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Au programme ce soir à la télévision, la passion contrariée entre Matthias Schoenaerts et Michelle Williams, le réquisitoire poignant de Costa-Gavras contre le totalitarisme et une histoire de sexe et de politique filmée par Michel Leclerc.

Suite française de Saul Dibb

1940, France. Dans l’attente de nouvelles de son mari prisonnier de guerre, Lucile Angellier mène une existence soumise sous l’œil inquisiteur de sa belle-mère. L’arrivée de l’armée allemande dans leur village contraint les deux femmes à loger chez elles le lieutenant Bruno von Falk. Lucile tente de l’éviter mais ne peut bientôt plus ignorer l’attirance qu’elle éprouve pour l’officier...

Sacré par le Prix Renaudot en 2004, Suite française avait permis de remettre en lumière à titre posthume la romancière Irène Némirovsky, qui trouva la mort dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz en 1942. Le succès du livre en librairie conduisit à son adaptation, sortie en salles l'an dernier, portée par Matthias Schoenaerts, Michelle Williams et Kristin Scott Thomas. Une adaptation qui selon Première, ne rend pas totalement honneur à son matériau d'origine dans son ensemble, mais tout de même capable de trouver sa propre identité sur grand écran : "De cet extraordinaire travail d’observation transposé en fiction, le film retient l’amour impossible entre une épouse esseulée et un Allemand, au détriment de la critique sociale. Ce regret ravalé, on peut se laisser séduire par les élégances d’un mélo joliment désuet électrisé par la présence de Matthias Schoenaerts dans la peau du soldat sentimental. À toutes les époques, dans toutes les langues, partout singulier, l’acteur belge a le pouvoir de nous river à l’écran".

Suite française est diffusé ce soir à 21h sur Canal+.

L'aveu de Costa-Gavras

A Prague, en 1951, un homme est persécuté par le système malgré son passé irréprochable. Sa femme le désavoue en public et il finit par avouer n'importe quoi avant d'être réhabilité, alors que les chars russes entrent dans la ville.

En 1970, Costa-Gavras signe l'adaptation de L'aveu, récit des dérives du totalitarisme soviétique vécues par l'ancien vice-ministre de Tchécoslovaquie Artur London, victime des procès de Prague, véritables purges staliniennes organisées en 1951. À l'écran, London et son épouse Lise sont incarnés par le couple mythique du cinéma français que forme Yves Montand et Simone Signoret. Thriller politique emblématique dans l'oeuvre de Costa-Gavras, le film connaît un gros succès en France, non sans déclencher une énorme polémique au sein du milieu communiste français.

L'aveu est diffusé ce soir à 20h55 sur Arte.

Le nom des gens de Michel Leclerc

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont ses ennemis.  En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin - comme celui des cuisines - quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

Inspiré en partie de la propre vie de Michel Leclerc et sa coscénariste Baya Kasmi, Le nom des gens réussit le pari de livrer une comédie légère mélangeant sexe et politique. Présenté en marge de la sélection de la Semaine de la critique au Festival de Cannes en 2010, le film provoque l'enthousiasme de la critique, y compris de Première, qui écrivait à son propos à l'époque : "Capable d'alterner moments hautement comiques (l'explosif dîner entre beaux-parents), passages plus sentimentaux appuyés par une mélodie qui rappelle celle que composa Georges Delerue pour La Peau douce, et séquences tragiques (voir la lourde sensation de rejet qu'éprouve la mère d'Arthur quand elle doit refaire ses papiers d'identité), le film trouve finalement sa force dans cette imprévisibilité et ce surgissement. A l'image de personnages qui ont peu de prise sur le monde qui les entoure, le spectateur ne sait pas toujours où donner de la tête ; mais à force de multiplier les réflexions énergiques sur le vivre-ensemble, Michel Leclerc parvient précisément à délivrer de précieux constats sur l'état de santé de la France contemporaine". Au total, le film attira plus de 700.000 entrées en France et fut surtout l'un des grands vainqueurs des César en 2011, repartant avec les César du meilleur scénario original et celui de la meilleure actrice pour Sara Forestier.

Le nom des gens est diffusé ce soir à 20h50 sur France 4.

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