’est bien fait. Les interventions de mon confrère ont été sympa comme "quand on perd du poids c’est comme acheter des années de vie", dommage qu’il ai commencé par une grosse bêtise sur l’IMC ; la norme est comprise entre 20 et 25 et non pas entre 18 et 25 comme il le dit au début. Dommage  qu’il  termine à la fin du reportage en disant que l’obésité est un facteur de risque alors que l’obésité a été reconnue maladie par l’OMS en 1998.Au final, l’émission m’a plu, elle est bien conçue malgré quelques erreurs liées aux références.

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